Le Ministère des PME Centrafricain en Difficulté : Neuf Ans Après sa Création, pas des Moyens, pas des véhicules

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Neuf ans après sa création en 2016, le ministère centrafricain des PME se trouve dans une situation difficile, manquant des ressources les plus élémentaires pour accomplir sa mission auprès des entrepreneurs du pays.
Le 21 juin 2025, lors de l’émission Patara sur la radio Ndékè Luka, une révélation surprenante a été faite par Jean-Paul Ninguia, chargé de mission au ministère des petites et moyennes entreprises. Face aux questions d’Armando Yanguendji, l’animateur, et aux reproches formulés par les invités sur l’inefficacité gouvernementale, M. Ninguia a admis une réalité embarrassante : son ministère ne dispose même pas de véhicules pour se rendre sur le terrain rencontrer les entrepreneurs.
Cette confession intervient alors que Dieubeni Antiga, secrétaire général du collectif des jeunes entrepreneurs centrafricains, et Dieudonné Ngoumbango, économiste et entrepreneur, pointaient du doigt l’inaction du gouvernement face aux difficultés des PME nationales. Ils reprochaient notamment aux autorités de laisser les entreprises centrafricaines sans protection face à la concurrence étrangère et sans solutions pour leurs problèmes de financement et de formation.
La réponse de M. Ninguia a révélé l’ampleur du problème. Comment un ministère peut-il remplir sa mission s’il ne peut pas se déplacer pour rencontrer ceux qu’il est censé aider ? Cette situation explique en partie pourquoi les textes comme le Code de commerce de 2016 restent méconnus des entrepreneurs, et pourquoi des projets comme le fonds national de garantie ou la relance du CAPMEA (Centre d’appui aux petites et moyennes entreprises africaines) peinent à voir le jour.
Les conséquences de ce manque de moyens se ressentent directement dans l’économie. Les entrepreneurs centrafricains se plaignent de ne pas obtenir de réponses à leurs demandes d’exonérations fiscales ou d’aide pour certifier leurs états financiers. Pendant ce temps, les entreprises étrangères continuent de remporter les marchés publics et échappent souvent à leurs obligations fiscales, créant une concurrence déloyale qui affaiblit l’économie nationale.
Cette situation montre un paradoxe troublant : la République centrafricaine a créé un ministère pour développer son secteur privé, mais ne lui donne pas les moyens de fonctionner. Le manque de véhicules n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette administration sous-équipée, qui reste enfermée dans ses bureaux alors qu’elle devrait être sur le terrain.
Le débat a aussi montré le fossé qui existe entre les intentions du gouvernement et la réalité. Des événements comme la Journée nationale de la culture entrepreneuriale sont organisés, mais leur portée reste limitée sans un accompagnement concret et régulier des entrepreneurs. Cette déconnexion empêche le ministère d’être le moteur du développement économique qu’il devrait être.
Les participants à l’émission ont souligné que cette faiblesse institutionnelle a des répercussions directes sur l’économie du pays. Les PME centrafricaines, qui pourraient créer des emplois et générer des revenus, restent fragiles et isolées. Elles ne bénéficient pas de l’accompagnement nécessaire pour se développer et faire face aux défis d’un marché de plus en plus compétitif.
Il y’a lieu de rappeler que neuf ans après sa création, le ministère des PME centrafricain reste paralysé par le manque de ressources. Cette situation prive les entrepreneurs nationaux du soutien dont ils ont besoin et compromet le développement économique du pays. Sans changement rapide, les ambitions de développement du secteur privé centrafricain risquent de rester lettre morte….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)