On est champions en adoption des lois, mais aussi en violation des lois : la députée Gomina-Pampali démonte l’ANE sur l’affaire des listes électorales

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La députée de Bayanga Bernadette Gomina-Pampali a livré un réquisitoire accablant contre l’ANE lors du débat Patara du 27 septembre dernier, dénonçant une institution qui bafoue ouvertement ses propres obligations légales.
La phrase de Bernadette Gomina-Pampali résonne comme un uppercut en pleine figure de l’Autorité Nationale des Élections. Lors du débat Patara sur la radio Ndèkè -Luka, la députée de Bayanga Bernadette Gomina-Pampali a résumé en quelques mots le paradoxe centrafricain : un pays qui adopte de belles lois mais les viole aussitôt avec un cynisme déconcertant.
Face à Gypsiane Aguené, secrétaire permanente de l’ANE, qui tentait péniblement de justifier l’injustifiable, la députée Bernadette Gomina-Pampali a livré un diagnostic sans appel sur cette institution qui se moque ouvertement de la loi qu’elle est censée appliquer.
“C’est vraiment inquiétant, ce que nous sommes en train de vivre est inquiétant”, a martelé Gomina-Pampali, pointant du doigt une ANE qui agit “comme si tout le monde avait accès à Internet et un niveau élevé d’instruction”. Cette remarque cinglante met à nu l’arrogance d’une institution complètement déconnectée des réalités du terrain.
À Bayanga, circonscription de la députée Bernadette Gomina-Pampali, la population rurale et largement analphabète se retrouve exclue du processus électoral par une ANE qui préfère les solutions high-tech aux obligations légales de base. Pendant que l’institution se gargarise de sa plateforme internet, les citoyens de brousse ne peuvent pas vérifier leur inscription sur des listes électorales qu’ils ne peuvent ni voir ni lire.
Cette situation “désolante” selon les mots de Bernadette Gomina-Pampali montre une stratégie délibérée d’exclusion. L’ANE viole sciemment l’article 11, alinéa 3 du code électoral qui exige un affichage public des listes dans chaque unité administrative. Cette violation n’est pas accidentelle mais témoigne d’un mépris assumé pour la loi et les citoyens.
Joseph Bindoumi, président du réseau Arc-en-ciel, a enfoncé le clou en accusant l’ANE de se “détacher du code électoral”. Cette formulation diplomatique cache une réalité plus crue : l’ANE se torche littéralement avec la loi électorale qu’elle est censée respecter.
“Si nous ratons la gestion du fichier électoral, nous ratons pratiquement les Élections à suivre”, a averti Bindoumi. Cette évidence semble échapper à une ANE qui accumule les ratages avec une régularité de métronome.
Chantal Touabéna, présidente des femmes leader Aouline, a livré les chiffres qui tuent : seulement 5% de la population a accès à Internet et 26% sont analphabètes. Dans ce contexte, la stratégie numérique de l’ANE relève de la pure provocation envers les populations les plus vulnérables.
“C’est un fiasco”, a tranché Touabéna, résumant parfaitement l’état de la gestion électorale centrafricaine. Un fiasco orchestré par une ANE qui transforme chaque obligation légale en option négociable.
L’ironie de la formule de Bernadette Gomina-Pampali prend tout son sens quand on observe cette ANE qui adopte des procédures sophistiquées sur le papier mais les sabote dans l’application. Cette institution maîtrise l’art de créer des règles qu’elle viole immédiatement après.
Le débat de la radio Ndèkè -Luka aura au moins eu le mérite de démasquer cette ANE qui prétend moderniser les Élections tout en excluant la majorité des électeurs. Cette modernité de façade cache une volonté délibérée de limiter l’accès à l’information électorale.
Face aux critiques argumentées de ces personnalités respectées, les justifications de Gypsiane Aguené ont sonné comme des excuses de mauvaise foi. Comment défendre l’indéfendable quand les preuves de la violation de la loi s’accumulent ?
Cette ANE qui se “détache du code électoral” selon Bindoumi illustre parfaitement le mal centrafricain dénoncé par Gomina-Pampali. Le pays excelle dans l’adoption de belles lois démocratiques mais les viole avec une créativité qui force l’admiration.
Au final, ce débat aura révélé une ANE qui transforme chaque élection en loterie où seuls les privilégiés ayant accès à Internet peuvent jouer. Cette exclusion programmée des populations rurales pose une question simple : peut-on encore parler d’Élections démocratiques quand l’institution électorale viole délibérément la loi pour empêcher les citoyens d’exercer leurs droits ?
La réponse de Bernadette Gomina-Pampali résonne comme un avertissement : “On est champions en adoption des lois, mais aussi en violation des lois.” Cette ANE en est la parfaite incarnation.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)