Dépistage par crachat, radiologie et ponction : la procédure face à l’augmentation spectaculaire de la tuberculose dans le quatrième arrondissement de Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Au centre de santé de Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de la capitale Bangui, l’équipe dirigée par Abdoulaye Kapounou fait face à une augmentation spectaculaire du nombre de cas de tuberculose. Avec 111 patients déjà pris en charge depuis janvier, le service de dépistage et de traitement organise une procédure claire et progressive pour détecter et confirmer la maladie.
Une procédure qui commence par les signes visibles
Tout démarre quand une personne présente des signes évocateurs : une toux qui dure plus d’une ou deux semaines, un amaigrissement important, une perte d’appétit et des sueurs nocturnes. Dès que ces éléments apparaissent, le patient est orienté vers le service. Abdoulaye Kapounou ou le médecin l’examine et décide des examens nécessaires.
Le crachat : première étape clé
La procédure de dépistage commence presque toujours par l’examen des crachats au laboratoire. Si le résultat revient positif, le diagnostic de tuberculose pulmonaire à bacille positif est posé. Le patient reçoit immédiatement sa fiche de suivi et le traitement peut démarrer après la pesée.
Quand le crachat est négatif : passage à la radiologie
Si l’examen des crachats reste négatif, l’équipe ne s’arrête pas là. Une radiologie du thorax est demandée. Cet examen permet de visualiser les lésions typiques de la tuberculose même quand les bacilles ne sont pas détectés dans les crachats. C’est souvent à cette étape que le diagnostic de tuberculose pulmonaire à bacille négatif est confirmé.
La ponction pour les formes plus complexes
Dans certains cas, la maladie se présente sous des formes extra-pulmonaires. Elle peut toucher les ganglions, le ventre ou provoquer une accumulation de liquide dans la plèvre (tuberculose pleurale). Quand l’équipe soupçonne ce type d’atteinte, elle réalise une ponction. Le liquide prélevé est ensuite analysé au laboratoire pour confirmer la présence de la tuberculose.
Grâce à cette chaîne d’examens : crachat, radiologie et ponction, le centre de Boy-Rabe parvient à identifier la maladie sous toutes ses formes, même quand elle se cache dans l’organisme.
Une réponse adaptée à l’augmentation spectaculaire des cas
Face à cette hausse importante du nombre de patients, l’équipe maintient une organisation rigoureuse. Une fois le diagnostic posé, le patient est mis sous traitement avec le REZ, un comprimé associant quatre molécules (rifampicine, isoniazide, éthambutol et pyrazinamide). Les médicaments sont donnés selon le poids et le suivi est ajusté : rendez-vous hebdomadaires ou bi-hebdomadaires les deux premiers mois, puis contrôles au cinquième et sixième mois.
Pour ne pas perdre les patients qui habitent loin (notamment vers PK-12 ou Kwanga), l’équipe adapte parfois la durée des prescriptions à trois semaines au lieu d’une ou deux, selon la distance et les moyens de transport.
Un dépistage gratuit et accessible
Abdoulaye Kapounou insiste sur un point essentiel : tout le dépistage et le traitement restent gratuits. Que ce soit l’examen des crachats, la radiologie, la ponction ou les médicaments, rien n’est facturé aux patients. Le centre commande régulièrement auprès du programme national et reçoit rapidement les approvisionnements, souvent via le PAM.
Cette procédure complète permet au centre de Boy-Rabe de répondre efficacement à l’augmentation spectaculaire des cas tout en accompagnant chaque personne jusqu’à la guérison confirmée au sixième mois.
Par Sylvie Vickos
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




