Le collectif d’avocats chargé de défendre Quentin Ngouando, Élysée Nguemale, Steve Francis Bendo Ndeny et deux autres personnes arrêtées à Bangui dénonce une atteinte aux droits de la défense. Dans un communiqué publié le 17 octobre 2026, les avocats affirment que les autorités leur ont interdit de rencontrer leurs clients.
Cinq personnes arrêtées après la journée « Ville morte » du 12 octobre
Les cinq personnes concernées sont Quentin Claver Ngouando, Élysée Nguemale, Steve Francis Bendo Ndeny, Barry Mardios et Igor Mokpem. Selon le collectif, elles ont été arrêtées le jeudi 15 octobre 2026, après la journée « Ville morte » organisée le lundi 12 octobre à Bangui et dans d’autres localités du pays.

Cette mobilisation avait été lancée pour protester contre la situation politique et sociale en République centrafricaine. Le communiqué des avocats précise que le mouvement a été largement suivi à Bangui et dans le pays.
Après les arrestations, les personnes concernées ont été réparties entre deux services de sécurité. Steve Francis Bendo Ndeny a été placé en garde à vue au commissariat central de Bangui. Les quatre autres personnes se trouvent à la Compagnie nationale de sécurité (CNS), selon le document.
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Les avocats empêchés de rencontrer leurs clients
Le collectif indique avoir constitué une équipe de douze avocats pour assurer la défense des cinq personnes arrêtées. Le vendredi 16 octobre, ces avocats ont informé par écrit le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bangui de leur constitution.
Cette démarche devait permettre aux conseils de rencontrer leurs clients et de commencer à assurer leur défense dans le cadre des procédures engagées après les arrestations.
Le samedi 17 octobre, trois membres du collectif, Me Nicolas Tiangaye, Me Bruno Hyacinthe Gbiegbа et Me Becossor Feidangai, se sont rendus à la Compagnie nationale de sécurité et au commissariat central de Bangui. Leur objectif était de s’entretenir avec les personnes arrêtées.
Les trois avocats affirment n’avoir pu accéder à aucun de leurs clients. Selon le communiqué, ils ont été informés que les plus hautes autorités de l’État avaient donné des instructions fermes interdisant tout contact avec les personnes détenues.
Le collectif ne précise pas dans son communiqué quelle autorité aurait donné ces instructions. Il ne fournit pas non plus de document officiel confirmant cette interdiction.
Le collectif dénonce une atteinte aux droits de la défense
Face à cette impossibilité de rencontrer les personnes arrêtées, les avocats dénoncent une atteinte aux droits de la défense et au libre exercice de leur profession.
Dans leur communiqué, ils déclarent : « Dénonce une grave atteinte aux droits de la défense et au libre exercice de leur profession ».
Les conseils estiment que l’accès aux clients constitue une condition nécessaire à l’exercice de leur mission. Sans entretien avec les personnes arrêtées, ils ne peuvent pas recueillir directement leurs explications ni préparer leur défense dans les conditions qu’ils jugent nécessaires.
Le collectif interpelle également l’opinion publique sur le respect des libertés fondamentales en République centrafricaine. Il affirme vouloir prendre à témoin l’opinion nationale et internationale face à ce qu’il qualifie de dérives portant atteinte à ces libertés.
Les avocats exigent le respect des lois
Dans leur déclaration datée du 17 octobre 2026 à Bangui, les membres du collectif demandent aux autorités de respecter les dispositions légales qui encadrent les droits de la défense.
Les avocats Quentin Ngouando et Élysée Nguemale, ainsi que trois autres personnes, subissent une détention menée par le collectif d’avocats dirigé notamment par Nicolas Tiangaye.
Ils exigent notamment que les avocats puissent accéder librement à leurs clients dans les lieux où ces derniers sont retenus.
Le communiqué est signé par Me Nicolas Tiangaye, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats. Les onze autres membres du collectif sont Me Bruno Hyacinthe Gbiegbа, Me Jean-Pierre Madoukou, Me Innocent M. Poko, Me Ngassam Jean Édouard, Me Sammy Ozzo, Me Eddy Ngate, Me Elvis Ndakpa, Me Petrus White Side Ngono, Me Becossor Feidangai, Me Johnny Gonda et Me Hyacinthe Longba-Yaondo.
À la date de publication du communiqué, le 17 octobre 2026, le collectif affirme ne pas avoir pu rencontrer les cinq personnes arrêtées. Le document ne fait état d’aucune réponse du parquet ni des services de sécurité aux démarches entreprises par les avocats.
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