Touadéra, le BRDC n’a pas demandé ton autorisation pour sa marche du 4 avril

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le torchon brûle entre le pouvoir et l’opposition en République centrafricaine. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), décidé à marcher le 4 avril, défie ouvertement Touadéra, qui interdit les manifestations sous prétexte de sécurité, tandis que ses partisans défilent librement.
Car oui, depuis 9 ans, en RCA, les règles ne s’appliquent pas à tous de la même manière. Quand il s’agit de soutenir le président Faustin-Archange Touadéra et son projet de troisième mandat, les marches se multiplient sans problème partout dans le pays. Des billets de 500 ou 1000 francs CFA circulent, disent les habitants, pour convaincre les plus démunis de défiler sous les couleurs du pouvoir. Ces manifestations, souvent présentées comme un élan populaire, passent entre les mailles du filet sécuritaire sans problème. Mais dès que l’opposition ou la société civile veulent faire entendre leur voix – pour dénoncer l’absence d’eau potable, les coupures d’électricité, la misère sociale ou cette réforme constitutionnelle qui ouvre la voie à un règne sans fin, la porte se ferme. “Quelle est cette histoire ?”, s’indignent les Centrafricains. Une histoire qui sent la dictature, un modèle qui rappelle les pires heures de la Corée du Nord, loin des idéaux d’un pays libre.
Ce 25 mars 2025, Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du BRDC, a jeté un pavé dans la mare en publiant sur X une photo du courrier officiel du ministère de l’Intérieur, daté du 24 mars, qui rejette leur demande de marche. Le document, signé par Michel Nicaise Nassin, invoque un arrêté de juillet 2022 interdisant toute manifestation publique pour raisons sécuritaires, avec une menace claire : “Toute personne qui enfreint cette instruction s’exposera à des poursuites judiciaires”. Dans son tweet, Mboli-Goumba laisse entendre que ce “morceau de papier” ne les arrêtera pas, un signe que le BRDC compte bien maintenir sa marche, autorisation ou pas.
Pourtant, partout ailleurs en Afrique, les peuples descendent dans la rue pour crier leur ras-le-bol, et les oppositions ont leur mot à dire, même dans des contextes tendus. Au Sénégal, au Kenya, au Nigeria, les marches font partie du jeu démocratique, parfois réprimées, mais rarement interdites d’office. Pourquoi alors, en RCA, ce droit élémentaire est-il refusé ? Depuis des années, l’opposition et la société civile voient leurs initiatives étouffées sous prétexte de sécurité, tandis que le camp présidentiel fanfaronne sans gêne avec leurs multiples marches payantes. Cette injustice crève les yeux : un gouvernement qui paie pour remplir ses cortèges ne peut pas prétendre défendre l’ordre public quand il s’agit d’écouter les vrais cris du peuple.
Et quel peuple ! Plus de 60 ans après la mort de Barthélemy Boganda, le père de l’indépendance, qui a donné sa vie pour que la RCA soit un pays libre et uni, la nation sombre dans une spirale autoritaire. L’arrivée des mercenaires russes du groupe Wagner, alliés du régime, ajoute une couche de honte : une souveraineté vendue à des étrangers pour mater ceux qui osent encore parler. Les mines d’or passent dans des mains lointaines, pendant que les Centrafricains manquent d’électricité et d’eau. “On ne peut pas revenir en arrière comme ça”, s’insurge une voix anonyme dans la foule. Pourtant, c’est bien ce qui se passe.
La réponse du ministère, relayée par le tweet de Mboli-Goumba, sonne comme une mauvaise blague. La sécurité, toujours la sécurité. Mais qui menace vraiment la paix ? Pas ceux qui veulent marcher sans armes, sans violence, pour rappeler au pouvoir qu’il doit servir, pas asservir. Non, le danger vient d’un système qui préfère acheter des soutiens plutôt que d’affronter les vraies questions. Le troisième mandat de Touadéra, validé par un référendum contesté en 2023, plane comme une épée au-dessus de la démocratie centrafricaine. Et pendant ce temps, l’opposition, la société civile, les citoyens ordinaires sont réduits au silence.
Ça ne peut pas continuer ainsi. La RCA n’est pas faite pour être une prison à ciel ouvert, où seule la parole du pouvoir a droit de cité. Si cette dérive persiste, c’est la mort d’un rêve, celui d’un pays où chacun peut parler, où les pauvres ne sont pas payés pour jouer les figurants, où la liberté n’est pas un luxe réservé à quelques-uns. Les Centrafricains méritent mieux que ça. Ils méritent qu’on les écoute, pas qu’on les écrase. Alors, jusqu’à quand cette histoire absurde durera-t-elle ? Avec le BRDC prêt à braver l’interdit, le peuple, lui, n’a pas dit son dernier mot….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)

