Pourquoi l’empereur Faustin-Archange Touadéra a fait peur aux députés en parlant du CNC et de Kerembessé ? Découvrez la raison
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le processus de mise en place de la huitième législature de l’Assemblée nationale a donné lieu à des coulisses politiques spectaculaire, montrant clairement aux yeux du monde les rouages profonds du pouvoir à Bangui.
Pour imposer sa direction aux élus de sa propre majorité, l’empereur de Bangui, le dictateur Faustin-Archange Touadéra, a procédé en deux étapes distinctes, organisant deux réunions stratégiques à l’hôtel Ledger Plazza de Bangui. Si la première de ces rencontres s’est déroulée dans un calme relatif pour sceller le sort de la présidence du parlement, la seconde a basculé dans une paranoïa qui a laissé tous les députés du mouvement des cœurs unis stupéfaits.
Rappelons que lors de la toute première réunion, l’ordre du jour était exclusivement centré sur l’élection du président de l’assemblée nationale. À cette occasion, le dictateur Touadéra a réuni les députés de son parti, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), pour leur signifier ses choix directs. C’est là qu’il a imposé la reconduction de Simplice Mathieu Sarandji, écartant définitivement son rival Évariste Ngamana. Au cours de cette séance inaugurale, les débats sont restés strictement politiques : l’empereur n’a fait aucune allusion aux critiques du web, ni au journal en ligne Corbeau News Centrafrique (CNC), ni aux interventions de l’activiste Kerembessé. Tout semblait sous contrôle, mais ce calme apparent n’était que le prélude d’un durcissement bien plus net lors de l’étape suivante.
Quelques jours plus tard, une seconde réunion a été convoquée dans le même hôtel, cette fois-ci pour verrouiller la mise en place complète du bureau de l’Assemblée nationale. C’est à ce moment précis que l’atmosphère a radicalement changé, reflétant la nature brute du régime de la Septième République. Alors que des députés de la majorité élargie et de partis alliés comme le Mouni s’étaient installés de bonne foi dans la salle, le dictateur Touadéra a exigé leur expulsion immédiate, leur signifiant qu’ils n’étaient pas invités. En agissant ainsi, le chef de l’État a démontré qu’il n’entendait plus s’encombrer de ses alliés d’autrefois, préférant s’imposer en maître absolu face à ses seuls partisans directs.
Une fois la salle nettoyée de ces éléments extérieurs, l’empereur a dicté ses ordres pour la répartition des postes clés, du premier vice-président jusqu’aux membres de la questure. Pour que les consignes soient exécutées à la lettre, une liste nominative avait été imprimée sur des feuilles de papier destinées à être distribuées à chaque parlementaire présent. Mais alors que les agents commençaient à distribuer les documents et qu’une dizaine de députés les avaient déjà en main, une panique soudaine a saisi le dictateur Touadéra, qui s’est mis à redouter une fuite immédiate vers l’extérieur.
C’est dans cet élan de suspicion que le chef de l’État a brusquement interrompu la procédure, ordonnant à haute voix à ses services :
« Ramassez tout ! Ramassez tout ! Ramassez tout ! Si on leur donne maintenant, ils vont remettre ça à Corbeau News et à Kerembessé ! » Les feuilles de papier ont aussitôt été arrachées des mains des députés, plongeant l’assemblée dans l’étonnement et l’effroi face à cette peur manifeste de voir le secret des délibérations exposé sur la place publique. Cette réaction excessive montre à quel point l’exécutif craint la réactivité du journal Corbeau News Centrafrique et les directs sur Facebook de Kerembessé, l’un des douze apôtres du web, qui combat le régime à distance.
Cette frayeur face aux outils numériques met en lumière une contradiction avérée au sein de la gouvernance de Faustin-Archange Touadéra.
Hors, en 2016, au tout début de son premier mandat, la rédaction de Corbeau News avait publié un baromètre évaluant l’action du gouvernement, attribuant la note de 0/20 à certains ministres, ce qui avait poussé l’un d’eux à verser de chaudes larmes en plein Conseil des ministres. À cette époque, Touadéra avait calmé son collaborateur en affirmant avec assurance qu’on ne gouverne pas un pays sur les réseaux sociaux.
Pourtant, l’attitude actuelle du dictateur prouve que la réalité du terrain cybernétique influence ses moindres faits et gestes, car la majeure partie de l’opinion publique se cristallise désormais sur Internet. Cette hantise de la critique numérique s’affiche d’ailleurs au grand jour, comme lors de son auto-couronnement du 30 mars 2026 au complexe sportif de 20 000 places, où il a longuement dénoncé les rumeurs du web. Voir l’empereur confisquer des listes de vote par crainte d’une publication instantanée révèle une attitude schizophrénique, où le discours officiel méprise les réseaux sociaux tandis que la pratique du pouvoir tremble devant leur pouvoir d’impact.
Par Alain Nzilo
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