La jeunesse centrafricaine en danger : l’échec des autorités face à la prolifération des débits de boissons

Le paysage urbain de Bangui se caractérise désormais par l’omniprésence de bars et débits de boissons à proximité immédiate des écoles. Ce qui devait rester une exception est devenu la norme, au mépris des réglementations en vigueur. Le parc du Cinquantenaire, autrefois lieu de détente familiale, illustre parfaitement cette dérive qui met en danger la jeunesse centrafricaine.
“J’ai 16 ans et j’ai fini l’examen. Je suis venu me détendre avec mes amis, c’est tout”, déclare Serena, une lycéenne rencontrée sur place. Son témoignage révèle une banalisation inquiétante de la fréquentation de ces lieux par les mineurs.
Les conséquences de cette situation sont multiples et graves. La consommation d’alcool et de substances illicites par les élèves augmente de façon exponentielle. Les cas de violence et de délinquance juvénile se multiplient. Plus alarmant encore, des témoignages font état de viols sur des jeunes filles en état d’ébriété.
L’inaction des autorités face à la corruption qui menace la jeunesse centrafricaine.
Comment expliquer une telle dérive malgré les directives présidentielles ? Pour Chris O’Gone Menehoul, observateur politique, la réponse est sans appel : “C’est la corruption. Ces gens qui ouvrent des établissements soudoient ceux qui sont censés faire appliquer les textes.”
Cette accusation dévoile les carences du système de contrôle et d’application des lois. Les autorités locales, au premier rang desquelles la mairie de Bangui, semblent dépassées par l’ampleur du phénomène. “La mairie de Bangui a cette responsabilité, effectivement, de pouvoir assurer la police administrative au niveau de ces sites”, rappelle Emery Ela, ministre conseiller du président Touadera.
L’absence d’espaces de loisirs adaptés pour la jeunesse centrafricaine aggrave le problème. “Nous n’avons pas assez d’espace pour pouvoir loger nos opérateurs économiques”, reconnaît M. Ela. Cette carence pousse de nombreux jeunes vers les seuls lieux de socialisation disponibles : les bars et débits de boissons.
Un enjeu pour l’avenir de la jeunesse centrafricaine et du pays.
Au-delà du drame humain immédiat, c’est l’avenir même de la République centrafricaine qui est en jeu. “Si l’État ne prend pas ses responsabilités, c’est l’avenir de notre pays qui est en danger”, alerte un jeune témoin interrogé au parc du Cinquantenaire.
Antoinette Montaigne, ancienne ministre, partage cette inquiétude : “Cette corruption de la jeunesse doit être arrêtée coûte que coûte et la corruption de l’administration sur le secteur de la jeunesse doit être arrêtée aussi coûte que coûte.” Elle plaide pour la création urgente d’une “brigade de protection des mineurs” dotée de moyens conséquents.
Des solutions concrètes pour sauver la jeunesse centrafricaine.
Face à l’urgence de la situation, plusieurs pistes d’action se dégagent :
- Renforcement du cadre légal : Une révision des textes existants s’impose pour durcir les sanctions contre les établissements en infraction et les fonctionnaires complices.
- Création d’une brigade spécialisée : La mise en place d’une unité dédiée à la protection des mineurs, comme le suggère Mme Montaigne, permettrait une action plus efficace sur le terrain.
- Réappropriation des espaces publics : La transformation du parc du Cinquantenaire en véritable lieu de loisirs familiaux et éducatifs enverrait un signal fort à la jeunesse centrafricaine.
- Campagne de sensibilisation : Une vaste opération d’information auprès des parents et des jeunes sur les dangers de ces pratiques est indispensable.
- Développement d’alternatives : La création d’espaces de loisirs et de socialisation adaptés aux jeunes doit devenir une priorité des autorités locales.
L’implication de tous les acteurs est décisive pour la réussite de ces mesures. “Chacun doit connaître sa place dans notre société. Je ne dirais pas que tout doit se reposer sur l’État, même s’il a un rôle important à jouer”, souligne M. Menehoul.
La mise en œuvre rapide et coordonnée de ces solutions est désormais une nécessité absolue. L’avenir de toute une génération, et par extension celui de la République centrafricaine, en dépend. Les autorités doivent prendre la pleine mesure de leurs responsabilités et agir sans délai pour enrayer ce fléau qui menace les fondements mêmes de la société centrafricaine et l’avenir de sa jeunesse.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)