Bissekoin accuse les bouchers de Bangassou de complot sur la viande : une diversion pour détourner l’opinion nationale sur les vraies causes de la pénurie

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Bissekoin accuse les bouchers de Bangassou de complot sur la viande : une diversion pour détourner l’opinion nationale sur les vraies causes de la pénurie

Bissekoin accuse les bouchers de Bangassou de complot sur la viande : une diversion pour détourner l’opinion nationale sur les vraies causes de la pénurie
Photo Guira FM

 

 

Rédigé le 23 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Dans son interview sur la radio Ndékè-luka, le gouverneur Victor Bissekoin pointe du doigt les bouchers comme responsables de la rareté de la viande de bœuf à Bangassou, dans la préfecture du Mbomou. Il parle d’une « stratégie » montée par eux pour augmenter les prix, d’exportation illégale de bétail vers l’extérieur, et de tricherie au kilo (plus d’os que de viande). Il annonce même un arrêté pour interdire l’exportation et la vente truquée.

 

C’est une accusation trop facile et une diversion.

Les faits récurrents sur le terrain, rapportés depuis des années  montrent que la pénurie de viande de bœuf à Bangassou n’est pas née d’un complot commercial isolé. Elle est liée à des problèmes structurels profonds que le gouverneur minimise ou ignore :

 

– L’insécurité chronique dans le Mbomou et les zones environnantes bloque les transhumances et les convois d’éleveurs.

– Les routes dégradées et les frais de transport exorbitants (jusqu’à 50 000 FCFA par personne depuis Bangui) rendent l’approvisionnement coûteux et risqué.

– La flambée générale des prix (viande de bœuf passée de 1 000 à 2 000-2 500 FCFA/kg en février 2026 selon RJDH) touche toute la ville, pas seulement à cause des bouchers, mais à cause de la pénurie réelle de bétail sur les marchés.

– Des cas similaires de rareté (poulet, viande de brousse, etc.) frappent Bangassou depuis des semaines, confirmant une crise plus large d’approvisionnement, pas un simple jeu des commerçants.

 

En se contentant de blâmer les bouchers et en interdisant des pratiques (vente au kilo, export), Bissekoin détourne l’attention des responsabilités plus hautes : sécuriser les routes, stabiliser les zones d’élevage, faciliter les convois, et admettre que l’insécurité globale (y compris dans les zones frontalières) affame la population en viande comme en denrées de base.

 

La viande manque parce que les troupeaux n’arrivent plus facilement, pas parce que les bouchers complotent. Il est temps que le gouverneur arrête les accusations simplistes et s’attaque aux vraies racines du problème.

 

Par Simon Goussoumalé

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