Centrafrique : Martin Ziguelé dénonce un coup d’État électoral permanent
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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le porte-parole du BRDC accuse le régime de Bangui d’avoir capté de force le processus électoral du 28 décembre. Martin Ziguelé détaille les multiples violations constatées et exige l’ouverture d’un dialogue politique pour garantir l’alternance démocratique en République centrafricaine.
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution rappelle d’abord que la MINUSCA a reçu mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour accompagner le gouvernement et l’Autorité nationale des élections. Cette assistance visait à garantir des élections inclusives, transparentes et crédibles. Toutefois, les faits observés sur le terrain racontent une tout autre histoire qui contredit les objectifs initiaux de cette mission internationale censée protéger l’intégrité du scrutin.
Dès la phase de dépôt des candidatures, un bras de fer s’est installé entre le pouvoir exécutif et l’ANE. Le premier s’est ingéré directement dans la validation des dossiers tandis que la seconde gardait un silence complice face aux pressions exercées. Cette interférence précoce annonçait déjà les dérives qui allaient suivre durant toute la campagne et le jour du vote lui-même.

Durant la période électorale, une compétition totalement déséquilibrée s’est déroulée sous les yeux de tous. Le parti au pouvoir a utilisé sans retenue les ressources de l’État, allant jusqu’à mobiliser des aéronefs privés pour ses déplacements. De l’autre côté, les candidats d’opposition ne pouvaient même pas accéder aux populations de l’intérieur du pays pour présenter leurs programmes et échanger avec les électeurs disséminés sur les 624 000 kilomètres carrés du territoire national.
Pourtant, chaque Centrafricain possède le droit souverain d’écouter et de juger toutes les personnes aspirant à gouverner le pays. Ce droit fondamental ne concerne pas uniquement les habitants de Bangui et des grandes villes mais s’étend à tous les citoyens sans exception. Personne ne peut confisquer cette prérogative constitutionnelle qui fonde la légitimité de tout pouvoir démocratique dans un État de droit respectueux des libertés.
Le jour du scrutin, le 28 décembre, les prédictions du BRDC se sont malheureusement vérifiées. L’ANE n’a pas pu résister à la volonté du pouvoir de fabriquer des résultats dès le soir même des élections. Le cadre légal a tout simplement disparu au profit d’une course effrénée vers l’annonce d’une victoire au premier tour, sans attendre le dépouillement complet ni respecter les procédures prévues par le code électoral.
Comme en 2020, aucun candidat à l’exception du pouvoir en place n’a eu accès aux procès-verbaux ni aux feuilles de résultats. L’article 121 du code électoral stipule pourtant que les listes électorales doivent être affichées devant les bureaux de vote dans les communes. Aucun affichage de ce type n’a été effectué malgré cette obligation formelle qui garantit la transparence et permet aux citoyens de vérifier la régularité des opérations.

La loi impose également que les représentants des candidats reçoivent les résultats après le scrutin. Le 29 décembre, soit 24 heures après le vote, le président de l’ANE a diffusé un communiqué radio pour demander aux présidents des bureaux de vote de remettre les résultats aux candidats. Cet aveu confirme que cette remise n’avait pas eu lieu conformément aux dispositions légales, vidant ainsi le processus de toute crédibilité juridique.
Même dans ses analyses les plus pessimistes, le BRDC ne pensait pas que la réalité dépasserait ses prévisions. Pour la première fois, les Centrafricains ont assisté de visu à la captation totale d’un processus électoral par un pouvoir déterminé à conserver ses prérogatives. Les résultats annoncés ne reflètent ni la totalité des votes exprimés ni la sincérité du verdict populaire censé émaner librement des urnes.
Face à cette situation inédite, le Bloc Républicain réitère sa demande d’ouverture d’un dialogue politique avec le régime. Cette exigence découle directement des événements du 28 décembre et de la proclamation précipitée d’un candidat élu alors que seul le Conseil constitutionnel détient cette prérogative. L’ANE a outrepassé ses attributions en annonçant un vainqueur sans disposer de l’autorité constitutionnelle pour le faire dans les règles.
Ce cafouillage ne résulte pas d’une erreur administrative mais d’une volonté délibérée d’imposer au peuple centrafricain un fait accompli. Le dialogue politique apparaît comme l’unique issue pour restaurer la possibilité d’une alternance démocratique conforme aux aspirations des citoyens. Le combat mené par le BRDC ne cible pas un individu particulier mais défend le principe selon lequel la volonté populaire doit être respectée quand on convie les électeurs à se rendre aux urnes.
En refusant de participer à ces élections, le Bloc Républicain a fait un choix stratégique assumé. Cette posture expose l’organisation à mener une opposition extra-parlementaire avec le risque de dissolution de tous les partis membres au regard des dispositions de la nouvelle constitution. Malgré cette menace, le BRDC maintient sa ligne directrice fondée sur un constat juridique simple et incontestable pour ses dirigeants.
La position de base du Bloc stipule que le président Touadéra n’aurait pas dû se présenter à ce scrutin. Élu sous l’empire de la constitution de 2016, il a prêté serment à deux reprises en s’engageant à effectuer deux mandats de cinq ans. Ayant accompli cette durée, sa candidature aux élections du 28 décembre constitue une violation de ses engagements solennels et du cadre constitutionnel initial qui régissait son accession au pouvoir.
Tous les actes posés dans ce contexte revêtent donc un caractère illégal aux yeux du BRDC. Si le pouvoir persiste dans cette voie en supprimant, intimidant ou dissolvant les partis politiques, il ne fera que prolonger cette chaîne d’illégalités. Le Bloc continuera alors à se battre sur le terrain du droit et de l’action politique en s’appuyant sur le peuple centrafricain comme source de légitimité démocratique.
La logique du régime actuel s’apparente à celle d’un coup d’État permanent qui se perpétue par étapes successives. Le pouvoir a d’abord modifié la constitution sans en avoir le droit, puis organisé un référendum contesté dans sa légalité. Il a ensuite imposé une nouvelle constitution que la plupart des Centrafricains n’ont jamais consultée avant de participer à des élections alors que les conditions de cette participation violaient les engagements antérieurs.
Enfin, le régime a contraint l’ANE à proclamer son candidat élu alors que cette autorité ne dispose pas de cette compétence constitutionnelle. Face à cette succession d’entorses aux règles démocratiques, le BRDC répond par la mobilisation politique et le recours au droit comme armes principales dans un combat qui s’annonce long et difficile pour restaurer l’État de droit.
Par Brahim Sallé
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
