À l’ACFPE, ils ont annoncé un problème financier grave, mais dépensent plus de 52 millions de francs CFA en une seule journée pour le lancement du mois de travail : quel spectacle immoral ?

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À l’ACFPE, ils ont annoncé un problème financier grave, mais dépensent plus de 52 millions de francs CFA en une seule journée pour le lancement du mois de travail : quel spectacle immoral ?

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Mensonge financier ou pillage organisé ? L’ACFPE prétend manquer de fonds pour ses employés, mais dilapide 52 millions en une journée. Plongée au cœur d’une gestion opaque.

 

Une note officielle qui décrète la faillite de l’agence

Pour comprendre l’ampleur du scandale, il faut examiner les décisions officielles prises par les dirigeants de l’institution. Le président du Conseil d’administration, Henri Koulayom, a signé la note circulaire numéro 464 intitulée « Réduction urgente des dépenses non essentielles ». À travers ce document administratif, les autorités de l’agence reconnaissent ouvertement « une absence de liquidités disponibles » au sein de l’établissement. Cette directive impose un gel immédiat des investissements et ordonne de restreindre le carburant aux seuls besoins opérationnels indispensables.

 

Pourtant, cette prétendue pauvreté budgétaire disparaît subitement lorsqu’il s’agit de financer les activités d’apparat de la direction intérimaire. Quelques jours seulement après avoir décrété l’austérité générale, l’agence a déboursé la somme astronomique de 52 millions de francs CFA pour la seule journée de lancement du « Mois du travail ». Pour aggraver ce gaspillage, les responsables ont quitté la capitale pour se rendre à Mbaïki, engageant des frais de déplacement faramineux alors que l’institution affirme ne plus disposer de la moindre liquidité.

 

Le boycott historique des entreprises partenaires

Ce déploiement de moyens financiers n’a servi qu’à financer un désastre commercial sans précédent. Les années antérieures, le « Mois du travail » constituait un rendez-vous économique majeur où les grandes sociétés de la place, à l’instar d’Orange, MoCaf ou Telecel, venaient massivement présenter leurs innovations, leurs réseaux et leurs produits. C’était l’occasion pour le secteur privé d’apporter son soutien actif aux projets de l’agence.

 

Cette année, la réalité du terrain a offert un spectacle de désolation totale. Absolument aucune entreprise ne s’est présentée pour occuper l’espace. Les stands, financés à coups de millions, sont restés désespérément vides durant l’événement. Constatant ce désert de participants, les organisateurs ont été contraints de démonter les installations à peine 24 heures après l’ouverture. Cette désertion collective démontre que la mauvaise gouvernance actuelle a brisé la confiance des investisseurs : les partenaires économiques refusent désormais de s’associer à une gestion jugée discréditée et incompétente.

 

Des droits sociaux sacrifiés pour des privilèges familiaux

Le cynisme de la note circulaire signée par Henri Koulayom réside également dans l’oubli volontaire des obligations sociales de l’agence. Le document passe totalement sous silence le remboursement des frais médicaux des employés, pourtant garanti par la convention collective. Les travailleurs et leurs familles sont privés de couverture santé depuis maintenant un an sous prétexte que les caisses sont vides.

 

En réalité, les fonds publics sont orientés vers des dépenses d’ordre privé. Une part importante des budgets s’évapore dans des sessions de formation contestées sur le « changement de mentalité ». Ces prestations, facturées plusieurs millions de francs CFA, sont directement assurées par la sœur et la fille de la ministre du Travail, venues spécialement de France pour récupérer ces sommes. En parallèle, la direction pratique un népotisme actif en accordant à des proches nouvellement recrutés des contrats aux salaires doublés, surpassant les revenus des cadres qui totalisent dix ou quinze ans d’ancienneté au même poste.

 

Un clan familial à la tête de l’institution

Ce désordre financier et administratif bénéficie d’un verrouillage politique au plus haut niveau de l’État. La ministre du Travail, Mme Annie-Michelle Mwanga, protège activement la directrice générale par intérim, Renée Bimbo, qui n’est autre que sa propre sœur cadette. Ce protectorat familial paralyse l’agence et bloque toute possibilité de contrôle ou de redressement.

 

Aujourd’hui, l’ACFPE n’exécute plus ses missions d’intérêt général en faveur de l’emploi des jeunes. Entre le blocus financier imposé aux salariés pour les soins médicaux et le gaspillage de 52 millions pour un folklore boudé par le secteur privé, l’agence est devenue une propriété privée gérée au bénéfice exclusif d’un clan.

 

 

Par Alain Nzilo