CENTRAFRIQUE : LE POUVOIR DE BANGUI PEUT-IL LÉGALEMENT CONDITIONNER LA MISE EN PLACE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT AUX RÉSULTATS DÉFINITIFS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ?

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LE POUVOIR DE BANGUI PEUT-IL LÉGALEMENT CONDITIONNER LA MISE EN PLACE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT AUX RÉSULTATS DÉFINITIFS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ?

 

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Rédigé le 11 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

La prestation solennel de serment du Président de la République au stade vingt mille places a marqué l’ascension tant attendue de la septième République.

 

Cette méga cérémonie à la fois budgetivore et génératrice de polémiques des hôtesses et d’injures publiques des femmes de Centrafrique a été suivie d’un discours fort du Président de la République qui marque le point de départ d’un nouvel ère.

 

La tradition républicaine, les us et coutumes démocratiques voire l’évidence trilogique martèle que cette suite cartesienne devrait marquer le début d’une nouvelle République, d’un nouveau mandat et par voie de conséquence d’un nouveau gouvernement.

 

Force est de constater avec regret qu’après plus de dix jours, le gouvernement sortant n’est toujours pas démissionnaire à plus forte raison la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale n’est pas à l’ordre du jour pour répondre aux attentes pressantes, aux aspirations socio-économiques et sécuritaires du peuple centrafricain.

 

Cette problématique politico-juridique à la frontière d’un imbroglio s’est érigée en matière à débats pour des juristes de salon, des juristes de réseaux sociaux, des juristes opportunistes qui ouvre la voie à une interprétation biaisée de la constitution, et qui n’hésite pas à travestir le droit pour des intérêts égoïstes au détriment des vrais juristes qui ont parcouru le célèbre ouvrage de Georges Burdeau sur le droit constitutionnel.

 

Pour mieux comprendre et appréhender ce quiproquo politico-juridique, il est judicieux d’interroger la loi fondamentale à travers les trois modèles standards pour définir le régime politique de la République centrafricaine.

 

À titre illustratif et pédagogique, il y’a d’abord le régime parlementaire où le gouvernement issu de la majorité parlementaire est politiquement responsable devant le parlement et le Président de la République peut dissoudre l’assemblée nationale.

 

Inversement, le parlement peut renverser le gouvernement par la voie d’une motion de censure.

 

Dans ce contexte, le Président de la République est obligé de nommer un premier ministre issu de la majorité parlementaire au risque de ce qu’on appelle “la cohabitation” si la majorité parlementaire appartient au parti politique opposé.

 

Ensuite, il y’a le régime présidentiel où le Président de la République qui est à la fois chef du gouvernement détient la quasi-totalité du pouvoir exécutif au détriment du sacré principe de séparation des pouvoirs et la motion de censure n’a pas droit de cité.

 

Enfin, il y’a le régime semi-presidentiel qui est un régime hybride avec un clonage du régime parlementaire et présidentiel c’est-à-dire que le parlement peut renverser le gouvernement et que ce dernier est politiquement responsable devant l’assemblée, le tout sous l’autorité renforcée du Président de la République.

 

De ces trois régimes politiques scrutés, la République centrafricaine est officiellement un régime semi-presidentiel mais en réalité c’est à dire dans la pratique il s’agit d’un régime présidentiel renforcé car le Président de la République contrôle tous les autres pouvoirs y compris le parlement.

 

Le chef de l’État avait par le passé imposé au parlement les lois sur la cryptomonnaie, la tokenisation, la nouvelle constitution, la modification successive du code électoral qui sont tous votées par acclamations sans amendements ni une deuxième lecture.

 

De tout ce qui précède, juridiquement et plus particulièrement en droit constitutionnel centrafricain, le Président de la République n’est pas obligé de mettre en place un nouveau gouvernement ni d’attendre la fin des élections législatives.

 

Cela relève librement de son pouvoir discrétionnaire et n’est aucunement conditionné à un délai.

 

Mais politiquement, il existe une crainte qui est d’ailleurs légitime…celle de présenter son programme de gouvernement devant parlement legitime et constitué pour négocier le vote de confiance c’est-à-dire le soutien politique du parlement d’où la nécessité d’une majorité parlementaire pour éviter la motion de censure précoce.

