Un colonel rebelle du 3R, devenu candidat du MCU, fait invalider la candidature d’un docteur à Bouar

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Un colonel rebelle du 3R, devenu candidat du MCU, fait invalider la candidature d’un docteur à Bouar

 

Un colonel rebelle du 3R, devenu candidat du MCU, fait invalider la candidature d’un docteur à Bouar
Opération de désarmement des rebelles de 3R menée par les mercenaires de Wagner

 

Rédigé le 27 novembre 2025 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La justice centrafricaine vient de donner raison à un ancien chef de guerre contre un médecin dans la course aux législatives. Souleyman Bi Hassan, ex-colonel du mouvement rebelle 3R, a obtenu l’invalidation de la candidature du Dr Jonas DONON à Bouar. Le docteur n’a même pas été informé de la décision.

 

 

Les anciens rebelles ont retrouvé leur place dans la vie politique centrafricaine depuis quelques années. Le président Touadéra leur ouvre grandement les portes, leur offre des investitures, leur garantit l’impunité. Ce qui était interdit hier devient la norme aujourd’hui. Les hommes qui ont semé la terreur dans les préfectures se retrouvent candidats aux élections, portés par le parti présidentiel lui-même.

 

Souleyman Bi Hassan ne cache pas son passé. Le recueil officiel de la Cour constitutionnelle le présente comme « conseiller politique du Mouvement 3R ». Ce groupe armé a multiplié les dégâts dans l’Ouham-Pendé et la Nana-Mambéré pendant des années. Massacres de civils comme à Koundili ou à Lemouna , pillages, déplacements forcés de populations. Le bilan est connu de tous.

 

Pourtant, cet homme figure sur la liste du Mouvement des Cœurs Unis (MCU), le parti du chef de l’État Baba Kongoboro, pour les législatives du 27 décembre 2020. Circonscription de Bouar, quatrième du département de Nana-Mambéré. L’investiture officielle du parti présidentiel. Personne ne s’en émeut. Les institutions valident.

 

Le candidat numéro 2 dans cette même circonscription s’appelle Jonas DONON. C’est un docteur. Pas de casier judiciaire, pas de sang sur les mains, pas de villages brûlés à son actif. Un citoyen ordinaire qui se présente aux élections.

 

Souleyman Bi Hassan dépose un recours contre lui devant la Cour constitutionnelle. Les motifs du recours ne sont pas publics. Peu importe d’ailleurs. La Cour tranche. Elle invalide la candidature du Dr DONON. Décision prise, affaire réglée.

 

Le docteur n’est jamais informé. Aucune notification ne lui parvient. Il apprend son élimination de la course par des tiers, par le bouche-à-oreille, peut-être par hasard. La procédure judiciaire la plus élémentaire n’a pas été respectée. Le droit de se défendre n’existe plus.

 

Un ancien chef rebelle qui attaque un docteur devant les tribunaux et obtient gain de cause. La scène se passe en Centrafrique, pas dans un roman d’anticipation. C’est la réalité du système judiciaire sous Faustin Archange Touadéra.

 

La Cour constitutionnelle est censée garantir le respect de la loi fondamentale. Elle devient l’instrument du pouvoir. Les juges suivent les consignes. L’ancien rebelle vient du MCU, donc la Cour lui donne raison. Le médecin ne bénéficie d’aucun appui politique, donc il disparaît de la liste électorale. Simple et efficace.

 

Faustin Archange Touadéra a choisi son camp. Celui des hommes en armes, des chefs de guerre reconvertis, des criminels recyclés en politiciens. Le discours officiel parle de réconciliation nationale, de réintégration des combattants, de paix durable. La pratique montre autre chose. L’impunité totale pour ceux qui ont détruit le pays.

 

Le régime actuel efface toutes les lignes rouges. Hier, appartenir à un mouvement rebelle constituait un obstacle juridique à toute candidature. Aujourd’hui, cela devient un atout. Le parti présidentiel recrute ses candidats parmi les anciens chefs de guerre. La justice valide ces candidatures et écarte les citoyens respectables.

 

À Bouar comme ailleurs, les Centrafricains constatent l’absurdité du système. Un homme qui a porté les armes contre l’État peut briguer un siège de député. Un médecin qui a servi la population se voit éliminé sans explication. Le message est limpide : dans la Centrafrique de Touadéra, le crime paie mieux que le service public.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA…

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