Au lycée de Miskine, un devoir de maths vire au racket des élèves : le professeur AGOUBEYE christ passe table par table, poussant les élèves à faire la grève

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Au lycée de Miskine, un devoir de maths vire au racket des élèves : le professeur  passe table par table, poussant les élèves à faire la grève

 

 

Rédigé le 09 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Dans les établissements publics de la capitale Bangui, la pratique des enseignants qui monnayent leurs cours est devenue une réalité que personne ne semble vouloir enrayer. Avec la complicité du sommet de l’État, les choses deviennent de plus en plus pires.

 

Le lycée de Miskine, situé dans le cinquième arrondissement de Bangui, n’échappe pas à cette dérive pathétique. Depuis plusieurs années, des actes dignes de la mafia italienne y ont été relevées par une équipe de la rédaction de Corbeau News Centrafrique dépêchée sur place.

 

Ce que nos journalistes ont constaté sur place dans ce lycée dépasse ce que l’on pouvait imaginer : l’argent y conditionne tout, des évaluations aux simples autorisations de composer.

Dans la classe de 3ème 2 lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC
Dans la classe de 3ème 2 lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC

En effet, la semaine dernière, vendredi 6 mars dernier, la situation a atteint un degré rarement vu. En classe de troisième 2, un professeur de mathématiques, monsieur AGOUBEYE christ , arrive avec un devoir, distribue les questions, puis attend.

 

Les élèves, estimant les sujets délibérément incompréhensibles, refusent de composer et commencent à manifester bruyamment dans la salle. C’est à ce moment que l’enseignant sort sa propre solution : réclamer de l’argent aux élèves.

 

Sans se presser, le professeur se lève et commence à faire le tour des tables, une par une, tendant la main. Les élèves cotisent, certains à contrecœur, d’autres sans doute par peur de vengeance sur leurs notes. La scène, observée par notre équipe via les fenêtres de la classe ce jour-là, ressemble moins à un cours qu’à une levée de fonds organisée en bonne et due forme.

 

La question que certains centrafricains se demandent est de savoir : où ces enfants sont-ils censés trouver cet argent ? Ils ne travaillent pas, ils n’ont pas de revenus, pas de bourses d’études. Certains observateurs estiment que cette pression permanente pousse les élèves à aller voler l’argent de leurs parents, ou à mendier, pour ne pas se retrouver exclus d’un devoir auquel ils ont pourtant droit.

 

Ce type de comportement n’est pas uniquement réservé au lycée de Miskine. C’est un fait observé partout dans la capitale, des établissements publics à ceux du privé également. Il reflète une gangrène,  pardon, une pourriture,  qui s’est installée dans plusieurs établissements de la capitale, au vu et au su de tout le monde. Le ministère de l’Éducation nationale, interpellé de fait par ces pratiques répétées, n’a jusqu’ici produit aucune sanction visible contre les contrevenants.

 

Pourtant, des voix s’élèvent de plus en plus dans le pays pour pointer la responsabilité du sommet de l’État.

 

Si on se souvient bien de ce que l’opposant Anicet-Georges Dologuelé, dit AGD, avait lui-même affirmé : le pays n’est plus gouverné, il est livré à l’anarchie. Et c’est vrai, tout est pourri depuis le sommet de l’État jusqu’à la base.

 

Par Gisèle MOLOMA

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