Scandale électoral à Bimbo 1 : le Conseil constitutionnel de Jean-Pierre Waboué invente une candidate fictive pour invalider la candidature de Landry Thierry Mokongouma et favorise son beau-frère

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Scandale électoral à Bimbo 1 : le Conseil constitutionnel de Jean-Pierre Waboué invente une candidate fictive pour invalider la candidature de Landry Thierry Mokongouma et favorise son beau-frère

Rédigé le 23 juillet 2026

Par : la rédaction de CNC

La RCA, pays de Boganda, pays de Zo-koé-zo, vient de franchir un nouveau cap dans l’arbitraire institutionnel et le tripatouillage électoral.

Sous le régime de la 7e République, mené par ce que beaucoup qualifient désormais d’ « empereur», Faustin-Archange Touadéra, les institutions censées garantir la démocratie se sont transformées en comptoirs de népotisme et de favoritisme familial.

Dernier acte en date : l’annulation de la victoire écrasante de Landry Thierry Mokongouma dans la circonscription de Bimbo 1 au profit de Boris Aymeric Boyfini Touaderet, proche parent du régime.

Au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE) et du Conseil constitutionnel, l’ambiance n’est plus à la transparence des urnes, mais aux arrangements de coulisses, aux influences familiales et aux calculs politiques.

Chaque dignitaire s’efforce de placer les siens ou de faire prévaloir ses intérêts au détriment de la volonté populaire.

Ce week-end, c’est le président du Conseil constitutionnel lui-même, Jean-Pierre Waboué, qui s’est illustré par une décision aussi spectaculaire qu’incompréhensible pour de nombreux Centrafricains.

Pour comprendre l’ampleur de cette controverse, il convient d’examiner le raisonnement retenu par la plus haute juridiction électorale du pays.

Un subterfuge juridique grotesque et surréaliste Pour disqualifier purement et simplement le candidat élu par le peuple de Bimbo 1, le haut magistrat a eu recours à un argument juridique d’une rare singularité.

Dans la décision officielle lue par la Cour, le Conseil constitutionnel justifie l’invalidation de Landry Thierry Mokongouma par de prétendus « propos dégradants et sexistes » proférés durant la campagne électorale à l’encontre de « son adversaire féminine ».

Or, l’examen des listes officielles et des résultats révèle une réalité difficilement contestable : l’adversaire direct en question n’est autre que Boris Aymeric Boyfini Touaderet, candidat du parti présidentiel MCU.

Rappel des suffrages exprimés à Bimbo 1 (scrutin législatif) 

– MOKONGOUMA Landry Thierry (Parti : MOUMI) : 5 668 voix (66,82 %) — Élu par le peuple (invalidé par la Cour); 

– BOYFINI TOUADERET Boris Aymeric (Parti : MCU) : 2 814 voix (33,18 %) — Battu dans les urnes (déclaré bénéficiaire de la décision de la Cour).

Le tripatouillage qui permet de déclarer Boris Aymeric Boyfini Touaderet vainqueur de ce second tour, en dépit de sa performance médiocre dans les urnes, découle en réalité d’un arrangement de famille bien précis. Ce candidat du parti présidentiel n’est autre que le beau-frère du président du Conseil constitutionnel, Jean-Pierre Waboué. C’est uniquement pour cette raison que le grand juge de la cour a choisi de valider ce siège de député de façon totalement illégale, faisant passer les intérêts de son clan avant le choix des électeurs.

Pour comprendre les origines de cette alliance, il faut remonter à la récente trajectoire personnelle de Jean-Pierre Waboué au sein de l’Université de Bangui.

À l’époque du président Ange-Félix Patassé, Jean-Pierre Waboué finance entièrement les études d’une jeune étudiante en droit. Il soutient son parcours jusqu’à l’obtention de sa licence, puis utilise ses relations pour lui obtenir une intégration dans la police nationale avant de l’envoyer au Cameroun pour sa formation de commissaire.

Toutefois, à son retour à Bangui, la jeune fille abandonne Jean-Pierre Waboué et commence à sortir avec l’inspecteur général d’État de l’époque, monsieur Jean-Édouard Koyambonou.

C’est suite à cette rupture que Jean-Pierre Waboué se tourne vers une jeune étudiante du département de sciences économiques, mademoiselle Boyfini, avec qui il se met en couple. Cette relation dure maintenant depuis des années et se poursuit activement jusqu’à ce jour.

Le candidat Boris Aymeric Boyfini Touaderet est le frère de cette jeune femme. C’est précisément ce lien qui a poussé le président du Conseil constitutionnel à fabriquer un prétexte juridique pour offrir un siège parlementaire à son beau-frère.

À partir de ce constat, une question s’impose avec force : comment le Conseil constitutionnel a-t-il pu transformer un candidat masculin du MCU en femme afin de justifier une invalidation pour sexisme ?

Ce grossier mensonge d’État cache à peine le véritable objectif de cette manœuvre : liquider politiquement le candidat du parti MOUMI, présidé par Thierry Kamach.

Autrefois allié du pouvoir, ce dernier est aujourd’hui tombé en disgrâce auprès de Faustin-Archange Touadéra.

La vengeance politique s’est ainsi mêlée aux intérêts familiaux du président du Conseil constitutionnel, Jean-Pierre Waboué, déterminé à offrir sur un plateau d’argent un siège de député à son beau-frère, Boris Aymeric Boyfini Touaderet, alias « Bobo ».

Une telle décision ne pouvait rester sans réaction dans une circonscription où les électeurs ont largement exprimé leur choix dans les urnes.

Colère noire et barricades à Bimbo

Cette victoire obtenue par le biais d’une pirouette juridique a immédiatement mis le feu aux poudres.

Refusant de voir leur vote confisqué par une oligarchie jugée insatiable, les habitants de Bimbo 1 sont descendus massivement dans les rues dès l’annonce des résultats.

Des manifestations spontanées ont éclatet, paralysant plusieurs axes de circulation et dénonçant une justice constitutionnelle perçue comme soumise aux intérêts d’un clan.

« Nos voix ne se négocient pas dans les salons de Bangui », scandait la foule en colère.

Au-delà du seul cas de Bimbo 1, cette affaire soulève une interrogation plus large sur l’état des institutions et sur la crédibilité du processus démocratique en République centrafricaine.

Pour de nombreux observateurs, ce nouvel épisode illustre la dérive des institutions sous la 7e République, où la légitimité populaire s’efface progressivement devant les liens de sang, les intérêts partisans et les logiques de népotisme.

Une évolution qui alimente davantage la méfiance des citoyens envers des institutions pourtant chargées de garantir l’expression souveraine du peuple.

 

Par Gisèle MOLOMA

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