Népotisme et corruption : cas de Lionel Dounda et Héritier Doneng, l’injustice à deux vitesses

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Népotisme et corruption minent la RCA. Les destins opposés de l’ancien ministre Lionel Dounda, emprisonné, et celui du ministre Héritier Doneng, intouchable, exposent une justice criminelle au service du régime.
En République centrafricaine, la corruption et le népotisme semblent avoir atteint des sommets rarement égalés, au point de devenir un mode de gouvernance à part entière. Ce fléau, qui gangrène le pays depuis près de 10 ans, touche tous les secteurs, mais c’est dans le système judiciaire que son impact est le plus visible. À travers l’exemple de l’ancien ministre, Lionel Régis Dounda, et celui de son successeur, Héritier Doneng, on peut mesurer l’ampleur des inégalités face à la justice, où les affiliations politiques et la proximité avec le pouvoir dictent les sorts des uns et des autres.
Le cas de Lionel Régis Dounda : une condamnation contestée
Lionel Régis Dounda, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports sous le gouvernement de Firmin Ngrébada, est aujourd’hui derrière les barreaux. Arrêté en avril 2021, il a été condamné à dix ans de prison pour une affaire de détournement présumé de 65 millions de FCFA dans le cadre de la vente d’un terrain public à la société BOKOM. Pourtant, Dounda clame son innocence et pointe du doigt son ancien chargé de mission, Daniel Nzéwé, qu’il accuse d’avoir orchestré la malversation. Selon lui, Nzéwé aurait manipulé les documents et détourné les fonds, mais ce dernier n’a jamais été inquiété par la justice. Pire encore, les demandes répétées de Dounda pour une confrontation avec Nzéwé ou pour que ce dernier soit appelé à témoigner ont été ignorées.
Le dossier repose sur un rapport de l’Inspection générale d’État, mais ce document est largement contesté. Regis Lionel Dounda, membre du parti d’opposition MLPC (Mouvement pour la libération du peuple centrafricain), dénonce un rapport biaisé, servant des intérêts politiques. Son statut d’opposant semble avoir pesé lourd dans la balance. Malgré un appel déposé contre sa condamnation, la justice a refusé d’examiner sa requête, le laissant sans recours. Cette situation pousse à s’interroger : comment un ancien ministre peut-il être condamné à une si lourde peine sur des bases aussi farfelue s, tandis que d’autres, impliqués dans des scandales bien plus graves, échappent à toute sanction ?

Héritier Doneng : l’impunité au grand jour
À l’opposé, le cas d’Héritier Doneng, successeur de Dounda au ministère de la Jeunesse et des Sports, illustre une justice à deux vitesses. Héritier Doneng est au cœur d’un scandale autrement plus grave : une enquête de l’Assemblée nationale a révélé qu’il aurait participé activement au détournement d’environ 400 millions de FCFA destinés à la réfection du stades 20 000 places, ainsi que d’autres sommes importantes : 50 millions par-ci, 100 millions par-là. Ce rapport parlementaire, bien plus solide qu’un simple document administratif, a conduit l’Assemblée la semaine dernière à exiger son limogeage. Mais à ce jour, Héritier Doneng n’a pas été inquiété. Il reste libre, proche du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, et continue de bénéficier de la protection du pouvoir.
Les raisons de cette impunité sont claires. Héritier Doneng, chef de milice et fidèle du régime, aurait joué un rôle clé dans la consolidation du pouvoir de Touadéra, notamment par des actes violents, plus précisement des crimes massifs sur la population. Sa nomination au poste de ministre, malgré l’absence de qualifications ou de diplôme, apparaît comme une récompense pour services rendus. Une fois en poste, il aurait profité de sa position pour s’enrichir, sans jamais être freiné par la justice. Cette indulgence contraste cruellement avec la sévérité infligée à Regis Lionel Dounda, révélant un système où la loyauté au régime prime sur l’intégrité.
La corruption en RCA : un mal sans baromètre ?
Il fut un temps où des baromètres internationaux, comme l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, dévoilait les niveaux de corruption dans des pays comme le Nigeria ou le Cameroun, souvent cités parmi les plus corrompus au monde. Ces deux pays voisins dominaient les classements dans les années 2000, avant de progressivement disparaître des radars grâce à des réformes, ou du moins une meilleure gestion de leur image. Mais qu’en est-il de la RCA ? Bien que le pays soit aujourd’hui perçu comme l’un des plus corrompus au monde, aucun baromètre récent ne semble le confirmer officiellement. Selon l’IPC 2023, la RCA se classe 154e sur 180 pays avec un score de 24/100, loin derrière le Nigeria (145e, score 25) et le Cameroun (144e, score 27). Mais ces chiffres, bien qu’alarmants, ne reflètent pas pleinement l’ampleur du problème.
En RCA, la corruption ne se limite pas à des détournements isolés. Elle est systémique, enracinée dans un népotisme qui favorise les proches du pouvoir et protège les fidèles du régime. Les institutions censées lutter contre ce fléau, comme l’Inspection générale d’État ou le système judiciaire, semblent elles-mêmes compromises. Les rapports biaisés, les enquêtes sélectives et l’absence de suites judiciaires pour les puissants en sont la preuve.
Une justice à deux vitesses
Le contraste entre les cas de Regis Lionel Dounda et Héritier Doneng résume l’état de la justice en RCA. D’un côté, un opposant politique condamné sur des preuves fragiles, privé de son droit à un procès équitable. De l’autre, un ministre proche du pouvoir, accusé de détournements massifs, mais libre de toute poursuite. Cette inégalité n’est pas seulement une question de justice ; elle reflète un système où le népotisme et la corruption dictent les règles du jeu….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
