Le parlement n’est plus pour le peuple, ce sont des sujets de Touadéra : Le diagnostic d’Élisée Guimalet sur un système judiciaire pourri

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Le parlement n’est plus pour le peuple, ce sont des sujets de Touadéra : Le diagnostic d’Élisée Guimalet sur un système judiciaire pourri

Le parlement n'est plus pour le peuple, ce sont des sujets de Touadéra : Le diagnostic d’Élisée Guimalet sur un système judiciaire pourri
Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique

 

 

Rédigé le 11 août 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Au micro de l’émission débat Patara, Élisée Guimalet dresse un bilan destructeur de l’appareil législatif et de la justice centrafricaine, qualifiant les serviteurs de l’État de simples valets à la solde de l’empereur Faustin-Archange Touadéra.

 

La légitimité des institutions de la République centrafricaine a été profondément contestée lors de la dernière diffusion de l’émission débat Patara sur la radio Ndékè-luka.

 

Invité à s’exprimer sur la recomposition du gouvernement Moloua 3, le coordinateur de l’Observatoire pour la Gouvernance démocratique, Élisée Guimalet, a livré une analyse sans concession de la situation politique actuelle.

 

Son attention s’est d’abord portée sur l’Assemblée nationale, une institution censée incarner la souveraineté populaire et faire office de contre-pouvoir face aux dérives de l’exécutif. Selon cet observateur, la septième et la huitième législature traduisent une capitulation totale des députés, qui ont abandonné leur rôle de contrôle et de sanction pour se muer en une chambre d’enregistrement des désirs de la cour impériale. Élisée Guimalet a affirmé que les parlementaires ne représentent plus la population, mais agissent comme des sujets soumis aux ordres directs du dictateur Faustin-Archange Touadéra.

 

Ce réquisitoire s’est étendu de manière encore plus virulente à l’égard de l’appareil judiciaire centrafricain, qualifié de structure totalement corrompue et inféodée. Le politologue a dénoncé le comportement des hauts magistrats et des juges qui se succèdent dans les médias pour prononcer des sentences contraires au droit écrit, dans le seul but de plaire au régime. Le Conseil constitutionnel a été particulièrement ciblé pour ses reniements successifs, l’intervenant accusant la haute cour de tordre les textes légaux afin de valider la confiscation du pouvoir par l’empereur. À travers des exemples d’arbitraire, notamment la séquestration de citoyens pourtant reconnus dans leurs droits par les juridictions compétentes, Élisée Guimalet a mis en cause la complicité active des magistrats dans la mise en place de la dictature.

 

Pour le coordinateur de la société civile, ce délabrement des institutions judiciaires et parlementaires explique l’incapacité de l’État à assurer les services sociaux de base. Il a rappelé que cette défaillance profite directement à la clique gouvernementale reconduite par Faustin-Archange Touadéra, une équipe qu’il accuse de gérer le pays comme un fonds de commerce personnel. La persistance de l’insécurité dans l’arrière-pays, la ruine des infrastructures de transport et l’augmentation vertigineuse des prix des denrées alimentaires sont présentées comme les conséquences directes de cette complicité entre les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif. Les promesses de l’empereur concernant la lutte contre les pilleurs des caisses de l’État ont été balayées, l’intervenant soulignant qu’aucune réforme n’est possible au sein d’un système où la justice est morte.

 

La joute verbale a atteint son paroxysme lorsque les partisans du régime ont tenté de justifier ces dérives par l’argument de la compétence technique et de l’autorité discrétionnaire de la cour. Élisée Guimalet a répliqué en affirmant que le comportement désordonné des conseillers impériaux et les fautes grossières relevées dans les derniers décrets officiels démontraient la médiocrité de la clique dirigeante. Invoquant le courage des figures historiques qui ont bravé les tyrans, il a insisté sur la nécessité de dire la vérité brute pour dénoncer le pacte de soumission qui lie désormais les juges et les députés à l’empereur, provoquant l’interruption définitive du débat par l’animateur qui a rendu l’antenne à la hâte.

 

Par Éric Azoumi

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