OTAGE DE WAGNER ET VRP DE POUTINE : En quette de légitimité internationale, après son braquage électoral, TOUADERA se prête au jeu des questions-réponses d’une chaine, RT, de propagande Russe

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OTAGE DE WAGNER ET VRP DE POUTINE : En quette de légitimité internationale, après son braquage électoral, TOUADERA se prête au jeu des questions-réponses d’une chaine, RT, de propagande Russe

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Considéré comme, MIROIR D’UN REGIME ILLEGITIME, l’interview accordée par Faustin-Archange TOUADERA à la chaîne russe RT n’est pas un échange journalistique, c’est un exercice de propagande soigneusement mis en scène pour maquiller un braquage électoral et une fuite en avant autoritaire. RT, organe de propagande du Kremlin, lui offre une vitrine complaisante au moment même où son régime est contesté à l’intérieur et discrédité sur la scène internationale, pendant que les associations de défense des droits humains et de nombreux médias documentent l’emprise violente du groupe Wagner sur l’État centrafricain.

 

Derrière les éléments de langage répétés – « PAIX », « SECURITE », « SOUVERAINETE » – se dessine une réalité bien plus sombre : instrumentalisation de la peur, mensonges grossiers sur la situation sécuritaire, capture des ressources nationales par Wagner, marginalisation de l’opposition et destruction de toute perspective démocratique.

 

MENSONGES SUR LES ELECTIONS ET LA “LEGITIMITE” POPULAIRE

TOUADERA présente les élections de décembre 2025 comme un « pari réussi » et une « fierté démocratique », avec une participation de 63% et 77% des voix en sa faveur, parlant d’« ancrage démocratique » et d’adhésion massive à sa prétendue vision.

 

Cette narration occulte délibérément la réalité d’un processus verrouillé : contrôle des moyens de l’État, propagande omniprésente, marginalisation et intimidation de l’opposition, et climat de peur alimenté par la présence de mercenaires armés dans l’appareil sécuritaire.

 

Il affirme que « tous les acteurs politiques ont pu parcourir le pays pour battre campagne », alors même que depuis plusieurs années, des rapports soulignent que les zones de l’intérieur restent sous forte influence de groupes armés, de milices et des mercenaires russes, rendant illusoire une campagne libre et équitable pour l’opposition. La mise en scène d’une « population en liesse » cache une fatigue profonde, une exaspération face à l’immobilisme, à la personnalisation du pouvoir, à l’hyper-présidentialisme renforcé par la nouvelle Constitution de 2023 qui donne à TOUADERA une mainmise quasi totale sur les institutions et les ressources.

 

PAIX, SECURITE, PEUR : LA MANIPULATION PERMANENTE

Dans l’interview, TOUADERA martèle que « le pays a retrouvé la paix », tout en répétant qu’il faut « consolider la sécurité » et que la situation reste « fragile », justifiant ainsi son maintien au pouvoir comme condition de la stabilité. Ce double discours est une contradiction structurante : soit la paix est réellement revenue depuis plusieurs années, soit le pays demeure en péril permanent ; dans les deux cas, TOUADERA s’en sert comme levier de chantage politique en se présentant comme l’unique rempart contre le chaos.

 

En réalité, cela fait au moins sept ans que le pays connaît une amélioration relative de la situation militaire sur de larges portions du territoire, sans pour autant que le régime n’ait transformé ce répit en développement concret, en renforcement durable de l’État de droit ou en amélioration de la vie quotidienne. Plutôt que d’assumer ses échecs – routes délabrées, électricité et eau potable, insuffisantes ou inexistantes, services publics exsangues – il recycle le narratif de la peur : « il faut continuer à sécuriser », « la paix est fragile », « il faut consolider », afin d’expliquer qu’en dehors de lui et de ses alliés russes, c’est le retour à la guerre.

 

WAGNER, “INSTRUCTEURS RUSSES” OU MACHINE DE TERREUR ?

Tout au long de l’interview, TOUADERA s’efforce de maquiller les mercenaires de Wagner en simples « instructeurs russes », « alliés » ayant permis le « retour de la paix » et la montée en puissance des forces armées centrafricaines. Il parle de formation, de professionnalisation, de sacrifice d’hommes russes morts sur le sol centrafricain, tout en passant sous silence la réalité documentée : exécutions sommaires, tortures, disparitions forcées, violences contre les civils, et capture d’une partie substantielle des ressources minières et des circuits économiques par Wagner et ses sociétés écrans.

 

Plusieurs enquêtes détaillées montrent que Wagner opère comme une machine de guerre et de prédation, intégrée à la chaîne de commandement militaire, s’immisçant dans les douanes, la police, la gendarmerie, les services de renseignement et les secteurs minier et forestier, au point que la République centrafricaine est devenue un « laboratoire de la terreur » et de la mainmise russe. Derrière la rhétorique de la « souveraineté » affichée par TOUADERA, c’est précisément l’inverse qui se produit : une dépendance extrême envers un groupe de mercenaires étrangers qui dicte les termes sécuritaires, économiques et politiques au sommet de l’État, en échange de concessions minières, forestières, de marchés et d’impunité totale.

