Anicet Georges Dologuélé rejette les résultats de la présidentielle et demande l’annulation de cette parodie d’élections

Rédigé le 11 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le candidat à l’élection présidentielle centrafricaine Anicet Georges Dologuélé a pris la parole la semaine dernière pour contester fermement les résultats provisoires annoncés par l’Autorité Nationale des Elections. Il accuse l’institution d’avoir organisé une manipulation généralisée du scrutin.
Face aux journalistes réunis lors de sa conférence de presse, Anicet Georges Dologuélé n’a pas mâché ses mots. Le président de l’URCA refuse catégoriquement les chiffres proclamés dans la nuit du 5 janvier par l’ANE, qui attribuent 76,15% des suffrages au président dictateur Faustin-Archange Touadera contre 14,66% pour lui. Selon Anicet Georges Dologuélé, ces données constituent “un mensonge” et ne correspondent aucunement à la réalité du vote exprimé le 28 décembre dernier.
L’opposant a d’abord exprimé son étonnement quant aux conditions même de cette annonce. “Je vous informe que le candidat que je suis n’a pas été invité à cette cérémonie de l’entre soi”, a déclaré Anicet Georges Dologuélé, faisant référence à cette proclamation effectuée à minuit et dans un format inhabituel. Le président de l’URCA estime que l’heure tardive choisie et la liste restreinte des invités témoignent déjà d’une volonté de dissimuler certains éléments.
Anicet Georges Dologuélé a rappelé que de nombreux Centrafricains ont suivi les annonces des résultats bureau par bureau sur différentes radios. “Comme moi, vous avez marqué votre étonnement de l’impasse qui a été faite sur les résultats de certaines préfectures, en particulier celles de la région de Yadé”, a-t-il souligné. D’après le président de l’URCA, plus de la moitié des résultats n’auraient tout simplement pas été comptabilisés.
Après avoir observé vingt-quatre heures de silence pour mesurer les réactions du pays, Anicet Georges Dologuélé dresse un constat sans appel : aucune liesse populaire, uniquement de la tristesse et une colère retenue. “Le constat est clair : aucune manifestation de joie ni de satisfaction, beaucoup de tristesse, de colère contenue, de sentiment de trahison et de violence morale”, a-t-il affirmé.
Durant ces vingt-quatre heures, Anicet Georges Dologuélé affirme avoir subi des pressions directes. “Ma sécurité a été gravement menacée et des membres de ma sécurité, des soldats de l’armée régulière mis à ma disposition par l’Etat-major des FACAs, ont été enlevés à mon domicile”, a révélé le président de l’URCA lors de sa conférence de presse.
Le candidat n’hésite pas à pointer du doigt l’ANE elle-même. “Ce que l’Autorité Nationale des Élections appelle des ‘résultats provisoires’ n’est pas le reflet du vote du peuple, mais le produit d’une fraude massive, organisée, méthodique et couverte par l’ANE elle-même”, a martelé Anicet Georges Dologuélé. Selon lui, l’institution a “failli” et “trahi” sa mission.
Anicet Georges Dologuélé rappelle que son parti, l’URCA, avait multiplié les alertes bien avant le scrutin. Des courriers officiels, des communiqués et des avertissements documentés avaient été adressés à l’ANE concernant l’insuffisance de préparation, l’absence de formation des équipes sur le terrain, l’opacité de l’organisation, la partialité croissante de l’institution et les violations répétées des procédures. “L’ANE n’a jamais corrigé. L’ANE n’a jamais expliqué. L’ANE a persisté”, a regretté le président de l’URCA.
Pour Anicet Georges Dologuélé, la conclusion s’impose d’elle-même : “L’ANE a renoncé volontairement à son indépendance et s’est volontairement et ostensiblement mise au service d’un candidat.” Le président de l’URCA considère que l’institution “a choisi son camp” et porte désormais seule la responsabilité du “chaos électoral” dans lequel elle a “volontairement plongé” le pays.
Le candidat énumère ensuite ce qu’il présente comme une série de manipulations ayant émaillé chaque étape du processus. “Fraude lors de l’enrôlement, fraude pendant le vote, fraude pendant le dépouillement, fraude dans l’acheminement des résultats, fraude dans la centralisation, fraude dans la proclamation”, a listé Anicet Georges Dologuélé.
