Faustin Zaméto demande un débat national sur l’hymne centrafricain

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Faustin Zaméto, sociologue et analyste politique, appelle à un débat national sur l’hymne centrafricain « La Renaissance », également appelé « E Zingo ». Il souhaite une réflexion sur son histoire, ses paroles et sa place dans la société centrafricaine.

 

Des interrogations sur l’histoire de l’hymne

 

Adopté en mille neuf cent soixante et inscrit dans la Constitution, l’hymne est attribué à Barthélemy Boganda pour les paroles et au compositeur français Herbert Pepper pour la musique.

 

Faustin Zaméto demande un débat national sur l’hymne centrafricain
Faustin Zameto

 

Faustin Zaméto s’interroge sur le choix d’une composition musicale française pour accompagner l’indépendance de la République centrafricaine. Il demande aussi que le manuscrit original des paroles attribuées à Boganda soit rendu public, s’il existe dans les archives nationales ou à Nantes.

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Il rapporte également une tradition orale selon laquelle certaines paroles auraient été modifiées avant l’indépendance. Il précise que cette version reste à établir.

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La référence aux Bantous au centre du débat

 

Faustin Zaméto conteste la place de l’expression « berceau des Bantous » dans le premier vers de l’hymne.

 

Il estime que cette formulation ne permet pas à toutes les communautés centrafricaines de se reconnaître dans le symbole national. Il cite notamment les Gbaya, Banda, Mandja, Sara, Runga, Goula et Yakoma.

 

Le sociologue affirme avoir recueilli des témoignages d’élèves à Ndélé et Bria entre deux mille dix-huit et deux mille vingt-deux. Selon lui, certains élèves lui ont demandé pourquoi ils chantaient cette expression alors qu’ils ne se considéraient pas comme bantous.

 

Des différences entre le français et le sango

 

Faustin Zaméto relève aussi des différences entre les versions française et sango. Selon lui, la version sango constitue une adaptation du texte français plutôt qu’une traduction strictement identique.

 

Il estime que le français est davantage utilisé dans certaines écoles et cérémonies officielles à Bangui. Le sango serait davantage présent dans les cérémonies populaires.

 

Il revient aussi sur la formule « Dans le travail, l’ordre et la dignité ». Selon lui, cette expression a reçu différentes interprétations au cours des différents régimes politiques.

 

Un hymne moins chanté depuis la crise de deux mille treize

 

Faustin Zaméto affirme que l’hymne est moins chanté dans une grande partie du pays depuis la crise de deux mille treize.

 

Il relie cette situation à la présence de groupes armés et à l’écart entre certaines paroles de l’hymne et les réalités vécues par une partie de la population.

 

Il estime aussi que les femmes et les jeunes sont peu présents dans le texte. Il rappelle que des collectifs de femmes proposent depuis deux mille dix-neuf l’ajout d’un couplet faisant référence aux mères.

 

Trois propositions pour ouvrir le débat

 

Faustin Zaméto ne demande pas le remplacement de l’hymne national. Il propose une réflexion sur son interprétation et son utilisation.

 

Il demande au président de la République et au gouvernement d’organiser des États généraux sur les symboles nationaux. Il propose des consultations dans les dix arrondissements de Bangui et les vingt préfectures.

 

Il invite également les députés à adopter une loi d’interprétation. Cette loi pourrait notamment préciser le sens donné au terme « Bantous » dans la vision panafricaine de Barthélemy Boganda.

 

Faustin Zaméto propose enfin que la version sango soit chantée avant la version française lors des cérémonies officielles. Il suggère aussi l’ajout d’un troisième couplet consacré à la réconciliation et mentionnant plusieurs communautés centrafricaines.

 

Il appelle la société civile, les intellectuels, les religieux, les paysans et les hommes d’affaires à participer à cette réflexion sur les symboles nationaux. Actions disponibles

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine