
L’arrestation d’Aboulkassim Algoni Tidjani à N’Djamena ne serait pas le résultat d’une surveillance commencée au moment de l’attaque d’Am Dafock. Les services de renseignement tchadiens suivaient déjà ses contacts avec les réseaux rebelles et russes depuis plusieurs années.
L’affaire remonte notamment à février 2022, lorsqu’une conversation entre Aboulkassim Algoni Tidjani et le chef rebelle tchadien Timan Erdimi avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Dans cet échange, Timan Erdimi évoquait la possibilité de contacter Wagner pour obtenir un soutien contre le pouvoir de N’Djamena. L’existence de cette conversation avait alors provoqué de fortes tensions entre le Tchad et la Centrafrique.

À cette époque, Aboulkassim Algoni Tidjani était déjà identifié comme un ancien conseiller spécial du président Faustin-Archange Touadéra. Les autorités centrafricaines avaient officiellement rejeté toute implication de Bangui dans cette démarche.
Des contacts avec Wagner qui se poursuivent
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Après cette affaire, Aboulkassim Algoni Tidjani n’aurait pas rompu ses contacts avec les réseaux liés à Wagner. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, il a continué à traiter avec ces réseaux et à entretenir des relations avec plusieurs rebelles tchadiens et soudanais.
C’est dans ce prolongement que s’inscrit désormais l’affaire d’Am Dafock.
Le 30 juin dernier, une coalition de combattants centrafricains, tchadiens et soudanais a participé à l’attaque de cette ville de la Vakaga. Les vérifications du CNC ont depuis conduit à revoir le rôle attribué initialement à Nourredine Adam et au FPRC.
Selon les éléments recueillis par notre rédaction, Aboulkassim Algoni Tidjani faisait partie des hommes chargés de mettre en place ce dispositif avec Hassan Bouba et les réseaux liés à Wagner.
Des combattants tchadiens recrutés pour Am Dafock
Pour constituer cette coalition, Aboulkassim Algoni Tidjani a notamment recruté des combattants rebelles tchadiens. Ces éléments ont été intégrés au dispositif destiné à donner l’apparence d’une attaque menée par une coalition de groupes armés centrafricains.
La présence de ces combattants tchadiens explique désormais une partie de l’intérêt porté par les services de renseignement de N’Djamena à l’affaire.
Pour les autorités tchadiennes, le problème ne concerne donc plus seulement une opération militaire menée en territoire centrafricain. Il concerne également le recrutement de rebelles tchadiens par un réseau travaillant avec des acteurs du groupe Wagner et des groupes armés.
Le renseignement tchadien attendait son erreur
Selon les informations recueillies par le CNC, les services tchadiens connaissaient déjà les réseaux fréquentés par Aboulkassim Algoni Tidjani. Ils disposaient notamment d’éléments sur ses communications et ses contacts.
L’ancien conseiller aurait pourtant continué ses activités sans mesurer l’attention portée à ses déplacements et à ses échanges. Après l’opération d’Am Dafock, une somme d’argent provenant du dispositif lié à Wagner lui a été transférée par l’intermédiaire de Hassan Bouba.
Aboulkassim Algoni Tidjani s’est alors rendu dans une banque de N’Djamena pour récupérer les fonds. C’est à cet endroit que les services de renseignement tchadiens ont procédé à son arrestation.
L’argent devient le point de rupture
Selon les informations du CNC, les enquêteurs tchadiens avaient suivi le mouvement lié à cette opération financière. Aboulkassim Algoni Tidjani ne savait pas que son déplacement vers la banque était surveillé. Son arrestation intervient ainsi après plusieurs années de surveillance de ses réseaux et de ses contacts.
Depuis, il est détenu à N’Djamena. Trois combattants tchadiens qui auraient également été recrutés pour participer à l’opération d’Am Dafock ont, selon les informations recueillies par le CNC, été arrêtés à leur tour dans la capitale tchadienne. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’ensemble des personnes impliquées dans le recrutement et le financement de ces combattants.
L’implication de Hassan Bouba et les contacts établis avec Timan Erdimi lors de l’attaque d’Am Dafock confirment le rôle central d’Aboulkassim Algoni Tidjani dans ces opérations.
Wagner cherche à obtenir sa libération
Depuis l’arrestation d’Aboulkassim Algoni Tidjani, plusieurs démarches auraient été entreprises pour obtenir sa libération.
Selon les informations du CNC, des intermédiaires liés à Hassan Bouba ont tenté d’intervenir.
Les réseaux liés à Wagner auraient également engagé des démarches auprès de différents interlocuteurs.
Ces tentatives n’ont jusqu’à présent pas permis d’obtenir sa libération.
Aboulkassim Algoni Tidjani reste détenu à N’Djamena alors que les autorités tchadiennes poursuivent leurs investigations.
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