Lycée moderne de Ndélé : un bulletin de fin d’année vendu à 10 000 francs CFA par le proviseur… Quel racket à ciel ouvert!
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Bienvenue dans la septième république de Faustin-Archange Touadera, où le bulletin de fin d’année coûte désormais dix mille francs CFA à chaque élève et où l’école publique ruine les parents.
La préfecture de Bamingui-Bangoran possède désormais son propre système éducatif, directement géré par le proviseur du lycée moderne de Ndélé. Pour obtenir le précieux document qui valide les efforts d’une année entière, chaque élève doit se présenter avec un billet de dix mille francs CFA. Cette somme astronomique s’ajoute de manière totalement illégale aux frais de scolarité réglementaires, aux assurances et aux multiples contributions déjà versées tout au long de l’année. Les familles se retrouvent prises au piège d’une bureaucratie locale qui transforme le service public en un commerce privé très lucratif.
Ce phénomène ne se limite pas à la perception du bulletin scolaire. Chaque mois, une taxe de cinq cents francs CFA est exigée par élève pour financer les enseignants vacataires et les professeurs parents. L’État centrafricain ayant déserté ses responsabilités de recrutement, ce sont les familles qui doivent subventionner directement le corps enseignant pour éviter des classes vides. Pour un foyer comptant trois, quatre ou cinq enfants scolarisés dans le même établissement, la charge mensuelle et la facture finale deviennent rapidement insurmontables. Les calculs sont simples, immédiats, dévastateurs pour les budgets domestiques.
La panique s’est emparée des quartiers de Ndélé. Des parents totalement démunis, incapables de réunir de telles sommes en espèces, commettent des actes de désespoir économique. Certains se précipitent dans les champs pour déterrer prématurément les récoltes d’arachides, vendant les produits à bas prix sur les marchés pour obtenir immédiatement les billets réclamés par le chef d’établissement. Ce pillage organisé des économies familiales crée une détresse profonde chez des populations déjà éprouvées par la précarité générale du pays.
Les discours officiels sur l’accès à l’éducation s’effondrent devant cette réalité de terrain. Dans ce régime politique, l’impunité semble totale pour les prédateurs en milieu scolaire. Aucun proviseur indélicat n’est arrêté, aucun inspecteur d’académie ne mène d’enquête sérieuse, et aucun fonctionnaire corrompu n’est sanctionné. Au contraire, les pratiques se normalisent et s’étendent à d’autres localités, comme au lycée de Miskine à Bangui, où le personnel enseignant se moque ouvertement des usagers en invoquant la nouvelle ère politique pour justifier le vol généralisé.
L’école publique de l’État n’existe plus que de nom, remplacée par une machine à sous géante où le droit d’apprendre est conditionné par la capacité des parents à vider leurs greniers et à brader leurs futures récoltes. Les élèves se présentent devant les bureaux de l’administration, les mains tremblantes, tenant l’argent arraché à la sueur de leur famille, tandis que le proviseur range les liasses de billets dans ses tiroirs sans fournir le moindre reçu officiel.
Par Barthelemy Kossi
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