Ouanda-Djallé : braquage spectaculaire des ouvriers des travaux routiers sur l’axe Sam-Ouandja par des bandits soudanais

Rédigé le 25 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Des travailleurs recrutés pour réparer manuellement la route entre Ouanda-Djallé et Sam Ouandja (environ 80 km de distance, à cheval entre la Vakaga et la Haute-Kotto). Ces jeunes reçoivent des équipements basiques, dont des chaussures en plastique (des bottes ou sandales en caoutchouc). Mais un commando des braqueurs, venus directement du Soudan, ont fait irruption sur le chantier et ont littéralement braqué ces travailleurs, et ce, à cause d’un seul objet : les chaussures plastiques.
En effet, la semaine dernière, un groupe d’hommes armés, identifiés par les victimes comme des bandits soudanais, a fait irruption sur le site de ces travaux routiers, à une trentaine de kilomètres de Ouanda-Djallé. Ils ont encerclé les ouvriers, pris uniquement ces chaussures en plastique, et sont repartis sans toucher au reste. Pas de blessés graves signalés, pas de vol d’argent ni d’outils, juste les chaussures.
Pourquoi ces chaussures en plastique intéressent autant ?
Dans cette zone frontalière avec le Soudan et le Tchad, les serpents et les scorpions sont nombreux. Les chaussures en caoutchouc protègent bien contre les piqûres quand on marche dans les herbes hautes ou la brousse.
Beaucoup d’éleveurs mbororos (peuls nomades) les utilisent régulièrement pour se déplacer en forêt. Même en ville ou dans les villages, les gens les apprécient pour la même raison de protection. C’est donc un objet utile et recherché dans la région, surtout quand on n’a pas les moyens d’acheter mieux.
Les braqueurs savaient visiblement que les ouvriers venaient de recevoir ces chaussures. Comment ? On l’ignore pour l’instant : informateur sur place, observation préalable, ou simple rumeur ? Les victimes ont pu donner des détails sur l’origine soudanaise des assaillants, ce qui laisse penser qu’ils ont pu traverser la frontière pour cette opération précise.
C’est un braquage très particulier, presque inattendu : venir risquer une incursion juste pour des chaussures en plastique. Mais dans ce coin où la vie est rude et où la protection contre les animaux venimeux compte beaucoup, ça s’explique.
L’incident montre à quel point les besoins de base et les objets du quotidien peuvent devenir une cible dans ces zones reculées. Les autorités locales et les équipes sur le terrain vont sûrement renforcer la surveillance des chantiers maintenant.
Par Serge Binguimalé
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