Après avoir raté sa mort en images, Wagner fabrique désormais la vidéo de l’ancien ministre Armel Sayo par intelligence artificielle pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit

Rédigé le 01 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Wagner et ses marionnette centrafricaines ont décidé de faire parler un homme qu’ils détiennent dans l’ombre, sans lui demander d’ouvrir la bouche, en prenant sa photo, clonant sa voix par intelligence artificielle pour en faire une vidéo propagandiste à la gloire du dictateur Touadéra et des criminels russes.
Ce n’est pas la première fois que le groupe Wagner tente de manipuler l’opinion publique centrafricaine autour d’Armel Sayo. Pour comprendre les faits, il faut remonter au début.
Pour comprendre ce qui a conduit à cette vidéo, il faut remonter au 17 janvier 2025, jour où Armel Sayo a été arrêté à l’aéroport international de Douala, au Cameroun. Retenu plusieurs semaines à Yaoundé dans des conditions opaques, il a ensuite été livré à Bangui dans une opération habillée du nom d’extradition, sans que jamais aucun mandat international public n’ait été produit. En acceptant de remettre cet homme sans base légale solide, le Cameroun s’est rendu complice d’une machination dont les ficelles remontent directement aux cercles du pouvoir centrafricain et de ses parrains russes.
À son arrivée à Bangui en mai 2025, Sayo a d’abord été enfermé à l’OCRB, l’Office Central pour la Répression du Banditisme, avant d’être transféré à la prison du Camp de Roux. Tout semblait suivre, en apparence, un cours judiciaire ordinaire. Mais ce calme de façade n’allait pas durer longtemps, car une opération bien plus trouble se préparait dans l’ombre.
Le 4 juillet 2025, Cédric Gbaka, conseiller en sécurité du Président Touadéra, s’est rendu à la prison du Camp de Roux accompagné de policiers en tenue noire. Dans la cellule de Sayo, il a annoncé avec emphase avoir découvert un téléphone portable et un document décrivant un supposé plan de coup d’État. Cette mise en scène de la fouille n’était qu’un prétexte fabriqué pour justifier ce qui allait suivre trois jours plus tard, et que rien dans le droit centrafricain ni dans le droit international ne pouvait autoriser.
Ainsi, l’ancien ministre centrafricain a été extrait de la prison du Camp de Roux le 7 juillet 2025 par le directeur de l’OCRB, avant de disparaître dans la nuit du 7 au 8 juillet, avalé par les geôles secrètes des mercenaires russes. Personne ne savait où il se trouvait, personne ne connaissait son sort, et c’est exactement ce que ses criminels russes voulaient.
Pendant plus de vingt jours, Armel Sayo a disparu dans le néant absolu. Le gouvernement centrafricain n’a rien communiqué officiellement sur la situation. Des images ont même circulé sur internet montrant ce qui ressemblait à un corps sans vie baignant dans le sang, alimentant des rumeurs d’assassinat extrajudiciaire que Bangui n’a jamais réellement réfutées avec des preuves tangibles.
Justement, c’était Wagner qui était à l’origine du montage de cette image pour montrer à l’opinion publique que l’ancien ministre Armel Sayo serait déjà mort. Mais leur première tentative de manipulation de l’image par intelligence artificielle n’a pas réussie. Cette manœuvre grossière n’avait convaincu personne, et le vacarme international qui avait suivi sa disparition, jusqu’à pousser le président Paul Biya à interpeller directement son homologue centrafricain, avait fini par contraindre Wagner à le présenter brièvement devant un juge. Puis il était retourné dans l’ombre, sans que quiconque sache où.
Six mois plus tard, en février 2026, une vidéo apparaît. On y voit ce qui ressemble à Armel Sayo, on y entend ce qui ressemble à sa voix, et on l’entend demander pardon, accuser la France, mettre en cause l’opposition centrafricaine, se déclarer prêt à déposer les armes. Mais cette voix n’est pas la sienne. Ce visage n’est qu’un masque numérique. Wagner a rédigé le texte, cloné la voix, monté l’image, et laissé l’intelligence artificielle faire le reste.
Chaque phrase de cette vidéo répond point par point aux besoins politiques du régime de Bangui. La France accusée, l’opposition désignée comme complice, le président encensé, les groupes armés condamnés par celui-là même qu’on détient illégalement depuis des mois. C’est un script écrit dans les bureaux de Wagner, mis dans la bouche d’un homme réduit à un fichier audio et une enveloppe numérique.
Les détails trahissent le montage à chaque seconde. La synchronisation des lèvres, la rigidité du regard, la mécanique des expressions, la cadence trop propre d’une voix clonée qui ne respire pas comme un homme qui parle librement. Un enfant habitué aux outils numériques d’aujourd’hui pourrait pointer ces anomalies les yeux fermés, tant elles sautent aux yeux de quiconque regarde avec un minimum d’attention. En plus, Wagner utilise le décor de l’infirmerie du de la prison du camp de Roux pour faire le montage.
Ce qui dépasse l’entendement, c’est l’aplomb avec lequel cette vidéo a été diffusée, comme si ses auteurs croyaient réellement pouvoir abuser des centrafricains avec un tel bricolage. Ils ont pris l’identité d’un homme vivant, sa voix, son visage, pour fabriquer des aveux qu’il n’a jamais prononcés, des accusations qu’il n’a jamais formulées, une capitulation qu’il n’a jamais choisie. C’est un degré de fourberie que même les régimes les plus retors de la planète n’affichent pas aussi ouvertement.
Armel Sayo reste à ce jour détenu dans un endroit que personne ne peut identifier, sous l’autorité de mercenaires qui ne répondent devant aucune institution centrafricaine. En plus, il est actuellement dans un état critique. C’est donc pour cette raison que Wagner veut faire croire que l’homme se porte bien, or non.
Par Gisèle MOLOMA
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