Jean-François Akandji-Kombé : “Wagner est le mal total pour la Centrafrique”

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Jean-François Akandji-Kombé : “Wagner est le mal total pour la Centrafrique”

 

Jean-François Akandji-Kombé : “Wagner est le mal total pour la Centrafrique”
Les mercenaires russes du groupe Wagner . CopyrightDR

 

Rédigé le 27 novembre 2025 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Jean-François Akandji-Kombé, professeur de droit et membre du BRDC, a livré une analyse sans concession de la présence du groupe Wagner en République centrafricaine. Pour lui, cette milice privée russe constitue “le mal total” pour le pays.

 

Jean-François Akandji-Kombé  commence par clarifier sa position : “Wagner est un mal pour notre pays. Je dirais même plus loin, c’est le mal total». Il explique pourquoi cette présence est inacceptable : “Nous sommes un État. La République Centrafricaine est un État souverain, un État indépendant. Et Wagner, c’est une compagnie privée. C’est une milice privée qui a fait l’objet d’un recrutement certes, mais une milice privée qui a des appétits d’ogre».

 

 

Cette qualification de “milice privée aux appétits d’ogre” n’est pas une figure de style. Le professeur Jean-François Akandji-Kombé  décrit Wagner comme “une sorte de monstre qui a jeté ses tentacules sur la République Centrafricaine et qui aspire tout. Il aspire la politique. Aujourd’hui, il n’y a pas d’espace politique dans notre pays, grâce ou par la faute de Wagner».

 

L’emprise de Wagner dépasse le domaine politique. Jean-François Akandji-Kombé  énumère : “Ils ont préempté la politique. Ils ont préempté l’économie. Ils ont préempté la sécurité». Cette occupation totale de tous les leviers de l’État transforme la Centrafrique en territoire sous contrôle étranger.

 

Sur le plan politique, le professeur Jean-François Akandji-Kombé  dénonce : “Nous sommes le pays aujourd’hui où il y a la transposition des lois liberticides de Russie jusqu’à la loi sur les agents de l’étranger pour museler la société, pour museler l’opinion publique, museler la parole politique».

 

Concernant la sécurité, Jean-François Akandji-Kombé  rejette l’idée que Wagner aurait apporté la paix : “Les Wagner sont arrivés à Bangui et se sont étendus sur la totalité de notre territoire. Est-ce à dire que la sécurité est revenue ? Non. Ils sont venus prendre la place des groupes armés pour piller le pays, pour continuer la prédation du pays».

 

Le professeur Jean-François Akandji-Kombé  décrit la situation des Centrafricains dans les zones contrôlées par Wagner : “Aujourd’hui, quelle est le sort des Centrafricains dans toutes les régions où il y a des exploitations, où il y a la présence massive des Wagner ? Les Centrafricains sont aujourd’hui réduits à l’esclavage».

 

Cette comparaison avec l’esclavage n’est pas excessive selon lui : “Il faut que chacun se souvienne de ce qu’a été la colonisation en République Centrafricaine avec des sociétés concessionnaires qui avaient droit de vie ou de mort sur les populations. C’est aujourd’hui la situation de nos compatriotes qui sont dans les provinces».

 

Jean-François Akandji-Kombé  attire l’attention sur un projet en cours : “Aujourd’hui, dans tout l’est du pays, il y a un plan des Wagner auquel participe le président Touadéra avec en partie également les troupes du Rwanda, qui est un projet de dépossession des gens de cette terre-là pour la récupérer pour des intérêts économiques».

 

Le professeur Jean-François Akandji-Kombé  précise la nature de cette opération : “Il y a une guerre sourde aujourd’hui qui se déroule. Ce n’est pas une guerre qui est apportée de l’extérieur et contre laquelle se battraient des Wagner. C’est une guerre qui est apportée par des Wagner sur des Centrafricains pour prendre possession de leur terre au prix de la mort».

 

Cette mainmise de Wagner s’étend jusqu’aux forces armées nationales. Akandji-Kombé s’insurge : “Nous sommes dans un pays où ce sont des milices sans foi ni loi qui donnent des ordres à une armée nationale. Notre armée nationale est sous les ordres des Wagner. Il faut manquer de dignité, de sens de l’État pour accepter que ce qui représente notre sécurité en tant que nation dépende d’un groupuscule d’hommes sans foi ni loi qui ne se caractérisent que par les crimes qu’ils ont commis à travers le monde».

 

Le professeur Jean-François Akandji-Kombé  souligne le paradoxe de Wagner : “Prigojine est devenu un homme considéré comme un mal dans son propre pays. Et c’est ça que nous avons. Et c’est de ça que nos gouvernants se vantent».

 

Jean-François Akandji-Kombé accuse directement les dirigeants centrafricains : “Malheureusement, nous avons à la tête de notre pays des compatriotes qui ont décidé non seulement de prendre en otage le pays, mais qui ont décidé qu’ils ne connaissent qu’une seule manière de réagir par rapport aux Centrafricains, c’est de passer en force».

 

La situation actuelle rappelle selon lui les pires moments de l’histoire coloniale : “Ce que les Centrafricains vivent aujourd’hui est un retour au temps de la colonisation, au pire moment même de la colonisation, sous la férule des sociétés concessionnaires qui aujourd’hui sont les compagnies Wagner. Aucun pays, aucun Africain ne peut tolérer cela pour ses propres compatriotes».

 

Le professeur Jean-François Akandji-Kombé  conclut par un appel : “Le défi pour nous, c’est de reprendre notre destin en main. Tourner la page, reprendre notre destin».

 

L’analyse d’Akandji-Kombé dresse le portrait d’un pays occupé où une milice privée étrangère contrôle la politique, l’économie, la sécurité et même l’armée nationale. Cette occupation transforme les Centrafricains en esclaves sur leur propre terre pendant que leurs dirigeants se vantent de cette situation.

 

La présence de Wagner ne constitue pas selon lui une aide sécuritaire mais un changement d’occupant : les groupes armés centrafricains ont été remplacés par une milice russe qui poursuit la même prédation avec des moyens supérieurs.

 

Le projet de dépossession des terres dans l’est du pays, mené avec la complicité du président Touadéra et des forces rwandaises, montre que Wagner ne se contente pas d’exploiter les ressources minières. La milice russe vise une appropriation territoriale qui passe par le déplacement des populations locales.

 

Cette guerre contre les Centrafricains pour contrôler leurs terres rappelle les heures les plus sombres de la colonisation où les sociétés concessionnaires disposaient d’un droit de vie et de mort sur les populations. Wagner reproduit ce modèle colonial avec l’aval du gouvernement centrafricain.

 

La soumission de l’armée nationale aux ordres de Wagner constitue pour Akandji-Kombé l’humiliation suprême. Un État souverain dont l’armée obéit à une milice privée étrangère n’est plus un État mais un territoire occupé.

 

L’analyse du professeur Akandji-Kombé démontre que Wagner ne représente pas une solution aux problèmes centrafricains mais leur aggravation. Le pays a troqué l’instabilité des groupes armés contre l’occupation d’une milice russe prédatrice qui transforme les citoyens en esclaves et confisque leur terre avec la bénédiction de leurs propres dirigeants.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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