Tchad : une ruée vers l’or périlleuse
Bangui ( République centrafricaine ) – Des jeunes Tchadiens sont conduits, avec leur consentement dans l’extrême-Nord du pays et au Sud de la Libye. Ils y sont exploités dans des mines d’or.
L’eldorado se transforme pour eux, le plus souvent, en enfer. Car ces jeunes sont surexploités et soumis à des traitements inhumains et dégradants qui s’apparentent à de l’esclavage des temps modernes.”Pardon, faites quelque chose pour nous. Pour que ceux qui sont encore au village puissent rester sur place, garder leur place et ne plus nous rejoindre ici”.Tel est le cri de détresse lancé par l’un de ces jeunes à qui nous attribuons le prénom Benjamin. Comme d’autres jeunes de sa génération, Benjamin a été convaincu par ses amis qui ont essayé l’aventure.A son tour, il a décidé de migrer vers l’extrême-Nord du Tchad, afin d’être employé dans des mines d’or, pour espérer ainsi réaliser son rêve : se faire beaucoup d’argent.Elève à Kyabé, dans le département du Lac Iro, dans le Sud du Tchad, non loin de la frontière avec la République centrafricaine, Benjamin témoigne, la mort dans l’âme.”Ils m’ont dit, il faut te réveiller. Il faut prendre la route de la Libye. En deux mois seulement, tu auras plus que ce que tu fais ici. Ils m’ont donné le numéro d’un patron. J’ai appelé le patron. Il m’a demandé combien nous étions. J’ai répondu que nous étions six personnes. On nous a envoyé l’argent à l’agence STTL de Sarh, (Société tchadienne de transport et de location, à Sarh, dans le sud du Tchad, ndlr). Et puis, on a quitté. On est arrivé à N’Djaména. On a quitté N’Djaména, on est arrivé à Abéché. Aux points de contrôle, tu dis seulement que c’est au nom d’un tel patron, puis on te laisse”.Quand l’eldorado devient un enferUne fois sur les sites d’orpaillage, dans l’extrême-Nord du Tchad et en Libye, c’est le début de l’enfer, témoigne Benjamin.”On va te vendre en or. Une personne vaut 10 grammes. 10 grammes, c’est 250.000 Francs CFA (un peu plus de 380 euros, ndlr). Chaque matin, tu te réveilles, le fusil derrière toi. Tu es malade, on ne te soigne pas. Tu ne te laves pas. Tu dors à la belle étoile. On mesure de l’eau, deux verres, trois verres, pour que tu boives. Un trou qui va faire 200 mètres ou 300 mètres, tu vas y entrer. Il n’y a pas d’oxygène”, raconte le jeune homme.Les autorités, interpellésFace à ces “traitements inhumains et dégradants”, la militante des droits de l’Homme, Céline Narmadji interpelle les autorités tchadiennes, tout en préconisant la sensibilisation, pour dissuader les futures candidats à cet exode dont l’issue est souvent fatale.Selon Céline Narmadji, “il faut descendre dans les villages, parler avec les chefs de terre, parler avec les chefs de village, parler avec la communauté : les hommes comme les femmes. Et il faut mettre aussi en place un mécanisme pour les aider à produire localement. Et il ne faut pas que les gouverneurs, les commandants de brigade mettent les bœufs dans leurs champs”.Contactés par la DW, Abdéramane Koulamallah, le ministre tchadien de la Communication, porte-parole du gouvernement, et son collègue de la Justice, Mahamat Ahmat Alhabo, n’étaient pas disponibles pour réagir à cette information.
