Bangui, République centrafricaine, mardi, 21 septembre 2021, 02:55:28 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Alors que les relations entre la France et la centrafrique n’ont cessé de se tendre ces dernières années, Monsieur Sylvain Itté, Ambassadeur pour la diplomatie publique française a séjourné pendant cinq jours à Bangui afin de renforcer les relations de confiance avec le pays.

Lors de sa visite, l’ambassadeur est allé à la rencontre des politiques, des représentants de la société civile, des humanitaires et des acteurs médiatiques. Une réunion avec des journalistes locaux s’est également tenue au sein de la résidence de l’ambassadeur de France à Bangui. Au cours de celle-ci, monsieur Itté a indiqué s’être rendu à la capitale centrafricaine pour mieux appréhender les opérations de déstabilisation visant la France depuis plusieurs mois. Son objectif était, comme il l’a annoncé, de voir dans quelle mesure il était possible de « recréer un dialogue franc avec les autorités centrafricaines ». Il craint, sans doute, que les agissements malsains et campagnes de dénigrement ne creusent un fossé entre les deux pays, au point de faire disparaitre le lien historique qui les unit.
Largement visée par les campagnes anti-françaises téléguidées par la Russie, la France avait annoncé le 7 juin dernier qu’elle interrompait son aide budgétaire à la Centrafrique. Le Ministère des Affaires Etrangères français a toutefois précisé que cette aide budgétaire, qui avoisine les 10 millions d’euros (6.5 milliards de francs CFA), n’était pas suspendue dans sa globalité. En effet, les projets bénéficiant directement à la population centrafricaine et l’aide humanitaire, qui représentent plus de 6 millions d’euros (soit près de 400 millions de francs CFA), sont maintenus.
Afin de consolider ce partenariat historique entre les deux pays, par cette visite Monsieur Itté a défendu l’établissement de bases nouvelles et d’une approche partenariale, qui se veut être plus moderne. Par ailleurs, l’ambassadeur de France à Bangui, Jean Marc Grosgurin, présent à cette conférence de presse a mis l’accent sur ces changements : « Le centre de ce partenariat, selon les aspirations du président Macron, est l’appui à la jeunesse, la société civile, la santé et l’éducation. En bref, tous les projets de coopération qui ciblent directement la population ne sont pas suspendus. »
En outre, l’Agence Française de Développement (AFD) continue d’œuvrer dans ce sens en Centrafrique malgré les tensions politiques. Pour rappel, cette dernière a investi près de 60 milliards de francs CFA entre 2008 et 2016 et financé une quarantaine de projets. Pour exemple, l’un de ses principaux projets est le PRESU (projet de reconstruction économique et social en milieu urbain) qui consiste à venir en aide des populations du 3e et 5e arrondissement. Elle rénove ainsi le lycée Miskine et construit son extension, elle rénove également l’école Yakité, érige une maison de la femme, réhabilite l’avenue Idriss Deby ITNO et reconstruit un centre de santé entre autres.
Colossal et silencieux, le PRESU resté à l’ombre des projecteurs, en fait le projet de développement urbain le plus complet de la ville de Bangui sur la dernière décennie.
De ce fait, il est clair que les liens entre les deux pays, malgré certaines tensions, ont su rester très étroits et que la France n’entend pas laisser tomber les Centrafricains.
Par Adama Bria
Journaliste rédacteur
Alain Nzilo
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