Dans un entretien accordé à la rédaction de Guira FM, le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, a confirmé le retour progressif et massif des populations qui avaient fui vers le village de Zapay , en République démocratique du Congo. Selon lui, ces habitants sont revenus « par milliers » et ont retrouvé leurs foyers. Une dynamique qu’il attribue à la sensibilisation des autorités, aux bonnes pratiques des forces de sécurité et à l’assistance des organisations humanitaires.
Invité de la rédaction de Guira FM, le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, a été interrogé sur la situation actuelle des populations de sa circonscription qui s’étaient réfugiées à Zapay , un village situé en République démocratique du Congo. Une question centrale, tant le retour de ces déplacés transforme la physionomie de la ville et pose des défis considérables en termes d’accueil, de réinstallation et de cohésion sociale.

« Je pense que cette population est revenue par milliers »
Interrogé sur l’ampleur du phénomène, Jusselin Bolamba a tenu à préciser d’emblée que les chiffres disponibles ne sont pas encore exhaustifs. « Pour le moment, je dirais qu’il n’y a pas de statistiques exhaustives, mais les chiffres varient au fur et à mesure. Car au début, nous avons noté que c’était 43 personnes qui étaient de retour. Ensuite, 60, après 108, il s’en suivra également 143 et au fur et à mesure, les gens revenaient. » Une progression par paliers qui témoigne d’un mouvement continu, alimenté par des arrivées successives.
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Mais au-delà de ces chiffres partiels, le sous-préfet n’hésite pas à qualifier l’ampleur du phénomène. « Je pense que cette population est revenue par milliers et ils sont rentrés vraiment chez eux. » Une formule qui dit à la fois la massivité du retour et son caractère définitif. Ces populations ne sont pas venues en visite. Elles sont revenues pour rester, pour reconstruire, pour reprendre leur vie là où elles l’avaient laissée.
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« Les raisons sont multiples »
Comment expliquer un tel mouvement ? Pour Jusselin Bolamba, les causes sont multiples et s’additionnent. « Je pense que les raisons sont multiples. Ils se résument par des différentes sensibilisations des autorités administratives et locales qui ne se lassent de le faire à chaque fois que les opportunités se présentent. » La sensibilisation, menée de manière répétée et obstinée par les autorités, a donc joué un rôle déterminant. Elle a permis de convaincre les réfugiés que les conditions d’un retour étaient réunies, que la sécurité était suffisamment rétablie pour envisager de rentrer.
Mais la sensibilisation n’aurait pas suffi sans un second facteur, tout aussi crucial : la confiance. Et cette confiance, selon le sous-préfet, a été rendue possible par le comportement des forces de défense et de sécurité. « Il y a également les bonnes pratiques des FACA et des forces de sécurité intérieures qui brisent petit à petit la crise de confiance en vue d’une parfaite collaboration avec la population. » Une manière de dire que le retour des réfugiés est aussi le fruit d’un travail patient de reconquête de la confiance, mené par des militaires et des policiers qui ont su se montrer à la hauteur de leur mission.
Enfin, le troisième facteur identifié par Jusselin Bolamba est l’assistance humanitaire. « Et à cela s’ajoute également l’intervention des humanitaires, à savoir les petits mouvements qu’ils sont en train de faire sous l’orientation de OCHA, la MINUSCA et le CICR à travers les différentes assistances à la population. » L’aide apportée aux retournés, qu’il s’agisse de distributions de kits, d’assistance en cash ou d’appui à la réinstallation, a été un élément décisif dans la décision de rentrer. Sans cette perspective d’un accompagnement concret, beaucoup auraient probablement hésité plus longtemps.
Un accueil organisé et une réinstallation en cours
Interrogé sur les conditions dans lesquelles ces populations sont accueillies à leur arrivée, Jusselin Bolamba décrit un processus structuré. « Je pense que tout commence par des sensibilisations, au nettoyage des concessions, ensuite les enregistrements des retournés par les humanitaires, suivi maintenant des assistances conséquentes si possible. » Chaque étape compte. La sensibilisation, d’abord, pour préparer les esprits et fluidifier l’arrivée. Le nettoyage des concessions, ensuite, pour offrir aux retournés un cadre de vie décent. L’enregistrement par les humanitaires, enfin, pour permettre une assistance ciblée et efficace.
Mais au-delà de l’aspect logistique, le sous-préfet insiste sur un point qui lui tient à cœur : la cohésion sociale. « Il est à souligner qu’il n’y a pas de dichotomie au sein de la population, ce qui a donc renforcé les liens de familiarité pour permettre à cette population de vivre ensemble, de reprendre sa vie initiale. » Un constat encourageant, qui témoigne de la capacité des communautés de Zemio à dépasser les clivages et à accueillir leurs frères et sœurs revenus du Congo sans arrière-pensée.
Une sécurité qui s’améliore
La question de la sécurité était au cœur des préoccupations. Les populations réfugiées à Zapay ne seraient pas revenues si elles n’avaient pas eu l’assurance de pouvoir vivre en paix à Zemio. Sur ce point, Jusselin Bolamba se veut rassurant. « Les hommes détenus font valablement leur travail, ils font des patrouilles de jour comme de nuit, ils s’organisent à leur niveau et on a actuellement une amélioration de la sécurité parce que la population vague normalement ses occupations et nous en tant qu’autorité administrative et locale, nous continuons à sensibiliser dans ce sens pour que cette population reprenne les activités initiales et que la paix soit vraiment reprise et de manière durable dans la ville de Zémio. »
Le tableau qu’il dresse est celui d’une ville qui retrouve peu à peu son rythme. Les patrouilles, de jour comme de nuit, ont permis de restaurer un climat de confiance. Les populations vaquent à nouveau à leurs occupations. Les marchés reprennent vie. Les champs sont à nouveau cultivés. Une normalisation progressive, fragile mais réelle, que le sous-préfet attribue à l’action conjuguée des forces de sécurité et des autorités locales.
Un appel à la cohésion sociale
Ce retour massif depuis Zapay vers Zemio est rendu possible grâce à l’action conjointe des FACA, de la MINUSCA et des autorités locales.
En conclusion de son entretien, Jusselin Bolamba a tenu à adresser un message aux populations, tant à celles qui reviennent qu’à celles qui les accueillent. « On a cessé de dire à ceux qui sont ici et qui reçoivent les autres de compatir avec eux, de comprendre leur situation. S’ils sont revenus, c’est parce qu’ils ont la mort de leur patrie et ceux-là doivent les considérer, qu’il n’y ait pas de division, qu’il n’y ait pas des propos tendant à apporter encore trop de problèmes au sein de la population. »
Un message de paix et de fraternité, qui appelle chacun à faire preuve de compréhension et de solidarité. Car le retour des réfugiés n’est pas seulement une bonne nouvelle démographique. C’est aussi un défi pour la communauté qui les accueille, qui doit apprendre à partager un espace et des ressources déjà limités. Mais pour Jusselin Bolamba, c’est un défi qui peut être relevé, à condition que chacun y mette du sien.
« Nous continuons à le faire dans ce sens pour que la vie en tant que telle puisse se reprendre et que chacun retrouve sa place, chacun vive comme il peut vivre au sein de la sous-préfecture de Zémio. » Et d’ajouter, à l’attention des retournés : « Je voudrais bien donc leur demander de garder leur calme pendant que nous sommes en train de réfléchir pour des solutions envisageables, pour leur permettre donc de vivre comme tout être humain. »
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