L’heure du verdict approche dans le procès Yekatom et Ngaïssona à la CPI

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
L’attente touche à sa fin. La Chambre de première instance V de la Cour pénale internationale (CPI) rendra son jugement tant attendu dans l’affaire Le Procureur c. Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona le 24 juillet 2025 à 14h00 (heure de La Haye). Une audience publique qui sera retransmise en direct sur le site officiel de la CPI.
Ce procès historique, qui s’est ouvert le 16 février 2021, porte sur des accusations liées aux crimes commis en République centrafricaine entre 2013 et 2014. Depuis plus de quatre ans, les juges Bertram Schmitt (juge président), Péter Kovács, Chang-ho Chung et la juge suppléante Beti Hohler ont assuré le bon déroulement de la procédure, veillant au respect des droits des accusés, de l’Accusation, et des victimes.
La procédure a été d’une ampleur remarquable : l’Accusation a présenté 112 témoins, les Représentants légaux des victimes 3 témoins, et les équipes de Défense ont convoqué 55 témoins. Un témoin a également été cité par la Chambre elle-même. Le procès s’est clôturé en décembre 2024 par des déclarations finales et le dépôt de mémoires.
Conformément au droit international, les juges peuvent soit acquitter soit condamner les accusés. Toutefois, une condamnation ne pourra être prononcée que si leur culpabilité est prouvée au-delà de tout doute raisonnable. Le verdict reposera exclusivement sur le droit applicable et les preuves produites durant le procès. Les parties auront, bien entendu, la possibilité de faire appel devant la Chambre d’appel.
En République centrafricaine, l’attente est intense. Des milliers de citoyens ont les yeux tournés vers La Haye, mais aussi vers le Bureau-Pays de la CPI, plus précisément vers son équipe de la sensibilisation et de l’information publique, qui aura la lourde tâche de relayer et d’expliquer ce jugement au grand public. L’enjeu est de taille : il s’agit non seulement d’informer, mais aussi de consolider la confiance dans la justice internationale.
Depuis le début du procès, l’équipe de la sensibilisation et de l’information publique en République centrafricaine joue un rôle essentiel dans le rapprochement entre la Cour et les communautés affectées. À travers des sessions d’information, des dialogues communautaires, des diffusions radiophoniques, et un travail constant de pédagogie, cette équipe a permis à des milliers de Centrafricains de mieux comprendre les enjeux du procès, les procédures de la Cour, et les droits des victimes.
Tous les regards sont désormais tournés vers la manière dont cette équipe va s’organiser pour accompagner la population lors de ce moment clé. Il ne s’agit pas simplement de retransmettre un jugement, mais d’ouvrir un espace de compréhension, de débat et, peut-être, de cicatrisation.
Pour Pierre, un Centrafricain rencontré dans les rues de Bangui, la sérénité domine : «Ce que j’attends, c’est la vérité et la justice. Je fais confiance à la Cour. Le temps a été long, mais je suis confiant.»
L’heure du verdict approche. Et avec elle, peut-être, une page nouvelle dans la quête de justice pour les victimes centrafricaines.
Affaire à suivre, les regards du monde entier seront tournés vers La Haye le 24 juillet.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
