Fuite de responsabilité dans la Bamingui-Bangoran : quand l’État centrafricain sous-traite la paix sociale entre les Cultivateurs et les éleveurs aux ONG WCS
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans les localités d’Akroussoulback et de Miamani, dans la Bamingui-Bangoran, les champs de manioc ont disparu sous les sabots des bœufs. Des centaines de bêtes conduites par des enfants, incapables de contenir des troupeaux aussi nombreux, ont ravagé les cultures de paysans qui ne savent plus comment nourrir leurs familles.
En effet, monsieur Gilbert Ouaga, représentant des cultivateurs de Miamani, l’a dit clairement : le gouvernement doit se pencher sur cette affaire. Pas une ONG. Pas un partenaire étranger. Le gouvernement. Celui qui perçoit des impôts, celui qui nomme des ministres, celui qui tient des discours sur le développement agricole depuis des décennies. Mais c’est l’ONG WCS qui a organisé les forums communautaires à Akroussoulback et Miamani fin mars. C’est elle qui a réuni les deux communautés. C’est elle qui gère les couloirs de transhumance que les éleveurs nomades du Tchad ne respectent plus.
L’État centrafricain, lui, était absent. Comme d’habitude.
Les éleveurs reconnaissent les faits. Ali Alenanga, leur représentant, admet que des enfants de dix ans ne peuvent pas contrôler deux cents ou trois cents bœufs. Il promet de sensibiliser ses frères. Des promesses. Pendant ce temps, le chargé de transhumance à WCS, Mesambo, parle de communautés autochtones en tension avec des transhumants venus du Tchad, de couloirs de passage non respectés, d’infiltration des aires protégées. Un tableau qui dure depuis des années et que Bangui laisse pourrir.
Ce qui s’est passé à Akroussoulback et Miamani, à quatre-vingt et cent vingt-cinq kilomètres de tout centre de décision, n’est pas une affaire locale. C’est le résultat direct d’un État qui a abandonné sa responsabilité de réguler l’usage du territoire national. Quand un gouvernement délègue la gestion des conflits entre ses propres citoyens à des organisations financées par des bailleurs étrangers, il avoue publiquement son incapacité à gouverner.
Les paysans centrafricains n’ont pas besoin d’un dialogue facilité par une ONG américaine. Ils ont besoin d’un ministre de l’Agriculture qui descend sur le terrain, d’une loi sur la transhumance appliquée, de couloirs balisés et surveillés, de mécanismes d’indemnisation quand un champ est détruit. Ce que WCS fait par substitution, l’État devrait le faire par obligation.
Par Barthelemy Kossi
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




