
« C’est dans la fumée qu’on tue les dodorôs. » Cet adage de chez nous, en Centrafrique, illustre parfaitement l’époque du régime Touadera : dans le climat politique actuel, l’épaisse fumée noire de l’actualité, qui aveugle le gouvernement, est devenue le terrain de chasse favori des criminels en col blanc, des profiteurs à l’instar du sieur Rodrigue-Aymard Lelong-Dockafe Vali, pour caser les siens ».
Rien ne va plus à la Direction Générale de la Météorologie, au ministère des Transports et de l’Aviation Civile. Dans les poussières d’actualité qui inondent la ville de Bangui, ce sont les compétences et la dignité administrative qui se font abattre.

Dans une décision teintée d’amateurisme juridique et d’arbitraire administratif, le Directeur Général, Rodrigue-Aymard Lelong-Dockafe Vali, vient de signer une note de service pour balayer d’un revers de main des cadres qui ont assuré l’intérim avec constance pendant trois à cinq ans. Objectif inavoué de ce tripatouillage : caser ses maîtresses et offrir un lot de consolation à un habitué des combines politiques, le sulfureux Gildas-Christian Gonedere-Kossi.
Une note de service illégale pour fouler aux pieds les arrêtés ministériels
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Datée du 15 octobre 2026, la note de service sème la consternation dans les couloirs du département. Par ce simple bout de papier, le Directeur Général de la Météorologie prétend réaménager l’organigramme en désignant de nouveaux responsables qui ne sont que de simples agents et non des cadres responsables, pour « assurer l’intérim des directions vacantes » qu’il a lui-même créées de toutes pièces.
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Sont ainsi bombardés au premier plan ses maîtresses : Madame Kongombe Hermine à la tête de la Météorologie Appliquée, Madame Chimène Banzia aux Équipements et Infrastructures Météorologiques, et le plus étonnant, son courtier du bureau, le sieur Gildas-Christian Gonedere-Kossi, qui ne connaît absolument rien du domaine, aux Exploitations Météorologiques.
Pourtant, sur le plan du droit administratif centrafricain, le procédé frise le ridicule. Les cadres ainsi évincés occupaient leurs postes en vertu d’arrêtés ministériels réguliers. Or, selon la hiérarchie des normes, un Directeur Général n’a absolument pas la qualité légale de casser un arrêté ministériel par le simple truchement d’une note de service interne.
« C’est du jamais vu. Le DG s’est inventé des formules magiques dont lui seul a le secret pour placer ses proches et ses maîtresses. Il informe le ministre à titre de compte rendu, agissant comme si ce dernier lui avait donné carte blanche pour violer la loi », s’insurge un haut cadre du département, écœuré.
Gildas-Christian Gonedere : chronique d’un opportuniste en fin de course
Le cas de Gildas-Christian Gonedere-Kossi, plus communément appelé Christian Gonedere, illustre à lui seul la décadence des pratiques politiciennes dans le pays.
Neveu de Jackson Mazette et ancien militant du MLPC radié avec son oncle dudit parti, Gonedere s’était illustré en prenant par la force la tête de la faction dissidente du parti, le MLPC-CO, avant d’en être éjecté sous la pression de ses pairs. En cause ? Un scandale financier retentissant : il avait encaissé à lui seul les fonds de campagne électorale, les langues parlant de 3 millions de FCFA, que Faustin-Archange Touadéra avait mis à leur disposition.
Durant cette campagne et la mise en scène du soutien au pouvoir, Gonedere jurait à qui voulait l’entendre qu’il allait décrocher le maroquin de ministre des Transports en guise de récompense. Laissé pour compte au lendemain des élections, il rôde depuis dans les couloirs du ministère en quête de survie politique, affichant à peine quatre ans d’ancienneté dans la fonction publique.
En se familiarisant avec l’actuel DG de la Météorologie, il a fini par obtenir ce strapontin pour sauver son orgueil et grappiller quelques pécunes, bien que les techniciens rappellent que ce placement frauduleux ne produira aucun effet financier sur sa solde.
La menace du Tribunal Administratif
Au ministère des Transports, l’arrivée de Gildas-Christian Gonedere provoque la colère des agents qui menacent de saisir le Tribunal Administratif.
Ce énième fait du prince ne restera pas sans suite. D’après nos informations, les cadres brutalement écartés après des années de loyaux services, eux qui s’attendaient logiquement à leur confirmation officielle, ne comptent pas céder face à cette forfaiture. Si le ministre de tutelle, à qui l’affaire a été présentée sur un mode de fait accompli via un simple compte rendu, ne rectifie pas rapidement cette bévue administrative, un recours en annulation pour excès de pouvoir sera déposé devant le Tribunal Administratif.
Une fois de plus, ce scandale met en lumière la gestion patrimoniale et clanique des institutions publiques en Centrafrique, où la compétence et la légalité sont piétinées pour nourrir les appétits de mercenaires politiques et de favoris en mal de reconnaissance.
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