Centrafrique : La septième République serait-elle déjà essoufflée par la crise sociale à moins d’une année d’existence ?

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Depuis l’avènement de la septième République imposée aux forceps à travers un référendum qui a défié tous les standards internationaux des processus électoraux, la République centrafricaine traverse des périodes difficiles de son histoire politique.

 

Habité par des velléités d’un mandat supplémentaire illégal, le pouvoir de Bangui a mené une campagne voire une croisade de diabolisation de la constitution du 30 mars 2016 l’accusant de frein au développement et qu’elle serait l’apanage ou la derivée des idéaux impérialistes.

Centrafrique : La septième République serait-elle déjà essoufflée par la crise sociale à moins d'une année d'existence ?
Photo de famille avec l’Empereur-président Touadera avec les ministres du gouvernement Moloua 3 au sortir du premier conseil des ministres juin 2026

 

 

La nouvelle constitution votée à un score soviétique qui a consacré l’avènement de la septième République était présentée comme le cadre juridique idoine pour créer les conditions du bien être social du peuple tout en contribuant à un développement socio-économique durable.

 

Dès lors, la septième République ne doit pas être exclusivement comme une architecture juridique et politique mais une question de responsabilité envers la population avec des engagements et promesses tenus.

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Il s’agissait d’un nouvel engagement politique et juridique, une nouvelle promesse au peuple qui devrait se traduire dans le quotidien du peuple à travers la satisfaction des services sociaux de base au lieu de s’evertuer à imposer la légitimité de la septième République au détriment des priorités de la population.

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Force est de constater avec amertume que toutes les difficultés sociales de la sixième République ont migré de façon indolore et sans formalités vers la septième parfois même en pire car les problèmes d’eau, de l’électricité, d’insuffisance des infrastructures scolaires et sanitaires, la dégradation des routes s’est empiré sans oublier le manque de cimetières, de stades homologués de football.

 

Il faut noter que la crise sociale née de la hausse unilatérale du prix des produits pétroliers est la face visible de l’iceberg résultant d’un ras le bol social sans pareil.

 

À moins d’une année d’existence, l’opinion publique se rend à l’évidence que la supercherie de changement de constitution n’est qu’un leurre, un mensonge, une illusion, une escroquerie politique qui ne se souci d’assurer la justice sociale, de garantir les droits fondamentaux ni de répondre favorablement besoins primaires de la population.

 

S’agissant de la crise née de la hausse brutale du prix des hydrocarbures, au lieu de proposer des alternatives à la cherté de la vie, à la précarité, au chômage, au sous-emploi, des problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité, le pouvoir de Bangui se cache derrière des alibis, des manœuvres dilatoires en arrêtant injustement cinq leaders de la société civile pour complot alors qu’il est unanime et notoire que les revendications légitimes sont d’ordre social.

 

Ainsi, la confiance du peuple envers les institutions républicaines s’effrite laissant la place à un sentiment d’exclusion, de marginalisation source de tensions sociales car les autorités établies ne rendent pas compte de leur choix stratégique, de leur résultat ni sur la gestion des ressources publiques au point que l’opinion s’inquiète et s’interroge sur l’utilité réelle de cette nouvelle fiction républicaine.

 

Inquiété sur la capacité de résilience du pouvoir imposé aux forceps, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- La septième République serait-elle déjà essoufflée par l’épreuve de la crise des hydrocarbures ?

 

2- Cette incapacité de la septième République à relever les défis de la crise sociale révèle t-elle les limites de l’action publique d’un État déjà suffoqué ?

 

3- La dégradation galopante des conditions de vie de la population traduit-elle déjà un essoufflement de la septième République ?

 

4- Jusqu’à quand ce château de cartes appelé abusivement septième République tiendra t-il aux frasques de la crise sociale ?

 

En tout état de cause, la septième République mal embarquée s’est heurtée à un défi social majeur que le pouvoir de Bangui tente de minimiser car il balaye d’un revers de la main toutes expression de contestation et de mécontentement de la population.

 

Il faut noter que la non reconnaissance de l’échec de la septième République et la recherche systématique d’un bouc emissaire pour masquer son incompétence ne résout pas le problème mais le déplace.

 

Hier c’était la constitution du 30 mars 2016 qui empêchait le développement économique du pays, aujourd’hui c’est l’opposition démocratique et le BRDC qui sont les cibles et les ennemis de la République.

 

Cette attitude irresponsable de ne pas assumer ses mauvais choix politiques n’est pas digne d’un pouvoir qui décide de tout et qui n’est responsable de rien.

 

Par ailleurs, les annotations du ministre conseiller spécial du Président de la République sur le gouvernement qui a l’air ridicule puisque dépourvues de critères scientifiques et crédibles révèle un malaise de l’intérieur, un ras le bol collectif, un rejet de cette République de mascarade qui n’a que vocation à disparaître afin que le peuple souffle un air ambiant non conditionné.

 

Pour finir, nous proclamons notre soutien inconditionnel et sans réserve au calendrier de la résistance qui commence par la journée ville morte du lundi 09 novembre 2026, à la marche pacifique initiée par le BRDC pour la journée du vendredi 13 novembre 2026 ainsi qu’aux villes mortes continues du 16 au 18 novembre 2026 suite à l’appel du Coscipac.

 

Au passage, nous invitons vivement la population centrafricaine à y adhérer massivement.

 

Par ailleurs, les paisibles habitants de Limassa soutenus dans leur combat par les habitants de Démbia, de Galafondo, de Yaloké, de Ndélé pas loin et par extension tout le peuple vont prendre leur responsabilité devant l’histoire en réclamant votre départ du fauteuil présidentiel.

 

Il faut savoir à titre de rappel que la démission qui s’impose désormais n’est pas une faiblesse, un désaveu ni une fuite en avant mais un acte de noblesse, de responsabilité et de maturité politique.

 

La démission étant la seule et unique voie de sortie honorable au lieu d’un exil brutal et aussi difficile soit-il.

 

Si je savais serait trop tard Monsieur le Président.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 07 novembre 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Environnementaliste.

 

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