L’une des violations les plus graves concerne, selon lui, le refus de remettre les procès-verbaux aux représentants des candidats. “Dans la quasi-totalité des bureaux de vote, les représentants du candidat que je suis se sont vu refuser, de manière ferme et définitive, la remise d’une copie du procès-verbal ou de la feuille de résultat”, a affirmé Anicet Georges Dologuélé. Les présidents de bureaux auraient même avoué avoir reçu l’ordre de ne pas les distribuer.
Or, comme le rappelle Anicet Georges Dologuélé, l’article 87 du Code électoral oblige les présidents de bureaux de vote à remettre ces documents à chaque représentant dûment mandaté, “sous peine de nullité du scrutin”. Pour le président de l’URCA, cette nullité est “implicitement consacrée par le Président de l’ANE lui-même” à travers un communiqué publié le 29 décembre à 16h30.
Anicet Georges Dologuélé affirme disposer de preuves tangibles : urnes bourrées, procès-verbaux falsifiés, résultats transférés de manière illicite, représentants chassés des bureaux et traqués par des responsables administratifs en province, modifications arbitraires sans fondement légal. “Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une fraude électorale a été décomplexée, publique, sauvage, violente”, a-t-il déclaré, pointant que tout cela a profité “exclusivement au candidat choisi par Monsieur Morouba, Président de l’ANE”.
Le camp d’Anicet Georges Dologuélé dit avoir rassemblé un dossier solide. “Nous avons réussi péniblement à collecter un nombre important de feuilles de résultats et photographié certains dans les bureaux de vote”, a expliqué le candidat. Ses équipes auraient identifié des différences importantes entre les chiffres affichés localement et ceux annoncés par l’ANE.
Fort de ces éléments, Anicet Georges Dologuélé annonce une action en justice. “Sur la base de ces preuves, nous rejetons solennellement les résultats proclamés par l’ANE et saisirons le Conseil Constitutionnel”, a-t-il déclaré. Cette contestation se fonde, selon le président de l’URCA, sur des violations de la loi électorale, de la Constitution et surtout de la volonté populaire.
“Ce que l’ANE a proclamé n’est pas une victoire électorale, c’est une confiscation du suffrage populaire”, a martelé Anicet Georges Dologuélé. Le président de l’URCA formule deux exigences claires : “Nous demanderons l’annulation de toute l’élection présidentielle ou la vérité des urnes.”
Cette “vérité des urnes”, selon Anicet Georges Dologuélé, passe nécessairement par un recomptage complet dans tous les bureaux de vote du pays, après avoir annulé les procès-verbaux et feuilles de résultats qu’il qualifie d’“artificiellement fabriqués”.
Le président de l’URCA reconnaît avoir été prévenu que ces élections seraient truquées et qu’il valait mieux ne pas y participer. “Mais il m’était insupportable de penser que nous devions tous abandonner 6 millions de Centrafricains dans l’extrême misère et sous une dictature de plus en plus assumée”, a expliqué Anicet Georges Dologuélé.
Le candidat dit conserver un certain espoir envers le Conseil Constitutionnel. “J’ai l’humilité de penser que je n’ai pas le monopole de l’amour de mon pays et que des compatriotes cadres supérieurs, qu’ils soient de l’ANE ou du Conseil Constitutionnel, peuvent aimer et servir leur pays dans ce qu’ils font”, a-t-il déclaré. Anicet Georges Dologuélé rappelle que les membres de cette institution l’avaient rassuré quant à leur indépendance lors de l’affaire concernant son supposé apatridie, et il espère qu’ils n’ont “pas changé”.
Si Anicet Georges Dologuélé garde cet espoir vis-à-vis de certaines institutions, il est en revanche catégorique concernant l’ANE. “Le Président de l’ANE et certains des commissaires ont malheureusement confirmé le complot ourdi contre le peuple centrafricain”, a-t-il affirmé.
Mais selon Anicet Georges Dologuélé, les Centrafricains ne sont pas dupes. “Vous ne réussirez pas à lui faire accepter qu’il n’a élu ‘AGD Kota Coup qu’à 14%. C’est peine perdue!”, a-t-il lancé. Pour le président de l’URCA, le vote n’est “ni une faveur, ni une formalité” mais “un droit” et “un acte souverain” qui doit être respecté.
Anicet Georges Dologuélé a terminé sa déclaration par une promesse de fermeté. “Nous ne céderons pas. Nous ne nous tairons pas. Nous irons jusqu’au bout. Parce que la démocratie ne se proclame pas. Elle se respecte”, a affirmé le candidat, qui entend maintenant porter son combat devant la justice constitutionnelle avec l’ensemble des preuves collectées par ses équipes sur l’ensemble du territoire centrafricain.
Par Alain Nzilo
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