Avec DW français

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![Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires russes , aux FACA et à la coalition UPC-LRA Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires Wagner, aux FACA et à la coalition UPC-LRA Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC La Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé (AAKG) a rendu public un communiqué officiel adressé à l’opinion nationale et internationale, dans lequel elle documente des violations graves des droits humains commises dans la région du Haut-Mbomou, en République centrafricaine. Les faits dénoncés impliquent directement les Forces armées centrafricaines (FACA), les mercenaires russes du groupe Wagner — désormais rebaptisé Africa Corps — et la coalition formée par l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et la Lord’s Resistance Army (LRA). Le communiqué de la Coordination AAKG rappelle en préambule que le groupe avait soumis, le 04 février 2026, des recommandations pacifiques au gouvernement centrafricain, dans le but d’obtenir une résolution apaisée du conflit. Ces recommandations sont restées sans réponse. Le gouvernement du dictateur Faustin Archange Touadéra a choisi d’ignorer cette démarche, ouvrant ainsi la voie à une escalade des violences dans le Haut-Mbomou. Pire, selon le même document, la déclaration publique du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, à l’encontre du groupe AAKG, a aggravé la situation au lieu de l’apaiser. Le communiqué indique que depuis cette prise de position hostile, les exactions se sont multipliées dans la région, ciblant aussi bien les biens des civils que les infrastructures collectives. Des pillages contre la communauté Azande. Le communiqué de l’AAKG décrit une campagne de destruction délibérée menée par les mercenaires russes Wagner contre les biens de la communauté Azande dans le Haut-Mbomou. Les faits rapportés ne relèvent pas d’incidents isolés : il s’agit d’une série d’actes de pillage qui visent méthodiquement les avoirs des populations civiles, les privant de ressources essentielles à leur survie quotidienne. Le communiqué précise que ces destructions s’inscrivent dans un contexte où la communauté Azande attendait un signal de bonne foi de la part des autorités centrafricaines. Ce signal n’est jamais venu. À la place, les mercenaires d’AfrikaCorp et les FACA ont poursuivi leurs opérations militaires contre les positions du groupe, en violation de la cessation d’hostilités que la Coordination AAKG avait pourtant décidé d’observer unilatéralement. Alors, des infrastructures publiques délibérément détruites. L’un des aspects les plus graves du communiqué concerne la destruction d’infrastructures publiques dans plusieurs localités du Haut-Mbomou. Le document cite nommément les établissements suivants, qui ont été ciblés et saccagés : L’École AIM de Zemio, un établissement scolaire dont la destruction prive des centaines d’enfants de leur droit à l’éducation. L’hôpital de la sous-préfecture de Bambouti, ainsi que l’ensemble des biens mobiliers de cette sous-préfecture, ont également été touchés. Le Centre de Santé du village Tabane, structure sanitaire indispensable pour les populations rurales de la zone, figure aussi parmi les cibles. Le communiqué mentionne par ailleurs plusieurs autres établissements publics répartis dans différentes localités du Haut-Mbomou, sans en donner l’inventaire exhaustif. Ces destructions d’écoles et de centres de santé constituent, selon le droit international humanitaire, des violations graves des règles de protection des civils en temps de conflit armé. Au-delà des pillages et des destructions matérielles, le communiqué de la Coordination AAKG signale des enlèvements de civils perpétrés sur l’axe Mboki. Ces actes sont attribués à des milices affiliées à des factions armées, notamment des éléments liés à l’UPC et à la LRA, opérant avec l’appui direct des mercenaires russes Wagner. Selon le communiqué, le recours aux enlèvements vise délibérément à aggraver le climat d’insécurité dans la région et à terroriser les populations civiles déjà fragilisées par des années de conflit. L’axe Mboki, qui constitue un couloir vital pour les déplacements et les approvisionnements dans le Haut-Mbomou, est ainsi rendu dangereux par ces opérations menées en toute impunité. La MINUSCA est aussi pointée du doigt dans ce communiqué. Le communiqué de l’AAKG ne ménage pas la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). La Coordination prend à témoin cette mission onusienne, qu’elle accuse d’avoir failli à sa mission de protection des civils dans le Haut-Mbomou. Le communiqué indique que les populations locales attendent désormais avec urgence une intervention concrète de la MINUSCA, dont le mandat prévoit explicitement la protection des non-combattants. L’absence de réaction de la mission face aux événements en cours constitue, aux yeux de la Coordination, une forme de complicité passive avec les auteurs des exactions. Le communiqué insiste sur un point central : la Coordination AAKG a, de sa propre initiative, décidé de respecter une cessation des hostilités afin de laisser la place au dialogue. Cette décision, prise de bonne foi, n’a pas été honorée par l’autre camp. Les mercenaires russes Wagner et les FACA ont continué de mener des attaques contre les positions du groupe, ignorant totalement le geste d’ouverture posé par la Coordination. Ce constat d’échec du cessez-le-feu unilatéral est central dans le raisonnement du communiqué. Il démontre, selon l’AAKG, que les forces gouvernementales et leurs supplétifs russes ne recherchent pas une solution négociée, mais cherchent à écraser militairement toute opposition dans le Haut-Mbomou. L’AAKG réaffirme son engagement pour la paix tout en refusant le silence En conclusion de son communiqué, la Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé réaffirme que son engagement reste orienté vers la protection des populations civiles et la recherche d’une paix durable dans la région. Mais le groupe prévient clairement qu’il ne peut pas rester silencieux devant les atteintes répétées à la dignité humaine et aux droits fondamentaux que subissent les Azande du Haut-Mbomou. Cette déclaration intervient dans un contexte de tension extrême dans le sud-est de la Centrafrique, une zone enclavée où l’accès humanitaire reste difficile et où les violations des droits humains sont rarement documentées par les médias internationaux. Corbeau News Centrafrique continuera de suivre l’évolution de la situation dans le Haut-Mbomou. Par Anselme Mbata Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/capture-decran-de-la-video-des-soldats-FACA-menacant-a-mort-peut-etre-tue-un-civil-non-arme-218x150.jpg)
