Amateurisme, clientélisme et paranoïa, Le gouvernement Moloua 3 déjà en panne
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le régime dictatorial de Faustin-Archange Touadéra confirme qu’il est gouverné dans la précipitation et l’improvisation permanente. Quelques semaines seulement après un discours d’investiture où il attaquait frontalement les réseaux sociaux, qualifiés de relais des « ennemis de la République » qui « empoisonnent les esprits vulnérables », la réalité administrative vient de lui infliger un cinglant démenti.
Le 21 mai 2026, le décret n°26.146 portant composition du nouveau gouvernement Moloua 3 a été publié. Résultat : un exercice de gouvernance marqué par des oublis graves, des fautes ridicules et des choix politiques contestables.
L’oubli du ministère de la Culture et du Tourisme : une faute de débutant
Dans un pays où la culture peut servir d’outil d’unité nationale et le tourisme représenter un potentiel économique réel, les services de la Présidence et de la Primature, à leurs têtes Faustin-Archange Touadéra et Félix Moloua, ont purement et simplement oublié ce portefeuille dans le décret initial. Un secteur entier a disparu de l’organigramme gouvernemental.
Il a fallu la vive réaction des internautes centrafricains pour que le pouvoir, paniqué, publie le 22 mai le décret n°26.147 en catastrophe. Ce correctif de dernière minute crée désormais un imbroglio juridique : deux décrets pour un même gouvernement. Un casse-tête administratif inutile qui illustre le manque total de préparation et de méthode.
C’est la preuve qu’aucune check-list exhaustive des domaines stratégiques n’a été utilisée. Ni l’empereur-président Faustin-Archange Touadéra ni le Premier ministre Félix Moloua n’ont démontré une vision globale des missions de l’État.
La perle juridique : Monsieur Maxime Balalou devient « Madame »
La précipitation ne pardonne rien. Dans le décret du 21 mai 2026, au 15e rang protocolaire, on peut lire :
« Ministre chargé du Commerce et de l’Industrie : Madame Maxime BALALOU. »
D’un trait de plume, Monsieur Maxime Balalou, ministre sortant de l’Énergie, s’est vu changer de genre par décret présidentiel. Au-delà du ridicule, cette erreur pose un problème juridique concret : le décret est entaché d’irrégularité et expose son bénéficiaire, Maxime Balalou, à des contestations sur sa capacité à poser des actes administratifs ou à représenter le pays.
Clientélisme et impunité : le cas Hassan Bouba
Cet amateurisme s’inscrit dans un schéma plus large. Le gouvernement de 29 membres, dont une dizaine de nouveaux, privilégie clairement la loyauté et les équilibres claniques au détriment de la compétence et de l’intégrité.
Exemple emblématique : Hassan Bouba, Tchadien d’origine, ancien ministre de l’Élevage et de la Santé animale, ex-cadre de la rébellion UPC et inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale spéciale. Évadé de prison en 2021 dans des conditions troubles, il demeure pourtant intouchable et redevient ministre de l’Urbanisme, de la Réforme foncière, de la Ville et de l’Habitat. Un parfait analphabète, ne parlant ni français ni sango.
Ce choix envoie un message clair : la protection des alliés et des réseaux d’influence, y compris russes, prime sur l’État de droit et la réconciliation nationale.
L’arroseur arrosé
Le contraste est saisissant. Dans son discours du 30 mars 2026, Touadéra promettait de défendre la République « avec une détermination absolue » contre ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour créer le chaos. Pourtant, ce sont précisément ces mêmes réseaux qui ont forcé le pouvoir à corriger ses erreurs grossières.
En clair : le régime ne pilote pas, il réagit. Il dépend de la pression populaire en ligne qu’il dénonce par ailleurs. Après plus de dix ans au pouvoir, cette accumulation d’erreurs basiques — oubli d’un ministère, faute de genre dans un décret officiel, maintien de figures controversées — révèle un manque criant de rigueur, d’anticipation et de professionnalisme exécutif.
Ce n’est pas une question d’intelligence personnelle, mais de compétence d’État. Un exécutif qui forme son gouvernement dans la hâte, sans matrice exhaustive des secteurs prioritaires, et qui privilégie le clientélisme ne peut prétendre offrir une gouvernance sérieuse à un pays déjà fragilisé.
Par Gisèle MOLOMA
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)