Au lycée de Miskine, la rentrée scolaire vire au cauchemar pour les élèves

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Au lycée de Miskine, la rentrée scolaire vire au cauchemar pour les élèves

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Limage du chantier de construction du lycée de Miskine a Bangui

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Plus de 250 élèves entassés par classe, pénurie criante d’enseignants, infrastructures dépassées : la rentrée scolaire vire au cauchemar dans la capitale comme en province

 

Au lycée de Miskine, les treize classes de sixième fonctionnent dans des conditions qui défient l’entendement. Plus de 250 élèves s’entassent dans chaque salle de classe, conçue pour en accueillir à peine le quart. Pire encore : l’établissement ne dispose d’aucun professeur d’anglais, de mathématiques ou de sciences physiques pour ces niveaux.

 

« Comment voulez-vous que nos enfants apprennent dans ces conditions ? », s’indigne un parent d’élève rencontré devant l’établissement. « Ils sont serrés comme des sardines, et quand par miracle un enseignant est là, les élèves du fond ne voient même pas le tableau».

 

Interrogé sur cette situation catastrophique, le proviseur du lycée semble davantage préoccupé par la gestion financière de l’établissement que par le sort des élèves dont il a la charge. Les frais de scolarité continuent d’être collectés, mais aucune solution concrète n’est apportée à la surpopulation ni au déficit d’enseignants qui paralyse l’année scolaire.

 

Le lycée de Miskine n’est malheureusement pas une exception. Dans toute la capitale et au-delà, le système éducatif centrafricain agonise sous le poids d’une démographie galopante et d’une absence criante d’investissements dans les infrastructures scolaires.

 

Au lycée de Miskine, un don japonais a permis la construction d’un bâtiment moderne à double niveau. Mais même avec cet apport providentiel, l’établissement peine à absorber le flux d’élèves répartis entre les différentes séries – de la sixième aux classes terminales, en passant par les filières économiques et littéraires. Six bâtiments pour des milliers d’élèves : l’équation reste impossible.

 

Si la situation est catastrophique à Bangui, elle confine au chaos  dans les villes de province. Là-bas, les établissements fonctionnent souvent sans les équipements les plus élémentaires, tandis que les enseignants affectés dans ces zones désertent leurs postes, faute de conditions de vie décentes et de salaires régulièrement versés.

 

La population scolaire augmente d’année en année, mais aucun programme ambitieux de construction d’infrastructures éducatives n’a vu le jour. Les rares initiatives restent le fait de partenaires internationaux, comme le démontre l’exemple du don japonais à Miskine.

 

Cette déliquescence du système éducatif hypothèque l’avenir de toute une génération de jeunes Centrafricains. Comment espérer former les cadres, techniciens et intellectuels de demain quand les conditions d’apprentissage relèvent de la survie plutôt que de la pédagogie ?

 

Les autorités éducatives semblent avoir abandonné leurs responsabilités, laissant élèves, parents et les rares enseignants encore motivés se débrouiller avec des moyens dérisoires. Pendant ce temps, les frais de scolarité continuent d’être exigés, alimentant un système qui ne produit plus que de l’exclusion et du désespoir.

 

La question n’est plus de savoir si le système éducatif centrafricain est en crise. Elle est de savoir combien de temps encore il pourra tenir avant l’effondrement total.

 

Par Brahim….

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