« Nous sommes sous-peuplés » : Touadéra avoue l’échec total de son règne et supplie la diaspora de venir repeupler son désert humain en Centrafrique

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Moscou, au début mars 2026, Faustin-Archange Touadéra a lâché devant sa diaspora le mot qui tue : sous-peuplés. Après dix ans à la tête d’un pays qui se vide comme un tonneau percé, il ose pointer du doigt le manque d’habitants comme principale cause du sous-développement. Pas les pillages, pas les mercenaires qui font la loi, pas les routes absentes, pas les milliards envolés. Non. Le vide humain. Et sa solution ? Rentrez, les gars, venez faire des gosses ici pour remplir le vide que j’ai creusé moi-même.

 

Faustin-Archange Touadéra a tenu, à Moscou, le discours le plus pathétique de sa carrière. Devant des Centrafricains installés en Russie – étudiants, officiers, travailleurs qui ont fui l’enfer bangui –, il a sorti une phrase qui résume tout : « Nous sommes sous-peuplés. Et ce sous-peuplement est lui-même un facteur de sous-développement. »

« Nous sommes sous-peuplés » : Touadéra avoue l’échec total de son règne et supplie la diaspora de venir repeupler son désert humain en Centrafrique
Touadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en RussieTouadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en Russie

 

Sous-peuplés.

623 000 km² pour 6 millions d’âmes.

Un désert humain qu’il dirige depuis dix ans.

Et c’est la diaspora qu’il accuse d’avoir aggravé le problème en faisant des enfants ailleurs.

 

Il commence par l’injonction patriotique basique : « Il faut être vaillant. Il faut être fort. » Fort pour quoi ? Pour crever de faim dans un pays sans électricité stable ? Pour marcher des kilomètres parce qu’il n’y a pas de routes ? Pour risquer sa peau dans des zones où l’État n’existe plus ? Il enchaîne sur les bourses d’études : « Elles ont précisément pour objet votre retour au pays. Il faut un peu de patriotisme. » Patriotisme = retour obligatoire. Pas de contrat, pas de salaire garanti, pas de maison, pas de sécurité. Juste l’amour du pays comme carburant.

 

Puis il attaque les exilés qui s’enracinent ailleurs : « Quand on n’est pas patriote, on travaille à l’étranger, on vieillit là-bas, on s’y installe, on y fonde une famille. Les enfants grandissent dans ce pays d’accueil. Ils ne connaissent plus le pays d’origine. » Traduction : vous êtes des traîtres biologiques. Vos gosses nés en Russie ou ailleurs ne compteront pas pour la Centrafrique. La faute ? À vous. Pas à un président qui n’a rien construit pour que les familles restent.

 

Il répète que « nous, les patriotes, nous voulons que la Centrafrique avance ». Avance vers quoi ? Vers plus de vide ? Vers plus de dépendance russe ? Vers plus de mercenaires qui contrôlent les mines pendant que le peuple crève ? Le bilan est là : exode continu, cerveaux partis par milliers, population stagnante. Et lui trouve le culot de dire : « Beaucoup de cerveaux ont déjà fui le pays. […] Ceux qui sont partis s’emploient à les critiquer depuis l’étranger : il n’y a pas de routes, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas d’eau. Ils racontent n’importe quoi. »

 

N’importe quoi ?

Les routes inexistantes, c’est n’importe quoi ?

Les coupures d’électricité de plusieurs jours, c’est n’importe quoi ?

L’eau sale ou absente dans la plupart des quartiers, c’est n’importe quoi ?

Pour lui, oui. Ces vérités deviennent des mensonges quand elles sortent de la bouche des exilés.

 

Sa réponse aux indignés ? Une gifle monumentale : « Si ces réalités vous font mal, si elles vous indignent sincèrement, alors rentrez au pays. Venez travailler à les changer. Ce n’est pas en restant sur Internet à accuser les autres que vous ferez avancer les choses. » Rentrez. Changez tout. Seuls. Sans aide. Sans plan. Sans argent. Sans rien. Comme si un seul revenant pouvait reboucher les routes, relancer l’électricité, purifier l’eau, stopper la corruption et virer les groupes armés.

 

Il admet même la galère : « Certains se demandent où dormir, comment s’organiser. C’est la réalité de votre pays. On ne renie pas son pays. Il faut rentrer. Il faut changer le pays. » Il liste les misères – où dormir ? comment s’organiser ? – et termine par un appel vide. Rentrer pour dormir par terre ? Pour s’organiser dans le chaos ? Pour changer un pays que lui n’a pas changé en dix ans ?

 

Ce n’est plus un discours présidentiel. C’est une confession d’échec. Touadéra avoue que son règne a vidé le pays. Il avoue que les gens partent parce que rien ne va. Il avoue que l’État qu’il dirige ne retient personne. Et au lieu de s’excuser, il supplie : revenez repeupler mon désert. Venez souffrir ici pour compenser mon incompétence.

 

La diaspora a entendu le message cinq sur cinq : Bangui reste un tombeau ouvert, et le fossoyeur en chef s’appelle Touadéra.

 

Par Alain Nzilo

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