
Les camionneurs camerounais assurant le transport des marchandises entre Douala et Bangui ont suspendu leurs rotations vers la République centrafricaine pour une durée d’un mois. À l’origine de ce mouvement de protestation, une nouvelle agression contre un chauffeur au port sec de PK26, à l’entrée de Bangui, où l’insécurité et les violences dénoncées par les transporteurs alimentent leur colère.
Les camions restent stationnés à Garoua-Boulaï, du côté camerounais de la frontière, et aucun véhicule ne traverse pour approvisionner la Centrafrique. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 7 octobre 2026, un membre du syndicat des transporteurs a confirmé la poursuite du mouvement et dénoncé les mauvais traitements infligés aux conducteurs sur le corridor Douala-Bangui.

Un chauffeur poignardé au port sec de PK26
Le mouvement de protestation fait suite à une agression survenue au port sec de PK26. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, un chauffeur camerounais a surpris un individu en train de voler des marchandises sur son camion. Pris sur le fait, le suspect aurait sorti un couteau avant de poignarder le conducteur.
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Cette nouvelle agression a provoqué la colère des autres camionneurs camerounais. Pour eux, cet incident s’ajoute à une série de violences auxquelles sont exposés les conducteurs qui empruntent régulièrement le corridor pour acheminer des marchandises vers la République centrafricaine.
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Ces transporteurs assurent une partie importante de l’approvisionnement du pays en produits alimentaires, vêtements, carburant et équipements destinés notamment aux travaux publics. Ils estiment prendre des risques pour maintenir les échanges commerciaux entre les deux pays, sans bénéficier d’une protection suffisante sur leur lieu de travail.
Un mois pour obtenir des réponses du syndicat
Face à la répétition des agressions, les camionneurs ont décidé de garer leurs véhicules et de suspendre leurs rotations pendant un mois. Ils demandent à leurs organisations syndicales de leur apporter des réponses concrètes aux problèmes de sécurité auxquels ils sont confrontés en Centrafrique.
Dans sa vidéo tournée à Garoua-Boulaï, le membre du syndicat décrit une route habituellement encombrée de camions, devenue presque immobile en raison du mouvement de protestation.
« Aujourd’hui, les camions sont garés. Personne ne traverse. Aucun chauffeur n’accepte de traverser pour aller se faire molester alors qu’il est en train de servir un pays frère », explique-t-il.
Le responsable syndical affirme également qu’une délégation composée de représentants du Syndicat national des conducteurs routiers du Cameroun (SNCRC) et du Syndicat national des conducteurs professionnels de véhicules de transport du Cameroun (SYNACOPHYCAM) s’est rendue sur place pour encadrer les grévistes. D’autres responsables syndicaux étaient annoncés.
L’approvisionnement de la Centrafrique menacé
La suspension des rotations sur le corridor Douala-Bangui risque de perturber l’acheminement des marchandises vers la République centrafricaine. Le port de Douala constitue l’une des principales portes d’entrée des produits importés par le pays, enclavé et dépendant des axes routiers reliant les deux États.
Les camionneurs dénoncent notamment les agressions physiques, les humiliations et les détentions qu’ils disent subir lors de leurs activités en Centrafrique. Dans son message publié sur Facebook, le membre du syndicat accuse également certains acteurs de s’en prendre aux conducteurs pour leur soutirer de l’argent.
La suspension du trafic sur le corridor Douala-Bangui par les camionneurs camerounais paralyse l’approvisionnement de la Centrafrique, suite au poignardage d’un chauffeur au port sec de PK26.
Les transporteurs conditionnent ainsi la reprise de leurs rotations à des réponses de leurs organisations syndicales. Ils entendent maintenir leur mouvement pendant un mois pour obtenir des mesures susceptibles de mieux protéger les chauffeurs et leurs marchandises sur le corridor.
Au-delà de l’incident survenu au PK26, cette grève traduit l’exaspération de conducteurs camerounais qui assurent une liaison commerciale essentielle entre Douala et Bangui, tout en dénonçant la persistance des violences auxquelles ils sont exposés sur le territoire centrafricain.
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