Décès d’un sergent des FACA, sa famille dénonce le népotisme au sein de l’État major de l’armée

Publié le 12 avril 2022 , 8:10
Mis à jour le: 11 avril 2022 5:41

Rédigé par Prisca VICKOS

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le lundi 11 avril 2022

 

Bangui (CNC) – Rien ne va plus au sein de l’armée nationale centrafricaine. Des observateurs militaires ont malheureusement  constaté depuis plus d’une année  de  sérieuses disparités  qui constituent non seulement  un risque énorme pour la stabilité du pays, mais aussi un fort sentiment d’injustice et la frustration de  nombreux soldats.

 

Le Chef d'état major des armées, le général Zéphyrin Mamadou copyright CNC du 1er décembre 2020
Le Chef d’état major des armées, le général Zéphyrin Mamadou, ici le 01 décembre 2020. Photo CNC / Cyrille Jefferson Yapendé

 

Le clanisme au sein de l’armée

 

Le débat sur le caractère clanique de l’armée nationale centrafricaine ne date pas d’aujourd’hui, mais il s’est malheureusement accentué  ce dernier temps. Depuis plus de 12 mois, plus précisément après la tentative de prise de la capitale Bangui par des rebelles de la coalition des patriotes pour le changement (CPC), on assiste malheureusement à une réorganisation des forces armées centrafricaines (FACA) sur des bases ethniques et raciales.

Le cerceuil du défunt Rekoisse dans le pick-up loué par sa famille
Le cerceuil du défunt Rekoisse dans le pick-up loué par sa famille. CopyrightCNC

 

Des Gbayas discriminés

 

Ainsi, les Gbayas, considérés à tort ou à raison comme des proches de l’ancien Président François Bozizé, actuel chef de la rébellion CPC, sont systématiquement devenus des cibles de discrimination sans précédent.  Même après la mort d’un soldat, l’État major continue de le traiter en fonction de son ethnie ou région. C’est ainsi que la mort du sergent-chef RÉKOISSÉ Marius il y a dix jours a  suscité de nombreuses réactions non seulement au sein de l’armée nationale, mais également au sein de sa famille.

En effet, comme à l’accoutumée dans l’armée, après le décès d’un soldat,  l’État major fournit à la famille un cercueil et une assistance logistique qui pourrait aider la famille à enterrer dignement le regretté.  Mais dans le cas du sergent-chef RÉKOISSÉ Marius , c’est une autre histoire. Malgré de multiples démarches de sa famille auprès de  l’État major, ce dernier refuse catégoriquement de leur porter assistance.  Ainsi, faute des moyens financiers, les parents ont décidé de transporter la dépouille avec un pousse-pousse pour amener au cimetière.

 

Arrivée du corps au cimetière escorté par ses classes d'armes
Arrivée du corps au cimetière escorté par ses classes d’armes. CopyrightCNC

 

Heureusement,  les collègues militaires du défunt étaient aussi présents. Ils ont décidé de cotiser  des petites sommes d’argent pour louer un pick-up et amener le défunt sur son dernier lieu.

Au sein de l’armée, nombreux sont ceux qui dénoncent l’attitude de l’état-major vis-à-vis du défunt RÉKOISSÉ Marius . Ces parents ont aussi dénoncé le népotisme et le clanisme qui règne depuis un an dans le pays.

Affaire à suivre…

Pick-up garé au cimetière en attente de ses passagers pour le retour
Pick-up garé au cimetière en attente de ses passagers pour le retour. CopyrightCNC

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La femme du défunt en blanc dans la cabine du pick-up accompagnont son époux à sa dernière demeure
La femme du défunt en blanc dans la cabine du pick-up accompagnont son époux à sa dernière demeure. CopyrightCNC

 

 

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