UNOPS-Centrafrique : Six ans de fraude sur les salaires, la Minusca légalise maintenant le vol

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après des années de prélèvements frauduleux sur 600 000 contractuels, l’UNOPS modifie discrètement les bulletins de paie pour officialiser la baisse des salaires sans explication.
Un scandale financier d’une ampleur considérable secoue l’Office des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) en République centrafricaine. Pendant plus de six années, cette institution onusienne a méthodiquement prélevé des sommes frauduleuses sur les salaires de ses contractuels individuels, les privant de 16 000 francs CFA par jour de travail.
Le système frauduleux était simple mais efficace : les bulletins de paie mentionnaient un salaire journalier de 36 000 francs CFA, mais les employés ne recevaient physiquement que 20 000 francs. Cette différence de 16 000 francs par jour et par travailleur, multipliée par 600 000 contractuels répartis sur les sept régions et vingt préfectures du pays, représente des centaines de millions de francs CFA détournés.
Cette fraude organisée a perduré pendant six longues années sans qu’aucun mécanisme de contrôle interne ne la détecte ou ne l’arrête. Les employés centrafricains, souvent dans le besoin, acceptaient cette situation faute d’alternatives, ignorant parfois qu’ils étaient victimes d’un vol caractérisé de la part de leur employeur onusien.
La découverte de cette fraude massive a déclenché une série d’enquêtes journalistiques de la rédaction du CNC qui ont mis au jour l’ampleur du détournement. Face à ces révélations embarrassantes, l’UNOPS et la MINUSCA ont opté pour une stratégie de fuite en avant particulièrement cynique : légaliser rétroactivement leur fraude.
Au lieu de reconnaître leurs torts et de procéder aux remboursements dus, les responsables onusiens ont simplement modifié les nouveaux bulletins de paie. Désormais, au lieu d’afficher 36 000 francs et de payer 20 000 francs, ils affichent officiellement 20 000 francs et paient 20 000 francs. Cette manipulation comptable vise à faire disparaître toute trace de la fraude passée.
Cette manœuvre constitue une légalisation a posteriori du vol commis pendant six années. En modifiant unilatéralement les références salariales, l’UNOPS tente de transformer rétroactivement une fraude en situation normale, privant les victimes de tout recours légal basé sur la différence entre salaire affiché et salaire versé.
En plus de cela, aucune communication officielle n’a été faite aux 600 000 victimes de cette fraude. Les employés centrafricains découvrent cette modification par eux-mêmes, sans explication de la part de leur employeur onusien. Cette absence totale de transparence témoigne du mépris affiché par l’institution internationale envers ses employés centrafricains.
Les victimes se trouvent dans un flou total concernant leur situation. Elles ne savent pas si les sommes frauduleusement prélevées pendant six années leur seront remboursées, ni selon quelles modalités. Cette incertitude maintient les employés dans une situation de stress permanent et d’insécurité financière.
Des rumeurs circulent à Bangui évoquant un éventuel remboursement partiel sur deux années seulement. Cette information, si elle se confirmait, constituerait un nouveau vol puisque la fraude a duré six années complètes. Mais même ces rumeurs restent non confirmées par les autorités onusiennes qui maintiennent leur silence.
L’intervention d’auditeurs pour examiner cette affaire n’a donné lieu à aucune communication publique sur leurs conclusions. Cette opacité totale laisse supposer soit une volonté de dissimuler l’ampleur de la fraude, soit une complicité des instances de contrôle dans ce détournement massif.
Le comportement de l’UNOPS contrevient aux principes les plus élémentaires du droit du travail. Même dans un quartier populaire, un tel comportement serait intolérable. À plus forte raison venant d’une grande institution internationale dotée d’instruments de protection des droits humains et censée garantir aux salariés la jouissance intégrale de leurs revenus.
La modification unilatérale des bulletins de paie sans explication constitue une violation caractérisée du contrat de travail. Les employés ont signé pour un salaire, ils en reçoivent un autre, et maintenant on modifie rétroactivement les documents pour légaliser cette différence. Cette pratique relève de l’escroquerie en bande organisée.
Cette affaire pose aussi des questions sur le rôle de l’inspection du travail centrafricaine. Malgré la saisine officielle de cette institution par les avocats des victimes, aucune convocation n’a été adressée aux parties concernées. Cette inaction confirme soit des pressions exercées sur l’inspection, soit une complicité passive de l’administration centrafricaine.
Le ministre de l’Emploi semble particulièrement passif dans cette affaire qui concerne pourtant 600 000 travailleurs centrafricains. Cette absence de réaction de la part des autorités nationales face à une fraude d’une telle ampleur interroge sur les rapports de force entre le gouvernement centrafricain et les institutions onusiennes.
L’affaire de l’UNOPS démontre comment certaines institutions internationales traitent leurs employés centrafricains avec un mépris total. Ces pratiques néocoloniales transforment l’aide internationale en instrument d’exploitation des populations qu’elle prétend assister.
La stratégie de légalisation rétroactive de la fraude adoptée par l’UNOPS constitue un précédent dangereux. Elle montre qu’une institution internationale peut voler ses employés pendant des années puis modifier unilatéralement les documents pour effacer ses crimes, le tout dans l’impunité la plus totale. Mais cela ne doit pas se passer sans conséquences pénales.
Cette affaire de l’UNOPS prouve finalement que les institutions onusiennes peuvent se comporter comme de vulgaires escrocs quand il s’agit d’exploiter des travailleurs centrafricains, transformant l’aide internationale en machine à enrichissement personnel sur le dos des plus vulnérables.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)