
En 1979, Sa majesté règne sans partage depuis sa cour impériale de Berengo. Henry Maïdou est Premier Ministre à Bangui. Mr Psymhis Ministre de l’éducation nationale avec bureau au Building administratif quand les Événements de 1979 se sont déclanchés.
Il y a des coopérants partout ; des Russes, des français, des américains. Ils se côtoient au rythme de la guerre froide. En Afrique, la Rhodésie du Sud, la Namibie font l’histoire des guerres de libérations nationales. En RCA, les Russes rivalisent avec les américains. Il y a des professeurs Russes dans enseignants les mathématiques et la langue russe dans presque tous les établissements.
Fin 1978, une ordonnance du Premier Ministre instaure le port obligatoire de tenue pour les élèves dans tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire. La maison le Pacifique, propriété de l’impératrice Catherine Bokassa a le monopole de la confection et la vente exclusive des tenus.
Au niveau politique, la situation socioéconomique est précaire depuis que la RCA a été érigée en empire. Les salaires ne sont plus payés régulièrement. Le ramassage des produits vivriers ou des produits agricoles de rente qui sont le café et le coton connait un net ralentissement. L’argent ne circule plus et les parents ne peuvent s’acquiter de l’obligation qui est la leur ‘’payer les tenus’’
Avec les chansons de Boy Marley, les luttes contre le système ‘‘Apartheid’’ , la lutte pour l’independance du Zimbabwe, etc…la jeunesse avait une seule préoccupation : transformer nos nations africaines pour sortir de la dépendances …ne plus dépendre de l’aide extérieure, fabriquer tout sur place, savoir faire les choses nous-mêmes, Après l’université et la Télévision à Bangui, on rêvait de voir Bambari deuxième capitale, on rêvait d’être des champions d’Afrique en tout. On ne rêvait pas d’être aidé …On se voyait donneur d’aide, etc.
Du 19 au 22 janvier 1979 Bangui vit au rythme des revendications scolaires. La répression de ces manifestations est sanglante avec des centaines de morts et plusieurs centaines de blessés.
Tout commence ce matin du 19 par l’information de l’arrestation de Gotoas Nouzon proviseurs du Lycée B. Boganda et Alfonse Blagué directeur de l’évo’e Normale Supérieure. Ils arrêtés car accusés avoir donné plusieurs conférences de sensibilisation des élèves et écoliers dans les mois qui ont précédés . Mis au courant, les élèves du Lycées technique sortent des classes, descendent au Lycée Boganda et font sortir tout le monde. De là le mouvement envahi le CPJ et le cortège descend au Building administratif siège du Ministère de l’éducation nationale. La répression des rassemblements devant le building se termine avec repli des élèves vers les quartiers Malimaka, Fouh et Boy0Rabe.
Des tirs à Fouh l’actuel central avec des morts et des blessés. Le lendemain grand rassemblement devant l’église de Gbafio avec le ralliement de l’Université et récupération du mouvement par Albert Ndodé, président de l’ANECA. Les élèves du Lycée Bokassa évitent eux de participer d’être indexés. Le Lycée Bokassa n’avait donc ni pas participé aux manifestations de février 1979 ni à celle d’avril 1979.
Le 29 janvier, une semaine après les premières manifestations, les enseignants déclenchent un vaste mouvement revendicatif. Leurs salaires n’ont pas été versés depuis deux mois. Réunis au centre protestant pour la jeunesse, ils rédigent une motion à l’adresse du gouvernement. Ils exigent le paiement des salaires le 28 de chaque mois et demande l’abolition de l’ordonnance qui accorde priorité absolue aux militaires et policiers de tuer.
A la restauration de la République suite au départ de Bokassa, le Lycée Bokassa est rebaptisé Lycée des Martyrs. L’université Jean-Bédel Bokassa est rebzotisée Université de Bangui juste pour effacer le Nom de Bokassa.
Le reste de l’histoire , la suite de l’histoire donne raison à l’histoure.
La jeunesse centrafricaine n’a pas encore finalisé le pari de la conjugaison politique qui est celle du passé, présent et future
La jeunesse centrafricaine veut d’abord vivre le présent, profité du présent , vivre aujourd’hui et maintenant sauf qu’il faut bâtir le ‘‘maintenant’’ en prenant pour référence ‘‘hier’’ .
Au rythme où va le ‘‘présent’’, le ‘‘futur’’ risquerait de devenir introuvable
Par Jean-Pierre Mara, ancien élève du Lycée technique, Président de l’ASELT (Association des Élèves du Lycée Technique) année scolaire 78-79 et 79-80
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