Ouanda-Djallé : le bilan de la tension entre la population et les soldats FACA grimpe à 3 morts

Rédigé le 28 février 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Une journée de marché ordinaire a tourné au carnage ce vendredi 27 février 2026 à Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, laissant trois morts et neuf blessés sur le carreau.
Tout a démarré dans la matinée au marché central de la ville, là où des dizaines de commerçants et d’acheteurs se croisent chaque jour. Deux soldats des Forces Armées Centrafricaines s’y sont présentés et se sont dirigés droit vers l’étalage d’un jeune vendeur d’eau. Ils ont exigé d’être servis gratuitement, mais le jeune homme leur a répondu, simplement et sans détour, que l’eau conditionnée dans des sachets plastiques était une marchandise comme une autre, et qu’elle se payait. Cette réponse, pourtant de bon sens, a mis les deux militaires dans un état de rage incontrôlable.
Ce qui a suivi a embrasé toute la ville. Les soldats ont commencé à porter des coups sur les jeunes présents autour de l’étalage. En un rien de temps, les habitants aux alentours ont vu la scène, et la nouvelle a couru de bouche en bouche à travers tout le marché. Des hommes, des femmes, des jeunes des quartiers voisins ont commencé à converger vers le lieu, portés par une colère longtemps contenue à l’égard des militaires.
La foule, de plus en plus dense, a décidé de marcher jusqu’au campement des FACA. Ces derniers ne séjournent pas dans une caserne classique, mais ont investi les locaux de l’OFCA, la coopérative des femmes, un bâtiment installé en plein centre-ville, à quelques mètres à peine de la mairie de Ouanda-Djallé. La population réclamait depuis un moment leur départ de cet endroit et leur retour à l’ancienne base militaire, celle qui se trouve à l’entrée de la ville. Les soldats avaient quitté ce poste en invoquant la crainte d’une attaque de groupes armés, mais leur installation au cœur des quartiers résidentiels n’avait fait qu’alimenter les frictions avec les civils.
C’est devant ce bâtiment que les Casques bleus et les autorités locales ont tenté d’établir un dialogue entre les deux camps. Les négociations étaient en cours, la tension semblait contenue, quand soudainement des soldats FACA ont jailli de plusieurs angles, armés, et ont ouvert le feu sans avertissement sur la foule massée devant eux. Les gens ont tenté de fuir dans tous les sens, certains se sont jetés à terre, d’autres ont couru se mettre à l’abri dans les ruelles adjacentes. Mais les balles ont fait leur œuvre.
Au total, douze personnes ont été touchées par des projectiles. Un homme a perdu la vie sur place, avant même que les secours puissent intervenir. Onze autres ont été transportés en urgence vers l’hôpital de la ville, mais deux d’entre eux n’ont pas résisté à leurs blessures, portant le nombre de morts à trois pour cette seule journée. Les neuf survivants hospitalisés se trouvent dans un état qui n’a pas encore été communiqué officiellement.
La population de Ouanda-Djallé nourrit désormais une défiance ouverte à l’égard de ces militaires. Dans les rues, les habitants ne mâchent pas leurs mots et désignent ces soldats non pas comme des protecteurs, mais comme des rebelles, ou alors des bandits du grand chemin qui terrorisent les quartiers. Beaucoup réclament leur départ immédiat des locaux de l’OFCA, pendant que les autorités locales tentent de maintenir un semblant de dialogue dans une ville qui retient son souffle.
Par Serge Binguimalé
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