 

SOUVERAINETE CONFISQUEE ET PROPAGANDE ANTI-OCCIDENTALE

TOUADERA se présente comme le défenseur jaloux de la « souveraineté » nationale, prétend ouvrir le pays « à tous les partenaires » tout en donnant à la Russie un statut de protecteur privilégié, politique, militaire, économique, énergétique et même IDEOLOGIQUE. Il accuse les médias internationaux de « désinformation » et fustige les critiques occidentales, sans jamais répondre au fond : la dérive autoritaire, la révision constitutionnelle sur mesure, la répression de la société civile, la criminalisation de l’opposition et le rôle central de Wagner dans la répression.

 

Dans cette interview, RT ne joue pas le rôle d’un média, mais d’un relais de la narrative POUTINE–TOUADERA : délégitimer la Cour pénale internationale, promouvoir des « institutions souveraines » en réalité soumises au pouvoir exécutif, réduire toute critique à une manœuvre occidentale, présenter la Russie comme seule alliée sincère de l’Afrique. Loin de défendre une souveraineté populaire, TOUADERA défend en réalité une souveraineté personnelle, fusionnée à son clan et à ses parrains russes, contre les Centrafricains eux-mêmes qui aspirent à un État de droit, à une justice indépendante et à des élections libres.

 

DEVELOPPEMENT, INFRASTRUCTURES, PND : PROMESSES RECYCLEES, BILAN VIDE

Lorsqu’il parle de sa « vision » de développement, TOUADERA aligne les slogans : routes, électricité, capital humain, PND 2024–2028, corridors, projet de chemin de fer vers Kribi, électrification des villes, reconstruction des écoles et centres de santé. Mais rien, dans les dix années écoulées, ne corrobore cette image de bâtisseur : le pays reste quasi enclavé, les axes routiers structurants sont en mauvais état, l’accès à l’électricité demeure extrêmement faible, et l’État peine à assurer les services de base.

 

Le fameux Plan national de développement, présenté comme « participatif » et colonne vertébrale de son projet de société, sert surtout de vitrine technique pour les bailleurs alors que le pouvoir a déjà démontré sa capacité à piétiner la Constitution de 2016, la séparation des pouvoirs et les garde-fous institutionnels pour prolonger son règne. Même le récit sur l’avenir – tourisme, mines, agriculture, jeunesse formée – sonne creux après deux mandats de stagnation et de promesses non tenues ; le discours est celui d’un candidat fraîchement élu alors qu’il est en poste depuis une décennie, ce qui révèle une fuite en avant communicationnelle.

 

MEDIAS, RT ET FABRICATION D’UN RECIT ALTERNATIF

RT, chaîne alignée sur le Kremlin, n’est pas un acteur neutre dans cette séquence : elle construit un récit dans lequel TOUADERA apparaît comme le chef visionnaire qui a « évité la guerre civile » grâce à la Russie, victime d’une « campagne de désinformation » occidentale, incompris par les médias traditionnels. Le journaliste multiplie les questions complaisantes, pousse dans le sens d’une remise en cause de la Cour pénale internationale, insiste sur le « succès » du modèle russo-centrafricain et invite le président à dérouler sa propagande sans aucune contradiction.

 

Le résultat est une fiction politique : un dirigeant prétendument plébiscité, un pays prétendument pacifié, une coopération russe prétendument désintéressée, une opposition réduite à des « manipulateurs » soutenus de l’extérieur. Ce récit se fracasse pourtant sur les enquêtes déjà publiées, les témoignages de victimes, les rapports documentant la brutalité de Wagner, la prédation sur les mines et l’extension d’un système de peur et de rackets du PK5 aux zones minières les plus reculées.

 

ENFIN,  ROMPRE AVEC LA PEUR, NOMMER LES RESPONSABILITES

 

Cette interview n’est pas un programme politique, c’est un symptôme : celui d’un régime qui a perdu toute légitimité démocratique et qui cherche, par la propagande et l’appui de Wagner et de Moscou, à imposer une image de stabilité qu’aucun fait sérieux ne confirme. En minimisant ou en taisant les exactions du groupe Wagner, en réduisant les mercenaires à de simples « instructeurs russes », TOUADERA participe directement à la normalisation d’un appareil de terreur qui tue, torture, rackette et pille au nom de sa survie politique.

 

Le peuple centrafricain n’a pas besoin de nouveaux contes sur la « paix à consolider », mais d’un État réellement souverain, d’institutions indépendantes, d’une armée nationale au service de la population, d’élections crédibles et de partenaires internationaux qui respectent sa dignité plutôt que d’exploiter sa fragilité. Rompre avec la manipulation de la peur et nommer clairement le rôle du groupe Wagner – non pas comme des « instructeurs », mais comme un bras armé de prédation et de répression – est une condition pour que la Centrafrique sorte enfin du statut de protectorat officieux de Moscou et retrouve le chemin d’une vraie souveraineté populaire.

 

 

Article proposé par A T BENGUEWE DAMARAS

 

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