Après son audition tendue au parquet avec le procureur, Sani Yalo avertit le clan Ngbakamandja : Toucher à ma personne, c’est briser la paix dans le pays
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La panique s’installe définitivement au sommet de l’État centrafricain. En réponse aux pressions du parquet et du ministre de la sécurité publique, Sani Yalo brandit la carte sécuritaire et menace directement le bloc des Ngbaka-mandja de déclencher des hostilités.
La contre-offensive médiatique est lancée. Quelques jours après son face-à-face violent avec la justice, Sani Yalo a choisi les antennes de la radio Ndeke Luka pour briser le silence et répondre aux pressions du ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, et du procureur de la République.
Fidèle à ses méthodes de manipulation, l’homme fort du BARC commence par nier publiquement l’existence même de cette audition tumultueuse, qualifiant l’affaire de pur mensonge. Toutefois, derrière ce démenti grossier, son insistance lourde et répétée sur la nécessité absolue de la paix et de la réconciliation nationale constitue un chantage sécuritaire direct. Le message envoyé aux proches du pouvoir est clair : toucher à sa personne équivaut à briser définitivement la stabilité de la Centrafrique.
Cette mise en garde explosive vise directement le bloc des Ngbaka-mandja, la famille maternelle du dictateur, qui fait bloc en coulisses pour obtenir son arrestation immédiate.
Mais en privé, Sani Yalo ne cache plus sa colère noire et qualifie ouvertement ce cercle de parents d’ingrats. Le conseiller rappelle à qui veut l’entendre que c’est lui qui a structuré les réseaux financiers essentiels pour consolider le pouvoir actuel, en mobilisant des fortunes colossales auprès des milieux commerçants et de ses cousins tchadiens. Voir aujourd’hui cette faction minoritaire s’unir pour l’écarter des affaires constitue pour lui une trahison intolérable.
Pour comprendre la violence de cette sortie médiatique, il faut revenir aux événements survenus plus tôt dans le bureau du magistrat instructeur. Convoqué de force sous la pression de la présidence, Sani Yalo s’était présenté devant le procureur dans un état d’exaspération extrême. L’interrogatoire, censé faire la lumière sur les prétendues ramifications d’un complot né d’un simple enregistrement sonore sur Facebook, avait rapidement tourné au scandale d’État.
Furieux de voir son nom associé à une machination destinée à lui nuire, le grand argentier du parti avait hurlé sur le magistrat, contestant l’autorité de la convocation et menaçant physiquement le procureur, levant la main pour lui asséner une belle gifle avant que la sécurité n’intervienne de justesse.
Cette altercation au parquet démontre la paranoïa d’un pouvoir qui donne des signes de panique générale. À Bangui, une simple rumeur sur internet évoquant un projet de déstabilisation virtuelle par un internaute en voyage suffit à provoquer l’affolement des plus hautes sphères. Cette fébrilité engendre des règlements de comptes d’une violence inouïe au sein même des institutions, mettant à nu la fragilité d’un régime qui tremble désormais à la moindre secousse numérique.
Sani Yalo se retrouve aujourd’hui acculé, sa marge de manœuvre étant totalement réduite. Visé par un mandat d’arrêt international émis par la Guinée équatoriale pour une affaire de coup d’État et condamné par contumace à 59 ans de prison ferme, il sait pertinemment qu’il ne peut pas quitter le territoire centrafricain sans risquer une incarcération immédiate.
Cloitré à Bangui par peur d’être brutalement arrêté et extradé à Obiang qui l’attendait à bras ouverts dès lors qu’il s’envole et abandonné par ses courtisans habituels qui fuient par peur de la puissance du bloc familial Ngbaka-Mandja, l’homme fort du BARC choisit la politique de la terre brûlée. Prêt à tout pour sa survie politique et physique, il utilise ses fortes capacités de nuisance comme un bouclier, installant une confusion totale dans la capitale alors que le pouvoir central redoute désormais l’ouverture ouverte des hostilités.
A suivre….
Par Alain Nzilo
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