
Plus de 300 personnes ont suivi en direct, jeudi 1er octobre 2026 à Bangui, l’audience de la Cour pénale internationale (CPI) consacrée aux observations des différentes parties sur les réparations destinées aux victimes de l’affaire Alfred Yekatom et Patrice-Édouard Ngaïssona.
À La Haye, les juges de la CPI ont entendu les observations des représentants légaux communs des victimes, des deux équipes de Défense, de l’Accusation, du Greffe, du Fonds au profit des victimes, de l’organisation ARC-EN-CIEL, en qualité d’Amicus Curiae, ainsi que celles des autorités centrafricaines.

Aucune décision sur les réparations n’a été rendue au cours de cette audience. Les juges rendront leur décision ultérieurement.
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Une audience suivie en direct depuis Bangui
En République centrafricaine, l’équipe Outreach de la CPI, dirigée par Mme Faida Rahmanović, a organisé une retransmission en direct de l’audience dans la salle de spectacle de l’Alliance française de Bangui.
Cette retransmission a permis au public centrafricain de suivre les échanges devant la Cour et de mieux comprendre une étape importante de la procédure judiciaire.
Parmi les personnes présentes figurait Uziel Gama WONZERINTA, membre de l’équipe Outreach de la CPI en République centrafricaine. Il a insisté sur la nécessité de rapprocher la justice internationale des victimes et du public centrafricain.
« La distance entre Bangui et La Haye ne doit pas être une distance entre les Centrafricains et la justice », a-t-il déclaré.
L’audience consacrée aux réparations constitue une étape distincte du jugement sur la culpabilité. Uziel Gama WONZERINTA a donc précisé qu’« aujourd’hui, aucune décision sur les réparations ne sera prise ».
Selon lui, cette audience permet aux différentes parties de présenter leurs observations et aux juges de recueillir les éléments nécessaires avant de prendre leur décision.
Il a également insisté sur la nécessité d’expliquer clairement au public les différentes étapes de la procédure. « Ce qui se passe aujourd’hui, ce qui viendra ensuite, et ce qui n’a pas encore été décidé », a-t-il rappelé.
Les victimes au centre de la procédure
À l’ouverture de l’audience, Mike Cole, représentant pays de la CPI en République centrafricaine, a rappelé la place accordée aux victimes dans cette procédure.
« La place des victimes est au cœur de cette audience », a-t-il déclaré.
La question des réparations intervient après la reconnaissance de la responsabilité pénale des deux accusés. Alfred Yekatom et Patrice-Édouard Ngaïssona ont été déclarés coupables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en République centrafricaine.
Pour Mike Cole, la justice pénale internationale doit aussi contribuer à répondre aux conséquences laissées par les crimes sur les victimes. Il a ainsi rappelé que « la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves est essentielle à une paix durable ».
Il a ensuite placé la reconstruction des victimes au centre de la réflexion sur les réparations : « Comment la justice peut-elle aider les victimes à reconstruire leur vie ? »
Cette question intervient alors que les juges doivent encore examiner les observations présentées par les différentes parties avant de déterminer les éventuelles mesures de réparation.
La Cour pénale internationale a organisé une retransmission publique à l’Alliance française de Bangui pour examiner les réparations destinées aux victimes de l’affaire Yekatom-Ngaïssona.
La CPI appelle à respecter la procédure
Mike Cole a également rappelé que la procédure judiciaire n’était pas achevée et que l’issue définitive appartenait aux juges.
« La procédure d’appel est toujours en cours et les décisions à venir appartiennent aux juges. Nous devons respecter ce processus, sans en anticiper l’issue ni créer de faux espoirs », a-t-il déclaré.
À Bangui, la retransmission organisée par l’équipe Outreach a permis au public de suivre ces échanges depuis l’Alliance française. Elle a également donné aux journalistes présents l’occasion de mieux expliquer le contenu de l’audience et les différentes étapes de la procédure aux personnes qui ne pouvaient pas suivre directement les débats à La Haye.
Pour Uziel Gama WONZERINTA, cette médiation entre la Cour et le public passe aussi par le travail des médias. Les journalistes, a-t-il expliqué, permettent aux informations et aux explications données pendant les audiences d’atteindre les personnes qui ne se trouvent pas dans la salle.
L’audience du 1er octobre marque ainsi une nouvelle étape dans l’affaire Yekatom-Ngaïssona. Les échanges portent désormais sur les conséquences des crimes reconnus par la Cour et sur les réparations susceptibles d’être accordées aux victimes. La décision des juges interviendra à une date ultérieure. Actions disponibles
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