Éric Sorongopé Zoumandi lance une bataille perdue d’avance contre la prolifération des lieux de culte à Bangui

Rédigé le 19 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le gouverneur de Bangui vient de déclarer la guerre aux lieux de culte non agréés dans la capitale centrafricaine, une guerre que ses prédécesseurs ont tous perdue avant lui.
Des veillées nocturnes, des séances de délivrance tonitruantes, des jeûnes organisés comme un négoce : dans les quartiers de Bangui, Bimbo et Bégoua, ces cellules religieuses improvisées ont pris racine dans des maisons ordinaires, souvent portées par la pauvreté ambiante. Certains de ces pasteurs vont jusqu’à dissuader leurs fidèles de consulter un médecin, avec parfois des conséquences fatales. Des messages de haine et de division circulent depuis ces mêmes lieux, aggravant un climat déjà tendu.
Face à ce tableau, Éric Sorongopé Zoumandi a promis de vérifier les autorisations d’ouverture de ces lieux de culte et d’y remettre de l’ordre. Il rappelle que la RCA est un État laïque, et que prier ne donne à personne le droit de troubler la quiétude du voisinage ni de mettre en danger la vie d’un cardiaque réveillé en sursaut à minuit. Des mots fermes, un discours bien construit, mais qui sonnent étrangement familiers.
Car ce n’est pas la première sortie du gouverneur sur les dérives de la capitale. Il y a quelques mois, Sorongopé Zoumandi avait déjà pris le micro pour dénoncer la hécatombe causée par les taxis-motos dans les rues de Bangui. Grand bruit, annonces solennelles, puis silence radio. Les taxis-motos continuent de circuler, les accidents aussi.
Bien avant lui, c’est le pasteur Malonga , ministre de l’Administration du territoire sous le président François Bozizé, qui avait mené campagne contre cette même prolifération. Des églises fermées, des autorisations conditionnées, des discours sévères. Puis tout est revenu, intact, comme si rien n’avait bougé. Cela fait plus de dix ans que chaque gouvernement successif en RCA brandit l’interdiction sans jamais aller au bout.
À l’échelle du continent, le combat n’est guère plus encourageant. En RDC, au Rwanda, dans plusieurs capitales africaines, les autorités ont engagé des offensives similaires contre ces lieux de culte incontrôlés. Le bilan est partout le même : les Églises résistent, s’adaptent, se multiplient. Le phénomène est enraciné dans une pauvreté que les décrets administratifs ne peuvent pas effacer.
La question qui se pose alors est simple : de quels moyens dispose réellement un gouverneur de Bangui pour mener ce combat jusqu’au bout ? Il n’est pas ministre, il ne dispose ni d’un budget dédié ni d’une force de frappe institutionnelle capable de tenir dans la durée face à des centaines de cellules dispersées dans chaque
Par Anselme Mbata
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