RCA : Louis-Marie KOGRENGBO interpelle le Ministre Conseiller Personnel du Chef de l’État sur la place de Touadéra dans le cycle électoral en cours

0
20

Louis-Marie KOGRENGBO interpelle le Ministre Conseiller Personnel du Chef de l’État sur la place de Touadéra dans le cycle électoral en cours

 

 

 

Rédigé le 21 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Dans une lettre ouverte adressée à Monsieur le Ministre Conseiller Personnel du Chef de l’État, Louis-Marie KOGRENGBO, Secrétaire Général Exécutif de l’Organisation Démocratique Syndicale des Travailleurs de Centrafrique (ODSTC) et acteur de la vie sociale, s’exprime sur la place du Chef de l’État dans le cycle électoral en cours.

 

Selon Louis-Marie KOGRENGBO, un document qui circule sur la toile détaille un programme de descentes du Chef de l’État pour soutenir des candidats aux élections Législatives, Régionales et Municipales, tant à Bangui qu’en province. Cette initiative interroge la posture que doit adopter le Chef de l’État dans une compétition électorale.

 

Dans toute République digne de ce nom, le Chef de l’État incarne le Symbole de l’Unité Nationale. Une fois élu, il cesse d’être le représentant d’un parti, d’une région, d’une ethnie ou d’un clan. Il devient le garant de l’intérêt général et le point d’équilibre entre les forces politiques et sociales.

 

Affirmer que le Chef de l’État se tient « au-dessus de la mêlée » ne constitue pas une simple formule. C’est un principe fondamental, une exigence éthique et institutionnelle.

 

Pourtant, en participant activement à des meetings de soutien à des candidats d’un parti politique, le Chef de l’État quitte cette position d’arbitre pour entrer dans l’arène partisane.

 

Le programme annoncé montre une implication directe dans la campagne électorale. Cette situation crée une confusion entre la fonction présidentielle, qui doit rester neutre et rassembleuse, et l’engagement partisan, par nature clivant et compétitif.

 

Cette confusion fragilise les fondements de l’État de droit. Elle donne l’impression que l’appareil d’État peut être mobilisé au service d’un camp, au détriment des autres.

 

L’un des piliers de toute élection crédible repose sur l’égalité des chances entre les candidats. Lorsque le Chef de l’État s’implique publiquement et activement en faveur de certains candidats, il introduit un déséquilibre évident. Sa position, son influence et les moyens qui accompagnent ses déplacements confèrent un avantage structurel à ceux qu’il soutient.

 

Louis-Marie KOGRENGBO juge plus grave encore l’utilisation d’établissements publics, notamment des écoles et des lycées, comme cadres de meetings politiques. Ces lieux doivent rester des espaces neutres, dédiés à l’éducation, à la formation et à la construction de l’esprit critique. Les transformer en tribunes politiques constitue une dérive qui mérite d’être dénoncée avec fermeté.

 

C’est aussi un signal envoyé à la jeunesse : celui d’une confusion entre savoir, citoyenneté et engagement partisan.

 

À travers ces descentes, le débat politique semble se déplacer des programmes des candidats vers la figure du Chef de l’État. Les élections risquent ainsi de se transformer en un référendum implicite sur sa personne.

 

Cette personnalisation du pouvoir affaiblit la démocratie représentative. Elle réduit le rôle des candidats à celui de relais, au lieu d’en faire de véritables porteurs de projets pour leurs circonscriptions.

 

Dans un contexte national marqué par des fragilités sociales et politiques, une telle implication du Chef de l’État dans une logique partisane peut accentuer les divisions. Elle peut nourrir un sentiment d’exclusion chez ceux qui ne se reconnaissent pas dans le parti soutenu. Elle peut également entamer la confiance des citoyens dans l’impartialité des institutions.

 

Or, la stabilité d’un pays repose avant tout sur la confiance.

 

Louis-Marie KOGRENGBO rappelle quelques exigences essentielles : le respect strict de la neutralité du Chef de l’État en période électorale, la préservation des espaces publics comme lieux neutres, la garantie d’une compétition électorale équitable, et la promotion d’un débat politique fondé sur les idées et les programmes.

 

La démocratie ne se mesure pas seulement à l’organisation d’élections, mais à la qualité des conditions dans lesquelles elles se déroulent.

L’histoire jugera les actes posés aujourd’hui. Le Chef de l’État a le choix entre deux postures : être le rassembleur au-dessus des intérêts partisans, ou devenir un acteur direct d’une compétition politique inégale.

 

Mais une question demeure, incontournable : peut-on être à la fois arbitre et joueur sans compromettre l’équité du jeu ? Il en va de la crédibilité de nos institutions, de la confiance du peuple, et de l’avenir de notre démocratie.

 

Par Anselme Mbata

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC