Centrafrique : Une radio privée de propagande politique peut-elle légitimement se substituer à la justice républicaine ?

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans les grandes démocraties à travers le monde, la radio publique ou privée joue un rôle essentiel et primordial car elle permet d’informer les citoyens, de favoriser le débat public ainsi que d’opposer des opinions contradictoires afin d’extirper la formule idoine pour contribuer efficacement au développement socio-économique du pays.
C’est dans cette optique qu’une nouvelle station radiophonique a été créée en bas des collines de Boyrabe et animée par un sbire du pouvoir à la fois ministre conseiller spécial du président de la République.
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En dehors de la propagande politique en faveur du pouvoir de Bangui et du relai de l’influence des paramilitaires russes de Wagner, cette radio a institué une émission qui se transforme en tribunal médiatique et qui s’arroge le pouvoir de juger les contentieux relevant de domaines divers et variés.
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L’unique animateur de cette radio qui est un polytechnicien formé en Europe de l’est s’improvise expert dans tout domaine.
Ainsi lors des émissions, il intimide, menace, influence avec son rang de ministre conseiller, humilie en direct ses invités, diffuse l’âge, les numéros de téléphone des mis en cause, drague des femmes ou pose des questions sur la sexualité des invités, des débordements de langage et parfois il remet en cause des documents ou décisions de justice.
Les affaires qui sont traitées en plusieurs jours voire des mois après enquêtes devant les tribunaux sont traités en moins d’une heure à l’antenne de cette radio sous le regard impuissant du Haut Conseil de Communication qui est l’organe régulateur des médias publics et privés en Centrafrique.
La Centrafrique se retrouve ainsi sans le vouloir en face d’un tribunal médiatique hybride qui traite des contentieux liés à tous les domaines du droit c’est-à-dire le contentieux pénal, foncier, commercial, administratif, social etc…
À ce stade de dérapages, il apparaît important de faire une dichotomie entre les deux notions c’est-à-dire la radio et la justice.
La justice républicaine se fonde sur plusieurs principes à savoir l’indépendance, l’equité, l’égalité, la présomption d’innocence, le principe du contradictoire, le respect du droit de la défense, le respect des libertés et droits fondamentaux ainsi que les respect des règles procédurales. Elle procède à l’examen des faits en diligentant une enquête de police si nécessaire et applique les règles préetablies avec une éventualité pour les parties de faire appel de la décision.
Tandis que la radio ne possède pas les prérogatives précitées.
Dans sa mission principale, la radio informe, commente ou critique les décisions, procède à des investigations, questionne le pouvoir sur la gestion de la chose publique, révèle des scandales politiques ou financiers etc…mais ne peut se substituer à une juridiction pour régler des contentieux.
Elle ne dispose d’aucun fondement constitutionnel pour exercer le pouvoir judiciaire.
La liberté d’expression reconnue aux médias ne peut empiéter sur le domaine réservé aux institutions judiciaires c’est-à-dire qu’un micro ne peut se transformer en tribunal.
Effrayé par le caractère horrifique de la problématique, le citoyen lambda s’interroge :
1- Une radio privée de propagande politique peut-elle s’arroger le droit de rendre la justice en lieu et place des tribunaux ?
2- En tenant compte de la diversité culturelle de notre société, l’animateur de cette radio a t-il les compétences juridiques nécessaires pour trancher des litiges fonciers aussi sensibles et complexes ?
3- En d’autres termes, cette radio de propagande politique serait-elle élevée au rang des juridictions ?
4- À quel moment l’animateur de cette radio est-il ministre conseiller spécial du président de la République et à quel moment il est journaliste ou professionnel de media ?
5- Enfin, qu’en pensent le Haut Conseil de la Communication et les autorités établies de la République ?
En tout état de cause et en plus de sa mission traditionnelle, l’orsqu’une radio se transforme en organe de propagande partisane et surtout se substitue à une juridiction, il y’a un réel danger pour l’équilibre des institutions républicaines ainsi qu’à la notion de séparation de pouvoirs.
En conséquence de ce qui précède
Ia seule solution possible et adaptée à ce scandale est la fermeture sans conditions de cette station radio.
Au delà de ce dérapage relevé précédemment, l’on remarque que la septième République imposée aux forceps est habitée par l’esprit de mort car il n’est se passe pas un jour pour compter des morts liés à des catastrophes divers et variés.
Cela est la conséquence directe de l’incapacité du pouvoir de Bangui de relever les défis qui s’imposent et de répondre aux aspirations du peuple.
Ce peuple meurtri n’attend que la démission du président de la République pour incompétence en vue d’écrire une nouvelle page de l’histoire avec de nouveaux acteurs compétents dans le cadre d’une refondation de la nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.
C’est bien évidemment ce qu’a proposé le Rassemblement Unitaire dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.
Pour finir, nous vous rappelons que dans les grandes nations de démocratie, on ne gère pas un peuple sans lui rendre des comptes, en l’informant sur ce qu’on fait et en lui expliquant la méthode utilisée pour le gérer ainsi que les résultats escomptés.
S’inscrivant dans cette suite logique et au nom du droit à l’information, donnez des explications fiables, détaillées, crédibles, convainquantes et exempt de mensonges au peuple non seulement sur le sens de la célébration de la fête de l’indépendance dans la dépendance des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner qui confisquent la destinée de tout un peuple mais aussi de s’expliquer sur l’incompréhensible problématique de refus de délivrance de passeport au président de l’URCA, député de la nation et paradoxalement declaré apatride comme si la maîtrise de la notion d’apatridie vous echappe.
Au delà de tout, ce peuple tétanisé et anesthésié se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par ses concitoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale sonne le glas en déclenchant le processus graduel de fin de règne et vous rappelle qu’il y’a une belle vie après le pouvoir à l’image du président du Bénin Patrice Talon.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades est revolue. Démissionnez avec raison et honneur avant d’être contraint par la force car l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec menaces ou intimidations, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Limassa le 15 Août 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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