 

À ce stade d’analyse où la constitution ne prévoit aucun délai entre la prestation de serment et la mise en place du nouveau gouvernement, il apparaît important de souligner que cette situation d’impasse, d’indecision ne constitue pas une illégalité, ni une violation de la constitution mais il s’agit d’un conflit de cohérence logique entre les normes juridiques et la pratique politique ou la tradition démocratique qui traduit une nécessité d’insuffler un souffle nouveau en phase avec le discours d’investiture du Président de la République.

 

En conséquence de ce qui précède, le statuquo c’est à dire dans l’attente de la fin des législatives pour mettre en place le nouveau gouvernement, le pays va connaître une période d’impasse et de gouvernance provisoire parce que les ministres sortants ou intérimaires sont incertains sur leur sort debrayent et ne se contentent que des affaires courantes.

 

En conséquence, les grands projets et ou réformes économiques, sociaux et sécuritaires seront ralentis, retardés ou paralysés.

 

Les partenaires au développement ainsi que les institutions internationales financières vont hésiter pour engager des financements colossaux.

 

Face à ce constat qui inquiète, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- La nouvelle constitution est-elle véritablement opérationnelle dès lors que les binationaux sont toujours en fonction, le vice-président de la République non désigné, les chefs des groupes armés toujours au gouvernement ?

 

2- Conscient que le gouvernement va débrayer, le pays va t-il rester en veilleuse en attendant le résultat définitif des élections législatives ?

 

3- Le destin ou l’avenir de ce pays ne constitue t-il pas une priorité par rapport aux considérations politiques qui fragilisent l’État ?

 

4- La subordination du nouveau gouvernement aux résultats définitifs des élections législatives est-elle juridiquement fondée au regard du principe de séparation de pouvoirs ?

 

5- En d’autres termes, cet état de fait traduit-il une nécessité institutionnelle ou une derive visant à satisfaire des intérêts égoïstes ?

 

6- En agissant ainsi, le Président de la République est-il habilité à orienter l’ordre institutionnel ?

 

7- Enfin, si pour des raisons quelconques les législatives traînent y compris le traitement des contentieux électoraux par le conseil constitutionnel, la mise en place du nouveau gouvernement doit toutefois attendre ?

 

En tout état de cause, l’attente ne résout pas le problème des centrafricains mais les déplace et qu’un Président de la République sans majorité dans un régime présidentiel et semi-presidentiel n’existe pas.

 

En réalité, le pouvoir de Bangui n’a pas de crainte car la majorité parlementaire est déjà acquise au regard des résultats définitifs du premier tour et en l’absence de l’opposition démocratique à la compétition électorale, il n’y a aucun risque d’inversement de tendances.

 

Il ne faut pas aussi oublier que le pouvoir de Bangui a l’habitude de débaucher des députés des autres partis politiques pour se fabriquer une majorité mécanique.

 

En déduction de tout ce qui précède et en attendant le résultat définitif des élections législatives, le pays peut fonctionner avec un nouveau gouvernement sans obstacles majeurs.

 

Au delà de ce serment réduit à un formalisme protocolaire, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal est une voie infructueuse voire sans issue qui ne résout pas la crise mais au contraire n’est qu’une aggravation des causes du problème.

 

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré, terrorisé où les femmes sont impunément et copieusement insultées mais qui ne reagissent pas…

 

Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que les dérapages, la corruption, le népotisme, la gabegie, le bradage des ressources naturelles, la sous-traitance de notre indépendance et le mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.

 

Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie exacerbée dans la poubelle non recyclable de l’histoire.

 

Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine familial et/ou dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dilatoires des mandats à vie.

 

Il faut savoir que nul n’est indispensable à ce pays qui regorge des compétences avec des visions multiples et variées à travers le monde et qui peuvent mieux servir ce pays que vous.

 

Alors n’attendez pas que la huée populaire, la clameur de la rue et la vocifération pour manifester l’hostilité ou la réprobation vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.

 

Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler puisque la répétition est pédagogique que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.

 

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

 

Malheur à ceux où celles qui s’étonnent du résultat produit alors qu’ils étaient conscients du danger.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

 

 

Limassa le 11 Avril 2026

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Environnementaliste.

 

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