Centrafrique : quand des escrocs se disant parents de Touadéra ruinent et enferment un citoyen malien depuis 4 ans à Ngaragba

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Deux hommes prétendant être proches du président Faustin-Archange Touadera extorquent un entrepreneur malien résident à Bangui avant de le faire emprisonner depuis plus de 4 ans à la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui.
En quelques mois, l’entrepreneur malien Ibrahim Traoré est passé du statut de partenaire économique à celui de détenu de Ngaragba. Après l’épisode de Bossangoa et des quarante sacs de ciment volés par l’ex-Président du tribunal de Bossangoa, un nouveau piège s’est refermé sur lui. Cette fois, il porte la signature d’un réseau se présentant comme proche du pouvoir présidentiel.
En effet, le 19 mai 2021, deux hommes, Armel Balegbaya et Fred Yagbanga, se présentent à l’entrepreneur malien Ibrahim Traoré comme des parents du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Sous prétexte de lui organiser une audience présidentielle, ils lui extorquent près de 10 millions de francs CFA. Lorsque la victime réclame justice, elle est arrêtée, incarcérée et accusée d’avoir détourné 15 millions appartenant au chef de l’État Faustin-Archange Touadera.
Quelques semaines plus tard, le 23 avril 2021, les mêmes individus reviennent à la charge. Cette fois, ils exigent 5 millions de francs CFA supplémentaires, toujours pour organiser la rencontre présidentielle. Au total, 9,2 millions de francs CFA disparaissent dans leurs poches. L’audience promise n’aura jamais lieu.
Devant cette escroquerie manifeste, Ibrahim Traoré décide de saisir la justice. Mais avant même que sa plainte n’aboutisse, Balegbaya et Yagbanga frappent les premiers. Avec la complicité de Thierry Ouedemona, ancien président du Tribunal de Bossangoa, aujourd’hui muté comme Président du tribunal de Bimbo, une commune à la sortie sud-ouest de la capitale Bangui , les deux escrocs parent du Président font arrêter Ibrahim Traoré le 3 novembre 2021.
Il est d’abord enfermé deux mois et 19 jours à la Section des Recherches et d’Investigations de la gendarmerie, sans procès-verbal ni jugement. Les pressions sont fortes : il doit renoncer à poursuivre les escrocs en justice. Il refuse. Résultat : transfert immédiat à la prison centrale de Ngaragba. Pour couvrir l’affaire, un motif fallacieux est avancé : Traoré aurait détourné 15 millions de francs CFA appartenant au président Touadéra lui-même.
Depuis sa cellule, Ibrahim Traoré apprend que ses bourreaux ne s’arrêtent pas là. Balegbaya et Yagbanga viennent à Ngaragba accompagnés d’un faux huissier. Ils lui présentent un document à signer, en échange de sa liberté. Le texte exige qu’il abandonne toutes poursuites judiciaires concernant le ciment, les stocks de marchandises et les sommes qu’il a perdues. En arrière-plan, sa voiture est vendue par les mêmes individus.
La manœuvre est claire : transformer une victime d’escroquerie en coupable de détournement, puis profiter de son incarcération pour liquider ses biens. Cette méthode témoigne d’une organisation méthodique, capable de mobiliser à la fois des complices judiciaires et des faussaires pour parvenir à ses fins.
L’affaire Balegbaya-Yagbanga transcende la simple arnaque. Elle dévoile un schéma plus large où des escrocs se drapent dans des liens fictifs avec le président Touadéra pour soutirer de l’argent, puis utilisent la complicité de magistrats pour faire taire leurs victimes. Dans ce système, les voleurs deviennent intouchables et les innocents deviennent prisonniers.
Cette histoire pousse l’ensemble des centrafricains à s’interroger sur l’utilisation du nom présidentiel à des fins criminelles. Comment des individus peuvent-ils impunément se réclamer de la famille du chef de l’État pour commettre des escroqueries ? Comment la justice peut-elle se retourner contre les victimes au lieu de poursuivre les coupables ?
Quatre ans après, Ibrahim Traoré croupit toujours à Ngaragba, privé de liberté, ruiné et dépouillé de ses biens. Derrière lui, des hommes se réclamant de la famille présidentielle et un magistrat promu à la tête d’un nouveau tribunal poursuivent leur carrière, sans jamais être inquiétés. Cette impunité interroge sur la capacité des institutions centrafricaines à protéger les citoyens contre les prédateurs qui exploitent les failles du système judiciaire.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)