Incendies, pillage : les mercenaires russes de la milice Wagner se sont déchaînés sur le quartier AIM à Zemio

Rédigé le 03 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Des habitations réduites en cendres, des portes arrachées, des tôles volées : le quartier AIM de Zemio a subi la furie des mercenaires russes de Wagner le 26 février 2026.
Zemio est une sous-préfecture du Haut-Mbomou, implantée au sud-est de la République centrafricaine. C’est dans cette localité que des mercenaires russes de la milice Wagner sont stationnés depuis 2024. Mais le jeudi 26 février 2026, ces hommes ont quitté leur base pour se diriger vers le quartier AIM, un secteur jadis occupé par des missionnaires, aujourd’hui peuplé de familles ordinaires.
Arrivés sur place, ils ont commencé par défoncer les portes des maisons une à une, avant de fouiller chaque habitation de fond en comble. Puis les flammes ont suivi. Les maisons ont brûlé les unes après les autres, pendant que les mercenaires chargeaient dans leurs véhicules les tôles arrachées des toitures et les portes brisées, comme si ces débris valaient la peine d’être récupérés.
Ce butin emporté sur des ruines encore chaudes laisse la population sans explication plausible. Personne à Zemio ne comprend ce qui pousse ces hommes à un tel acharnement. Voulaient-ils simplement récupérer des matériaux, ou s’agissait-il d’un message envoyé délibérément aux habitants pour les pousser à fuir définitivement ?
Il faut dire que beaucoup avaient déjà abandonné leurs maisons bien avant ce jour-là. Épuisées par une insécurité qui s’étire depuis des mois, de nombreuses familles avaient rejoint la localité congolaise de Nzapay, de l’autre côté de la rivière Mbomou. Certains quartiers de Zemio étaient donc quasiment vides quand les mercenaires y ont débarqué.
Et ce n’est pas tout! Trois jours après le saccage du quartier AIM, le dimanche 1er mars, une nouvelle opération a été menée dans le village de Bangassou-Zakara. Cette fois, ce sont des enfants et des femmes qui lavaient paisiblement le linge de leurs enfants qui ont été prises pour cibles. Les mercenaires les ont frappées, avant de mettre le feu aux vêtements et aux habitations environnantes.
Des enfants ont assisté à la scène, impuissants, pendant que leurs affaires partaient en fumée. Aucune justification n’a été donnée, aucun motif avancé. Les populations de la région se retrouvent ainsi à subir des actes dont elles ne saisissent ni la logique ni la finalité.
Ce qui se passe à Zemio et dans ses environs ressemble de plus en plus à une volonté d’écraser des communautés déjà fragilisées par des années de conflit. Frapper des femmes au bord de l’eau, brûler des habits d’enfants, voler des tôles sur des maisons abandonnées : rien de tout cela ne relève d’une opération militaire ordinaire.
Par Éric Nzapa
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