(Corbeau News Centrafrique)
Le gouvernement centrafricain rejette l’accord de Nairobi
Bangui, Corbeau News Centrafrique, 17-04-2015
Mardi 14 avril dernier, les anciens présidents Bozizé et Djotodia ont signé à Nairobi au Kenya, un accord qui consacre leur adhésion l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville singé le 23 juillet 2014 entre les protagonistes de la crise centrafricaine. Les deux anciens chefs d’État s’engagent par la même occasion à reconnaitre les autorités actuelles de la transition.
A Bangui, les réactions divergent à ce sujet : Le gouvernement centrafricain, une fois de plus, rejette l’accord. Modibo Bachir Walidou, ministre de l’Administration du territoire et porte-parole du gouvernement ne fait pas de distinction entre cet accord et celui de janvier rejeté en son temps par le gouvernement et la communauté internationale : « Premièrement, le gouvernement de la République centrafricaine n’est pas été associé à toutes ces tractations depuis le début, ni au niveau de l’accord qui a été passé au mois de janvier, ni au niveau du deuxième accord qui n’est pas en fait, différent du premier, ni à la déclaration qui a été faite dernièrement par les dirigeants. Le gouvernement centrafricain, les différentes forces vives de la nation, n’ont pas pris part aux différentes démarches qui ont abouti à ce que vous appelez l’accord de Nairobi. Pour le gouvernement, dès lors, il n’est pas pour lui de se sentir concerné, il l’a dit une fois, il le répète encore, il ne se sent pas concerné par les accords de Nairobi.
D’ailleurs, à y regarder de près, on trouve beaucoup de contradictions dans ces accords. On nous a fait croire à un moment que dans le deuxième accord, certains articles qui paraissaient comme particulièrement critiquables avaient été retirés ; mais il s’est trouvé que dans ce deuxième accord, les mêmes articles qui étaient considérés comme particulièrement condamnables étaient revenus : l’article 3, l’article 20 »
Même son de cloche côté Séléka, notamment de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), une des branches dissidentes de cette ancienne coalition rebelle où l’accord de Nairobi n’est pas reconnu : « Nous n’avons pas été invités à Nairobi. Par conséquent, l’UPC ne se sent, ni de près ni de loin, concernée par cet accord. Nous demeurons focaliser sur le Forum de Bangui. » a déclaré Amat Nedjad porte-parole de l’UPC.
Par contre, Igor Lamaka, porte-parole des Anti-Balaka ne voit pas d’inconvénient à l’invitation des anciens chefs d’Etat. « Bozizé et Djotodia n’ont pas été à Brazzaville. Mais s’ils s’engagent aujourd’hui à rejoindre le processus, c’est une bonne chose. Le gouvernement doit mettre de l’eau dans son vin et saluer cet accord. Bozizé et Djotodia ont géré ce pays. Il faudra qu’ils prennent part au forum, afin de rendre compte de leur gestion. Les centrafricains ont également des questions à leur poser. »
Bangui, Fred KROCK Pour CNC




![Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
