le ministère de la Justice rappelle le droit fondamental à l’assistance d’un avocat en garde à vue. Quelle comédie ? Quelle insulte ?

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le ministre d’État chargé de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, a adressé le 7 avril 2025 une circulaire aux principaux acteurs de la chaîne pénale afin de garantir le libre exercice du droit à la défense. Le document met en garde contre les restrictions constatées dans l’accès des avocats à leurs clients placés en garde à vue dans les unités de police judiciaire.
Selon la lettre circulaire nº 206/MCJPDHBG.25, certains officiers de police judiciaire (OPJ) entravent encore l’exercice du droit à l’assistance juridique, en dépit des dispositions du Code de procédure pénale. Les articles 40 et 48 de ce code garantissent pourtant à toute personne arrêtée le droit d’être informée des raisons de son interpellation et d’être assistée par un avocat, si elle le souhaite.
Le ministre rappelle que ce droit est consacré par la Constitution du 30 août 2023 ainsi que par plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par la République centrafricaine. Il souligne que la présence d’un avocat aux côtés d’un gardé à vue ne relève pas d’une faveur, mais d’un droit légal et inaliénable.
Pour mettre fin aux pratiques contraires à ces principes, Djoubaye Abazène instruit l’ensemble des OPJ à se conformer strictement aux textes en vigueur. Il appelle également les procureurs généraux, procureurs de la République, commissaires du gouvernement, responsables pénitentiaires, ainsi que les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police nationale à assurer l’application rigoureuse de cette directive.
Sauf que le document produit par le ministère de la justice pue l’hypocrisie à un niveau supérieur. Cette lettre circulaire, datée du 7 avril 2025, soi-disant adressée aux procureurs, aux flics, aux gendarmes et à tous les acteurs de la chaîne pénale, parle de “libre exercice du droit de la défense” comme si c’était une grande découverte. Il cite les articles 40 et 48 du Code de procédure pénale, rappelle que les avocats doivent pouvoir voir leurs clients en garde à vue, que c’est un “droit fondamental”. Sur le papier, ça sonne bien. Mais dans la vraie vie, c’est une blague, et pas une bonne.
Regardez ce qui se passe en ce moment à Bangui. Les avocats sont en grève depuis le 2 avril, furieux parce que les officiers de police judiciaire, notamment ceux de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), leur bloquent l’accès à leurs clients. Et pas seulement à eux : les familles aussi sont interdites de visite. Pendant ce temps-là, le ministre était en Suisse, à parader dans une conférence sur les droits humains. Qu’est-ce qu’il a dit là-bas ? On n’en sait rien, mais il a clairement évité de rentrer pour affronter la colère des avocats, qui réclament depuis des jours une rencontre avec lui. Il fait le malin, esquive, et laisse pourrir la situation.
Et puis, miracle, dès qu’il pose le pied en Centrafrique, il pond ce bout de papier pour faire croire qu’il agit. Sauf que ce n’est pas sérieux. Ce document, c’est du vent, une opération de maquillage pour la communauté internationale. On dirait qu’il dit : “Regardez, on respecte les droits, on fait les choses bien, c’est juste les flics qui déconnent, pas nous”. Mais qui commande ces flics ? Qui laisse les mercenaires russes arrêter des gens à tour de bras, les torturer, les faire disparaître sans que personne ne sache où ils sont ? C’est bien son ministère, son gouvernement, lui-même et son patron Faustin-Archange Touadera.
Prenons des exemples concrets. Les deux frères d’Henri-Marie Dondra, Christian et Eusèbe, arrêtés en mars par l’OCRB pour une histoire fumeuse de “tentative d’empoisonnement” et de “coup d’État”. Depuis, ils croupissent en détention, sans accès à leurs avocats, sans voir leur famille. Ça a mis le feu aux poudres, et c’est là que les avocats ont dit stop. Et les frères et la sœur de l’ancien ministre Armel Sayo ? Pareil, embarqués par l’OCRB, enfermés depuis deux mois, sans mandat, sans rien. Mahamat Abakar, ex-directeur du Trésor, même topo. Des fonctionnaires du ministère des finances, des commerçants, des citoyens lambda, ramassés au hasard, accusés de “trafic” ou de “complot”, jetés en prison sans preuve, juste pour les faire cracher de l’argent. Ngaragba, au camp de Roux, déborde de ces cas, et personne ne peut compter combien ils sont.
Alors, ce bout de papier, il sert à quoi ? À faire joli devant les diplomates ? Parce que sur le terrain, rien ne change. Les Russes continuent leurs sales besognes, les flics et les gendarmes font ce qu’ils veulent, et le ministre joue les innocents. Lui, un ancien vice-procureur, sait très bien comment ça marche. Il n’est pas naïf, il est complice. Ce type, avec son titre ronflant de “ministre d’État chargé de la Justice, de la Promotion des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance”, est en train de transformer le pays en grande comédie. Il veut tromper qui ? La communauté internationale ? Elle voit bien le manège, mais diplomatie oblige, elle regarde ailleurs ou fait semblant d’y croire.
Ce document, c’est une insulte. Une insulte aux avocats qui se battent pour leurs clients, aux familles qui pleurent leurs proches disparus, aux Centrafricains qui subissent cette mafia au quotidien. Le ministre ne règle rien, il enfonce le clou. S’il voulait vraiment changer les choses, il aurait agi depuis longtemps, pas après une grève et sous la pression. Là, c’est juste un écran de fumée, et ça ne trompe personne ici. À part peut-être lui-même….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
