Centrafrique : cinq leaders de la société civile en grève de la faim à la gendarmerie, les gendarmes en colère contre les policiers après leur transfert dans un état de santé inquiétant

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Arrêtés le 15 octobre à Bangui, cinq leaders de la société civile ont entamé une grève de la faim à la gendarmerie. Leur état de santé inquiète les enquêteurs qui sont désormais très en colère contre leurs collègues de la police.

 

En effet, les cinq responsables de la société civile centrafricaine arrêtés le 15 octobre 2026 à Bangui sont désormais détenus à la Section de recherche et d’investigation (SRI) de la gendarmerie. Après deux jours passés dans les cellules de la police, privés d’eau et de nourriture d’après les informations recueillies par la rédaction du CNC, ils ont été transférés dans un état de grande faiblesse. Leur arrivée à la gendarmerie a provoqué la colère de plusieurs gendarmes contre leurs collègues policiers. Les cinq détenus ont également entamé une grève de la faim.

Centrafrique : cinq leaders de la société civile en grève de la faim à la gendarmerie, les gendarmes en colère contre les policiers après leur transfert dans un état de santé inquiétant
Photo de la conférence de presse de L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé au Centre Saint Jean 23 à Bangui

 

Deux arrestations distinctes le 15 octobre à Bangui

 

Les cinq personnes concernées sont Quentin Claver Ngouando, coordonnateur du mouvement iGwé, Élysée Nguemale, coordonnateur de l’Organisation pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC), Stève Bendo Deny, Barry Mardios et Igor Mokpem.

 

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Il est à rappeler que le jeudi 15 octobre dernier, vers 4 à 5 heures du matin, Stève Bendo Deny a été interpellé à son domicile, dans le quartier Combattant à Bangui. Son arrestation a été effectuée par des éléments de la Force d’intervention du corps urbain (FICU). Il a ensuite été conduit au commissariat central, où cette unité de police est basée.

 

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Quelques heures plus tard, les quatre autres responsables se préparaient à donner une conférence de presse au Centre Saint-Jean 23, à Bangui. Cette rencontre devait notamment porter sur la hausse des prix des carburants et les revendications de la société civile après la journée ville morte du 12 octobre.

 

Les services de renseignement ont alors sollicité l’intervention de la police. Des policiers sont arrivés sur les lieux et ont procédé à l’arrestation des quatre responsables. Ceux-ci ont été conduits à la Compagnie nationale de sécurité (CNS), où ils ont été placés en cellule.

 

Deux jours sans eau ni nourriture, avec interdiction de recevoir les avocats

 

D’après les investigations menées par la rédaction du CNC, les cinq leaders de la société civile ont passé leurs deux premières journées de détention dans des cellules distinctes de la police.

 

Quatre étaient enfermés à la CNS, tandis que Stève Bendo Deny était détenu au commissariat central, dans les cellules de la FICU.

 

Durant cette période, les détenus auraient été privés d’eau et de nourriture. Aucun de leurs proches n’a été autorisé à leur rendre visite. Leurs avocats se sont également vu refuser l’accès aux cellules.

 

Me Nicolas Tiangaye et les autres avocats mobilisés pour leur défense n’ont pas pu s’entretenir librement avec leurs clients. Cette interdiction les a empêchés de vérifier directement leurs conditions de détention et leur état de santé.

 

Après deux jours passés dans ces conditions, les cinq responsables présentaient, d’après les informations recueillies par le CNC, des signes importants d’affaiblissement physique.

 

Les gendarmes en colère contre les policiers après avoir reçu les cinq détenus

 

Le transfert des cinq responsables à la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie, au troisième jour de leur détention, a provoqué de vives tensions entre les personnels des deux institutions.

 

D’après les informations recueillies par la rédaction du CNC, plusieurs gendarmes ont exprimé leur mécontentement devant l’état physique des personnes qui venaient de leur être confiées.

 

Ils reprochent aux policiers d’avoir conservé les cinq responsables pendant deux jours dans leurs cellules avant de les transférer à la gendarmerie, alors que leur état de santé s’était considérablement dégradé.

 

Pour ces gendarmes, si les personnes arrêtées devaient faire l’objet d’une enquête conduite par leur service, elles auraient dû leur être présentées dès le premier jour.

 

Leur principale inquiétude concerne les conséquences d’une éventuelle aggravation de leur état de santé.

 

Des gendarmes redoutent qu’un incident médical grave, voire un décès survenant après le transfert, soit imputé à leur service, alors que les conditions de détention dénoncées concernent les deux journées passées dans les cellules de la police.

 

Certains s’interrogent également sur les traitements que les cinq responsables ont pu subir avant leur arrivée à la SRI. Des craintes de mauvais traitements, voire d’empoisonnement, ont été exprimées.

 

Cette méfiance explique le mécontentement rapporté au sein de la gendarmerie. Les enquêteurs se retrouvent désormais chargés de l’audition de cinq personnes dont l’état physique provoque de sérieuses inquiétudes.

 

Les cinq responsables entament une grève de la faim à la SRI

 

Après leur transfert, les cinq responsables ont été auditionnés par les enquêteurs de la gendarmerie.

 

Mais un autre développement est intervenu au cours de leur détention : les cinq responsables ont entamé une grève de la faim à la SRI.

Transférés à la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie, les détenus entament une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.

 

D’après les informations recueillies par le CNC, ce mouvement se poursuivait au moment des dernières vérifications effectuées par la rédaction.

 

Cette décision intervient alors que les intéressés étaient déjà très affaiblis après leurs deux premières journées de détention. La poursuite d’une grève de la faim dans ces conditions pourrait aggraver leur état de santé.

 

Leur situation est d’autant plus préoccupante que leurs familles et leurs avocats avaient été empêchés de les rencontrer durant leur passage dans les cellules de la police.

 

Touadéra personnellement mis en cause dans le maintien en détention

 

Les investigations menées par la rédaction du CNC font également apparaître une intervention du dictateur Faustin-Archange Touadéra dans le maintien en détention des cinq responsables de la société civile.

 

D’après les informations recueillies par la rédaction, le dictateur Baba Kongoboro a personnellement donné son accord pour que les cinq leaders de la société civile restent détenues.

 

Ces informations attribuent donc le maintien en détention à une décision prise au plus haut niveau de l’État, au-delà des seules initiatives des services de police et de gendarmerie.

 

Rappelons que ces cinq leaders avaient été arrêtés trois jours après la journée ville morte du 12 octobre, organisée pour protester notamment contre l’augmentation des prix des carburants et la cherté de la vie.

 

Au 21 octobre, ils demeurent, d’après les dernières informations recueillies par le CNC, à la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie à Bangui. Leur grève de la faim, leur état de santé inquiétant et le mécontentement exprimé par des gendarmes contre les conditions de leur transfert constituent désormais les principaux développements de cette affaire.

 

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