Charnier de la colline des Panthères : la CPS inculpe Faki Ibrahim, un caporal ex-Séléka , les vrai donneurs d’ordres restent libres dans le gouvernement Moloua

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Charnier de la colline des Panthères : la CPS inculpe Faki Ibrahim, un caporal ex-Séléka , les vrai donneurs d’ordres restent libres dans le gouvernement Moloua

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

La CPS a interpellé et inculpé Faki Ibrahim, un caporal ex-Séléka des FACA, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés au charnier de la colline des Panthères découvert à Bangui en décembre 2013.

 

Le 27 avril 2026, Ibrahim Radjab Guer-Guer, alias Faki Ibrahim, a été arrêté avec l’appui des Forces de sécurité intérieure en vertu d’un mandat d’arrêt émis par les juges d’instruction de la CPS le 22 mars 2022, soit quatre ans d’attente avant son interpellation. Le lendemain, il a comparu devant les juges qui l’ont inculpé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre dans le cadre de l’affaire du charnier de la colline des Panthères, où 31 corps avaient été découverts le 24 décembre 2013 à Bangui.

 

Intégré dans les Forces armées centrafricaines au grade de caporal après la période Séléka, il est désormais présumé innocent jusqu’à l’issue de l’instruction préparatoire.

 

Cette arrestation ne provoque guère d’enthousiasme parmi les sources contactées par la rédaction de Corbeau News Centrafrique. Non pas parce que la justice aurait tort de poursuivre Ibrahim Radjab Guer-Guer, mais parce que pendant ce temps, des personnalités autrement plus haut placées dans la chaîne de commandement de la Séléka exercent librement leurs fonctions au sein du gouvernement centrafricain en ce moment, certaines à la présidence de la République même, d’autres à la primature.

 

Le cas le plus documenté est celui de Hassan Bouba Ali. Ministre actuel de l’Élevage, mis en cause dans la mort de plusieurs civils et d’un Casque bleu congolais de la MINUSCA à Bambari, il avait été arrêté par la CPS elle-même en novembre 2021. Deux semaines plus tard, il était libéré sous pression du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera et des mercenaires russes avant d’être réintégré dans le gouvernement.

 

À ce jour, aucune procédure judiciaire n’a abouti contre lui. Il continue de parapher des documents officiels, de prendre la parole lors de cérémonies publiques, parfois en présence de magistrats de la CPS elle-même.

 

Des sources proches des milieux judiciaires et sécuritaires à Bangui indiquent à Corbeau News que Hassan Bouba n’est pas le seul cas documenté. Plusieurs membres de l’actuel gouvernement seraient impliqués dans des faits graves commis pendant les années Séléka, dont des assassinats ciblés. Parmi les affaires citées figure l’assassinat d’un magistrat au croisement de Miskine, dans le 5e arrondissement de Bangui.

 

L’identité du présumé commanditaire est d’ailleurs bien connue des enquêteurs. Cette personne occuperait aujourd’hui une fonction ministérielle. Aucune procédure judiciaire n’a été engagée à son encontre.

 

Ce paradoxe place la CPS dans une position inconfortable. La juridiction hybride, créée par la loi organique n°15.003 du 3 juin 2015 avec pour mandat de poursuivre les crimes de droit international commis en RCA depuis 2003, continue de traiter des dossiers impliquant des exécutants de rang modeste. Ses responsables tiennent des discours sur l’indépendance de la justice. Ils cosignent des protocoles avec les autorités centrafricaines. Mais les présumés donneurs d’ordres, eux, demeurent hors de portée, protégés par leur position au sommet de l’État.

 

Pour les familles des 31 victimes du charnier de la colline des Panthères, l’arrestation d’Ibrahim Radjab Guer-Guer est peut-être un début. Mais tant que ceux qui ont commandé les massacres continuent de signer des décrets à Bangui, cette justice restera incomplète.

 

Par Anselme Mbata

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